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Elon Musk chargé de tailler dans les dépenses publiques : ce que ça dit de l’ère Trump

posted by Vincent 13 novembre 2024
Elon Musk chargé de tailler dans les dépenses publiques : ce que ça dit de l'ère Trump

Après sa victoire à la présidentielle américaine de novembre 2024, Donald Trump a confié à Elon Musk une mission qui ressemble à une provocation autant qu’à un programme : réduire les dépenses de l’État fédéral. Le patron de Tesla, de SpaceX et de X (l’ex-Twitter) doit piloter une structure baptisée Department of Government Efficiency, vite résumée par son acronyme DOGE, un clin d’oeil à la cryptomonnaie qu’il adore mettre en avant. L’idée, sur le papier, c’est de traquer le gaspillage, de couper dans les budgets et de dégraisser l’administration américaine.

Le problème, c’est l’homme à qui on confie les ciseaux. Musk n’a jamais caché sa méthode. Quand il a racheté Twitter, il a licencié près des trois quarts des effectifs en quelques mois, supprimé des équipes entières de modération et géré l’entreprise au forceps, par tweets et par humeurs. Transposer cette logique à une administration qui gère la santé, les aides sociales ou la sécurité de centaines de millions de personnes, ça n’a rien d’anodin. On ne licencie pas un État comme on dégraisse une start-up.

Et puis il y a la question des conflits d’intérêts, qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main. Les entreprises de Musk vivent en partie de l’argent public. SpaceX décroche des contrats massifs avec la NASA et le Pentagone, Tesla a longtemps profité de subventions et de crédits d’impôt liés à la transition écologique. Confier à cet homme le pouvoir de décider où l’État coupe ses dépenses, c’est le placer juge et partie. Difficile d’imaginer qu’il scie la branche sur laquelle ses propres sociétés sont assises.

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Reste le symbole, et il est lourd. Trump n’a pas choisi un haut fonctionnaire ni un économiste, mais l’homme le plus riche du monde, celui qui a financé une partie de sa campagne et transformé son réseau social en machine de guerre idéologique. Le message est clair : la frontière entre la fortune privée et le pouvoir politique s’efface un peu plus. On nous vend l’efficacité d’un patron visionnaire, on récolte surtout une concentration de pouvoir inédite entre les mains d’un seul individu, élu par personne.

Le pari de Trump, c’est que les Américains adorent l’idée d’un État dégraissé par un milliardaire qui se présente en redresseur de torts. Le risque, c’est qu’on confonde la brutalité avec le courage et la coupe budgétaire avec le projet politique. La suite dira si DOGE accouche d’une vraie réforme ou d’un grand numéro de communication. Pour l’instant, le spectacle a surtout de quoi inquiéter.

Crédit photo : DR

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