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Quand la peur s’invite dans une tournée de stade

posted by Vincent 25 août 2024
Quand la peur s'invite dans une tournée de stade

Il y a des annonces qui font basculer une tournée triomphale dans quelque chose de beaucoup plus sombre. Taylor Swift en a fait l’expérience à Vienne, où trois concerts de l’Eras Tour, prévus au stade Ernst-Happel, ont été purement et simplement annulés.

La raison n’avait rien d’un caprice logistique. Les autorités autrichiennes avaient mis au jour un projet d’attentat visant directement ces dates. Un jeune homme de 19 ans, présenté comme sympathisant d’une organisation armée, avait été arrêté. Son plan, glaçant, consistait à frapper les abords du stade pour faire le plus de victimes possible.

On parle ici de dizaines de milliers de fans venus de toute l’Europe, parfois de bien plus loin, avec des billets achetés des mois à l’avance et des week-ends entiers organisés autour de ces soirées. Du jour au lendemain, tout s’effondre.

Ce qui rend cet épisode marquant, c’est la manière dont la chanteuse a fini par en parler. Plutôt que le communiqué aseptisé qu’on attend dans ce genre de situation, elle a livré quelque chose de très personnel.

Elle a décrit ces annulations comme dévastatrices, et surtout évoqué une immense culpabilité. Le mot est fort, et il dit beaucoup. Culpabilité, parce que des milliers de personnes avaient prévu de venir, et qu’elle se sentait, malgré elle, à l’origine de leur déception.

Il y a là un paradoxe assez vertigineux. La cible d’un projet criminel se reproche presque les conséquences de ce qu’on voulait lui faire subir. C’est sans doute ce qui rend sa réaction si humaine.

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Elle a aussi expliqué avoir choisi le silence pendant un temps, pour ne pas attiser une psychose collective ni donner du grain à moudre à ceux qui auraient pu être tentés d’imiter l’idée. Une retenue assez rare dans une industrie qui carbure d’habitude à la réaction immédiate.

Le contraste avec la suite de la tournée n’en est que plus saisissant. Quelques jours plus tard, à Wembley, devant un stade comble, elle a parlé d’une énergie comparable à une étreinte géante venue de dizaines de milliers de personnes. Comme une manière de se raccrocher à la lumière après avoir frôlé le pire.

On peut trouver tout cela un peu surdimensionné, comme souvent autour du phénomène Swift. Sauf que derrière la star planétaire, il y a une vraie question, valable pour n’importe quel rassemblement de masse aujourd’hui : comment continuer à faire la fête ensemble quand la menace plane ?

La réponse de Taylor Swift tient en une phrase qu’elle a eu la lucidité de formuler. Elle se disait reconnaissante de pleurer des concerts, et non des vies. Tout est dit.

Reste l’image, presque banale et pourtant terrible, de ces fans massés devant l’hôtel viennois, chantant ses chansons a cappella dans la rue, faute de pouvoir le faire dans le stade. La preuve que la musique, parfois, gagne quand même un peu.

Crédit photo : DR

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