Culture

Une comète passe au-dessus de Paris, et Élie Wajeman filme dix-huit vies qui se frôlent

posted by Vincent 12 juillet 2026
Affiche du film Comète d'Élie Wajeman : une comète traverse le ciel au-dessus des toits de Paris

Il y a des films qui vous prennent par le col et d’autres qui vous prennent par la manche, tout doucement. Comète, en salles le 15 juillet, appartient à la seconde catégorie. Une comète traverse le ciel de Paris, et pendant qu’elle passe, des destins se croisent sans toujours le savoir.

Le pitch tient sur un ticket de métro. Deux amis sillonnent la ville et font le point sur leurs vies un peu cabossées. Une jeune femme retrouve un père qu’elle n’attendait plus. Une autre deale pour le compte de son frère. Et, en toile de fond, des acteurs répètent une pièce qui vient étrangement rimer avec tout ça. Rien d’explosif, aucune course-poursuite. Juste des gens qui parlent, doutent, se ratent et se retrouvent.

Élie Wajeman, on l’avait laissé sur Les Anarchistes et Médecin de nuit, dans cette veine du drame français tendu et attentif aux visages. Ici il change de méthode. Film choral écrit pour dix-huit comédiens, la plupart venus d’un atelier, tourné en quatre semaines dans le 11e arrondissement. Ça se sent : Paris n’est pas une carte postale, c’est un territoire de croisements, de terrasses et d’appartements exigus où l’on finit toujours par tomber sur quelqu’un.

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Envie de retrouver le Vincent Macaigne d’Élie Wajeman en attendant Comète ? Leur précédent film, avec déjà Lou Lampros au casting, fait un excellent galop d’essai.

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Au milieu de cette jeunesse, Vincent Macaigne joue Albert et fait ce qu’il fait le mieux, incarner l’adulte un peu perdu qui regarde les plus jeunes avancer. Autour de lui, Sandor Funtek, Alexia Chardard, Lou Lampros déjà remarquée dans Sauvage. La caméra les suit de si près qu’on ne sait plus toujours où s’arrête le documentaire et où commence la fiction.

La presse a été conquise, 4,3 sur 5 de moyenne, un accueil chaleureux après un passage par Cabourg. Je nuance quand même : le film demande un peu de patience. La narration avance par fragments, chaque scène éclairant discrètement la précédente, et si vous cherchez une intrigue qui vous tient par la main du début à la fin, vous allez trouver le temps long. Sauf que voilà, c’est précisément ce lâcher-prise qui fait tout le charme du truc.

Pour qui, alors ? Pour ceux qui aiment le cinéma d’auteur français, les émotions basses en intensité mais qui restent longtemps. 1h37, pas une minute de gras. Si les grosses machines de l’été vous fatiguent déjà, celle-là fera un très joli contrepoint.

Crédit photo : Dulac Distribution

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