Actualités

JO 2024 : derrière le faste de la cérémonie sur la Seine, la colère des danseurs

posted by Vincent 21 juillet 2024
JO 2024 : derrière le faste de la cérémonie sur la Seine, la colère des danseurs

On a tendance à l’oublier devant le spectacle, mais une cérémonie d’ouverture, c’est d’abord des centaines de gens qui répètent, transpirent et travaillent. Pour les Jeux de Paris 2024, ils étaient trois mille cinq cents interprètes attendus sur et autour de la Seine. Et tous n’étaient pas logés à la même enseigne.

À quelques jours du grand soir, le ton est monté. Le syndicat des artistes interprètes, le SFA-CGT, a déposé un préavis de grève pour le vendredi de la cérémonie. Sur le papier, de quoi faire trembler l’événement le plus regardé de l’année.

Le cœur du conflit tient en un mot : l’inégalité de traitement. Selon le syndicat, entre deux cent cinquante et trois cents danseurs, des intermittents recrutés pour l’occasion, avaient été embauchés dans des conditions jugées indignes.

Concrètement, pas de prise en charge des frais d’hébergement ni de transport. Et surtout, des droits à l’image très inférieurs à ceux accordés aux danseurs salariés qui partageaient pourtant la même scène. Deux poids, deux mesures, pour un spectacle vendu au monde entier comme une grande célébration collective.

La grogne ne s’est pas contentée des communiqués. Lors de la répétition générale, le lundi précédant les Jeux, près de deux cents danseurs ont organisé un sit-in, poing levé, pour dénoncer ces écarts. Une image forte, à rebours de l’unité affichée.

Paris 2024 : Le livre officiel des Jeux Olympiques

Pour revivre les Jeux et leur cérémonie, le livre officiel Paris 2024 :

Paris 2024 : Le livre officiel des Jeux Olympiques → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Face à la mobilisation, les organisateurs ont fini par lâcher du lest. Une revalorisation des droits de diffusion a été proposée, passant de soixante à cent quatre-vingts euros. Geste réel, mais jugé très en deçà des attentes par le syndicat, qui a aussitôt présenté une contre-proposition et maintenu la pression.

Ce qui se jouait là dépasse largement la question des Jeux. C’est toute la condition des intermittents du spectacle qui affleurait, ces travailleurs de l’ombre sans lesquels aucune fête ne tient debout. On admire les tableaux, on applaudit les artistes, on oublie volontiers de regarder leurs fiches de paie.

Et il y a quelque chose de symboliquement cinglant à voir ce bras de fer surgir au moment précis où la France entendait offrir au monde sa plus belle vitrine. La cérémonie se voulait inclusive, généreuse, exemplaire. Dans les coulisses, certains rappelaient simplement qu’on ne fabrique pas de la magie avec des gens mal payés.

Que la cérémonie ait finalement eu lieu n’efface pas la question posée. À chaque grand raout culturel ou sportif, les mêmes invisibles portent l’édifice sur leurs épaules, et c’est souvent au pire moment qu’ils obtiennent enfin qu’on les écoute.

Au moins, cette fois, ils auront refusé de danser en silence.

Crédit photo : DR

Leave a Comment

À lire