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Ju le Zébu

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Les copains en Erasmus : direction Ottawa !

Posté par Ju le Zébu 20 avril 2018 0 commentaire

Erasmus, ce vaillant programme d’une trentaine d’années, a permis et permet à des milliers d’étudiants européens de partir et découvrir les autres visages de l’Europe et maintenant du monde. C’est peut-être l’une des plus belles réussites de la communauté européenne. En tous les cas, celle qui fonctionne le mieux et la plus populaire. Opportunité unique pour voyager et sympathiser avec une communauté étudiante multi-culturelle, les programmes d’échanges entre universités forment maintenant un grand réseau dont presque chacun peut profiter. Bien sûr, il y a des aspects moins reluisants, mais pour des raisons de bonne ambiance nous ne nous appesantirons pas dessus.

Mes copains ont la bougitude. Ils profitent de ce grand réseau/Netzwerk/network pour partir et ils ont bien raison. Pour boire un café c’est parfois un peu compliqué mais ils découvrent de nouveaux horizons et moi avec. Allons donc les titiller un peu pour voir où ils sont et comment ils s’en sortent.

Maïlys avait sombré sous la masse des papers à rendre et des révisions de fin de semestre mais elle est parvenue à refaire surface, le temps de discuter un peu avec Berthine. Direction Ottawa !

Maïlys, éternelle baroudeuse, avant le départ, crédit photo : Odile Romelot

Salut Maïlys ! Comment ça va ? Alors, explique un peu à nos lecteurs Berthine ce que tu fais ?

Allo Julia ! Ça va bien et toi ? Je suis présentement en deuxième année de Master (ou Maîtrise, version francophone) en Arts de la scène. J’ai commencé à l’université de Grenoble en première année, et j’ai décidé de suivre ma deuxième année en Théâtre à l’Université d’Ottawa.

Donc en ce moment tu es à Ottawa. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu es partie là-bas ? Depuis quand y es-tu ?

Je suis à Ottawa en échange, où je suis des cours de Premier cycle (l’équivalent de la licence, sauf que ça va jusqu’à la 4e année) en théâtre. Ici, le département de Théâtre est intéressant non seulement pour certains cours théoriques, qui ne sont pas offerts en France, mais aussi pour les cours de pratique, en jeu, mise en scène, technique (backstage)… C’est très complet  ! J’y suis depuis fin août.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour y aller, en partant ou en arrivant ?

Comme ça a déjà été évoqué, c’est un peu un parcours de combattant.e de remplir, d’envoyer, et de faire signer tous les dossiers de sélections et de bourses… mais une fois que tout ça est fait, au niveau administratif, c’est presque fini. J’ai quand même eu une petite surprise à l’arrivée, celle d’avoir dans mes frais à payer $14 000 pour une année, car on m’avait mis les frais d’étudiant.e.s internationna.ux.les ! Heureusement, l’administration canadienne est assez réactive, et ces frais ont vite disparus de mon compte ! Je me suis rendue compte que j’étais chanceuse d’être en échange.

Maintenant que tu es « implantée », bien réceptionnée, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton quotidien ? Ton environnement ?

Mon quotidien est assez comparable à celui de n’importe quel.le étudiant.e, dans la mesure où j’ai cours tous les jours. Le petit plus du théâtre, ça a été les répétitions, pour une pièce, que j’ai eu trois fois par semaine, en plus de mes cours. C’était vraiment cool, et de manière générale, le Département de Théâtre ( le départ’, de son petit nom) est un peu une grande maison où on finit par connaître tout le monde. C’est chouette d’y trouver une ambiance conviviale et familiale, où tout le monde peut se rencontrer dans le salon étudiant/ student lounge et jaser en mangeant un bout’. La seule chose notable, qui est d’après moi un peu dommage, c’est la scission entre anglophones et francophones, qui est notable sauf dans quelques cours ou pièces bilingues. Autrement, à Ottawa, c’est pas mal bilingue, français et anglais, pis on y trouve des francophones québecois, comme des franco-ontarien.ne.s, fait que c’est pas mal le fun ces croisements linguistiques et culturels.

Pourrais-tu nous parler de la vie de la communauté d’étudiants étrangers ? Grand mythe Erasmus ou réalité ? Est-ce que tu rencontres régulièrement des locaux aussi ?

Haha ! A vrai dire, je connais assez peu cette vie Erasmus, car je côtoie principalement des Canadien.ne.s ; d’une part car je vis avec des Canadiennes (représentatives d’un Canada multi-culturel, car deux d’entre elles sont arrivées très jeunes au Canada, venant d’Inde pour l’une, et de Taïwan pour une autre) ; d’autre part car je n’ai pas rencontré de gens en échange en théâtre (ça doit être moins courant que d’autres programmes). Mais dans certains clubs de l’université, j’ai rencontré pas mal de français.e.s ou d’Européen.ne.s qui étaient en échange (souvent pour un semestre seulement), et qui me disaient l’inverse, qu’il ne connaissaient presque pas de Canadien.ne.s (car leurs colocs étaient aussi internationales).

Crédit Photo : Maïlys Besson

Penses-tu pouvoir faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et canadien ? Éventuellement des sociétés française et canadienne ?

Oui, dans le fond, la relation prof-élève est assez différente : plus directe et horizontale au Canada, comparée à la relation souvent hiérarchique de l’enseignant.e qui a le savoir et qui le diffuse aux élèves qui ne font (presque) qu’écouter et prendre des notes, en France. De manière générale, ça peut être plus participatif, ou dans la discussion, qu’en France. Les cours de langue sont aussi assez différents, puisqu’ils sont donnés uniquement dans la langue d’apprentissage : les profs comme les élèves parlent en Italien si le cours est en Italien, et pas en anglais ou en français (comme c’est parfois le cas en France), et là aussi la discussion a une place importante.

Il n’y a donc pas le même rapport à l’éducation… ni à l’accès à l’éducation, car les universités canadiennes sont payantes, et plutôt chères ! Ici, le cours est un produit payé avec un emprunt (ou des bourses avec un peu de chance, de mérite, ou moins de richesse…) et les enseignant.e.s sont évalué.e.s à la fin du semestre pour chaque cours par les étudiant.e.s. Leur prêt font entrer les étudiant.e.s dans le système bancaire de dette dès le début de leurs études, ce qui peut encore plus influencer le choix d’études (peut-être plus qu’en France?), en fonction du salaire à la graduation (car il faut bien rembourser ces coûteuses études!). Quand je dis au Canada, que le maximum à payer (sans bourses) à l’université en France est dans les alentours des 800€ l’année, beaucoup bondissent et rêvent d’étudier en France ou en Europe.

Je pourrais comparer les deux systèmes universitaires pendant des pages, mais je vais m’arrêter là, tout en précisant, que c’est mon avis, en ayant des expériences (en France et au Canada) dans des programmes particuliers, peut-être non représentatifs de l’expérience universitaire d’un pays ! L’ambiance amicale que je trouve en Théâtre, n’a rien à voir avec celle des amphis de 100 personnes des cours de 1e et 2e année d’histoire par exemple, où personne ne s’adresse la parole !

Enfin, sur la société canadienne, comme je l’ai mentionné, les langues se mélangent et le français n’est pas ici vu comme une langue fixe, mais au contraire comme une langue vivante et changeante (et pas « sacrée » non plus, mais c’est peut-être plus le point de vue franco-ontarien, car au Québec il y a une certaine volonté de « préserver » le français, le protéger de l’influence anglophone). Niveau alimentation, les habitudes ne sont pas spécialement les mêmes, mais c’est surtout la culture du repas qui diffère : j’ai le sentiment que le repas convivial, partagé, ensemble et long, est moins dans la culture des étudiant.e.s (par exemple, il n’y a pas de RU à 3,15 € où on vient en groupe, il y a seulement des Tim Hortons, Starbucks et Cie – qui ont clairement des intérêts économiques en lien avec l’université, dont le financement est mi-public, mi-privé,– ou un buffet à $15… à volonté). Le lunch peut même être pris entre deux cours rapidement ou même en cours. J’aurais tendance à dire que c’est un peu plus individualiste qu’en France au vu de mes expériences de colocation, mais encore une fois, je ne peux pas en faire une généralité.

Crédit Photo : Maïlys Besson

Qu’est-ce qui te plaît le plus au Canada ? Que faut-il absolument vivre et découvrir lorsqu’on s’y rend ?

Je sais pas trop ce qui me plaît le plus, car il y a une coup’ d’affaires que j’aime icitte, mais pour sûr, j’aime les différentes langues parlées ou différentes versions du français, qui fait revoir nos normes par rapport au français de France (non ce n’est pas un pléonasme!). Et puis à chaque fois que je vais dans un parc national, dans les forêts, près des lacs… je me dis que la nature canadienne n’est pas célèbre pour rien, car on y trouve de grands espaces et paysages à perte de vue (par contre, ça implique qu’il faille faire plus d’une journée de trajet pour changer de paysage, de quoi revoir notre notion des distances). L’ouest canadien vaut aussi le détour selon moi ! Et faire du patin sur la patinoire naturelle du canal Rideau sur 14km, aller et retour, est vraiment une chouette expérience d’Ottawa en hiver. Il y a aussi de quoi explorer pas mal dans des villes telles que Montréal, Toronto ou Québec.

Est-ce que tu t’imagines vivre à l’étranger plus tard (quand tu seras grande) ? (si oui, il faudra dématérialiser le thé, merci de prévenir les copains)

Je ne suis pas sûre d’encore grandir, en taille je veux dire,… mais je me vois bien passer encore du temps à l’étranger dans le futur, sans encore savoir si je vais vivre pendant longtemps loin de la France ou pas (car mine de rien la proximité avec la famille et les ami.e.s finit par manquer !;) ). En tout cas, j’aime définitivement habiter ailleurs et être dans la découverte.

Merci à toi et à très bientôt 🙂

Fait plaisir ! Et à tantôt !!:D

Mes autres copains ont encore les pieds dans l’hexagone mais si jamais vous avez envie de nous parler de l’Erasmus que vous vivez en ce moment, n’hésitez pas à nous contacter !

Voyages

Bruxelles : 5 étapes

Posté par Ju le Zébu 18 avril 2018 0 commentaire

Ça y est, vous vous êtes décidés pour Bruxelles (attention prononcez « Brusselles »). Quelle excellente idée vous avez eu là ! Pensez à ne pas oublier votre parapluie contre les averses bruxelloises mais aussi la fameuse « drache » (une sorte de condensé de mini-gouttes, qui donne très froid, rien à faire contre ça). Avec un peu de chance, ce sera vraiment le printemps lorsque vous vous rendrez dans la capitale belge. De toute façon, pour se réchauffer le moral rien de tel qu’une bonne bière et la bonne humeur (qui semble assez répandue) des Bruxellois. Si vous êtes végétarien ou vegan, méfiez-vous cependant de la bonne odeur des frites, la plupart d’entre elles sont cuites dans de la graisse animale (bœuf généralement). Pour vous aider jetez un oeil par là : Fritmap.

Bruxelles a une ambiance particulière : à la fois capitale européenne avec des zones très élégantes et high tech, et en même temps on trouve des quartiers encore assez populaires et authentiques. Les uns et les autres se mêlent comme un patch-work urbain. Cela vous promet des balades surprenantes ! Toutefois, sachez que le ticket de métro à l’unité n’est pas donné (2€50 par trajet). Préférez vous déplacer à pieds ou bien jetez un œil aux cartes disponibles. Les billets de train au contraire sont très abordables, ce qui peut être l’occasion d’aller découvrir d’autres villes belges comme Louvain-la-Neuve, Bruges ou Gand…

Voici cinq idées d’endroits à visiter à Bruxelles, incontournables pour certains et insolites pour d’autres.

1. Le Parlement européen : « Plus qu’une visite, une expérience ! »

Quitte à être dans le coin, autant aller jeter un œil à nos institutions européennes ! Différents espaces sont ouverts au public dont au moins deux espaces d’expositions, l’un plus centré sur l’histoire européenne, l’autre sur le parlement lui même. La seconde est une expérience très interactive retraçant l’arrière-plan historique de la construction européenne et ses attributions politiques. La visite dure en moyenne 1h et elle est gratuite. Gare aux technophobes car les indications vous sont données à partir d’un appareil intelligent et de son oreillette. AU fil du parcours vous pouvez flasher différents codes, puis écouter, lire et zoomer plusieurs documents.

Bien entendu, vous pouvez également visiter le parlement à proprement parlé. Il faudra cependant vous contenter d’une visite guidée. On ne se balade pas librement dans ce lieu de pouvoir !

2. Musées royaux des Beaux-Arts : Magritte, Old Masters…

Les musées royaux des Beaux-Arts présentent dans différentes collections de grands noms de la peinture européenne. Pour 3€, si vous avez moins de 25 ans, et 13€ si vous en avez un peu plus que ça, vous avez accès à toutes les musées ! Vous pouvez aussi choisir, pour un peu moins, de n’en visiter qu’un, et vous aurez déjà bien à faire et surtout voir.

Le musée Magritte se visite en 2 à 3h. La collection est présentée de manière chronologique et offre un beau panorama de l’évolution de l’artiste tout en le situant dans son contexte historique. A moins de vous y rendre un jour de pointe (week-end), vous pouvez aisément déambuler et faire des pauses.

Les Old Masters présentent de grands noms de la peinture flamande notamment : les Bruegel, Bosch, Van Eyck… et bien d’autres surprises. A l’entrée du musée mais aussi sur d’autres points du parcours se trouvent des installations permettant de zoomer et découvrir plus en détails l’œuvre de Bruegel l’ancien (malheureusement sponsorisé par Google et autres).

3. Cinéma Nova

Voilà une sortie cinéma dépaysante et agréable ! Le Nova propose une salle pour le moins inhabituelle : (probablement) un ancien hangar dont les murs de bétons sont encore brut et les poutres de métal apparente. La programmation à elle seule vaut déjà le détour. Mais en plus de tout cela, le lieu est muni d’un bar où l’on peut s’arrêter consommer mais aussi emmener son verre dans la salle pour le siroter durant la séance. Des expositions sont fréquentes et participent à donner à cet endroit une ambiance si particulière.

4. Mr Falafel

Tout simplement le meilleur falafel qu’il m’est été donné de manger ! (et j’en ai déjà goûté une certaine quantité). Il faut absolument y passer, de jour, de nuit, sous le soleil ou la pluie. Les ingrédients qui font de cette recette authentique un régal sont affichés en français, anglais et néerlandais. La salade est gratuite et en libre service, puis les falafels sont servis dans un pita fait maison à la farine complète. Les ingrédients sont frais, transformés sur place et ça se sent.

Adresse : Boulevard Maurice Lemonner 53, 1000 Bruxelles

5. Marché gare du midi

Si vous en avez l’occasion, rendez-vous à la gare du Midi, le dimanche entre 9h et 14h. Le marché est assez populaire et vous y trouverez surtout des légumes mais aussi des pains orientaux, des fruits secs et une partie consacrée à tout ce qui ne se mange pas. C’est une joyeuse cacophonie dans laquelle on se perd volontiers. Un conseil, plus vous arrivez tard et plus les prix baissent (et plus les voix montent pour crier au meilleur prix).

Bonnes flâneries à vous 🙂

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Les copains en Erasmus : direction Moscou !

Posté par Ju le Zébu 4 avril 2018 0 commentaire

Erasmus, ce vaillant programme d’une trentaine d’années, a permis et permet à des milliers d’étudiants européens de partir et découvrir les autres visages de l’Europe et maintenant du monde. C’est peut-être l’une des plus belles réussites de la communauté européenne. En tous les cas, celle qui fonctionne le mieux et la plus populaire. Opportunité unique pour voyager et sympathiser avec une communauté étudiante multi-culturelle, les programmes d’échanges entre universités forment maintenant un grand réseau dont presque chacun peut profiter. Bien sûr, il y a des aspects moins reluisants, mais pour des raisons de bonne ambiance nous ne nous appesantirons pas dessus.

Mes copains ont la bougitude. Ils profitent de ce grand réseau/Netzwerk/network pour partir et ils ont bien raison. Pour boire un café c’est parfois un peu compliqué mais ils découvrent de nouveaux horizons et moi avec. Allons donc les titiller un peu pour voir où ils sont et comment ils s’en sortent.

Aujourd’hui, rendez-vous moscovite avec Aurélien !

Salut Aurélien ! Comment ça va ? Alors, explique un peu à nos lecteurs Berthine ce que tu fais ?

Salut Julia ! Je vais bien, je te remercie, malgré les fraîches températures moscovites de ce début de printemps ! Je suis étudiant à Paris 8, à l’Institut Français de Géopolitique et je suis en échange à Moscou à l’Université d’État des sciences humaines de Russie (РГГУ), pour tout le semestre. Je ne suis pas encore sorti de Moscou, car je ne peux pas encore voyager dans le pays pour des questions administratives, mais ça me laisse le temps de profiter de la ville et de flâner (ou de m’y perdre !)

Donc en ce moment tu es à Moscou, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu es parti là-bas ? Depuis quand y es-tu ?

Je suis arrivé à Moscou le 10 février. Je suis venu ici parce que dans le cadre de mon master ma spécialisation porte sur l’espace postsoviétique et surtout parce que je voulais approfondir ma connaissance de la langue russe. J’étais déjà venu à Saint-Pétersbourg en voyage scolaire il y a quelques années mais bien-sûr ce n’est pas la même chose de rester une semaine dans une ville que d’y étudier pendant un semestre. En plus pour mon mémoire de dernière année de master je travaille sur la communauté arménienne de Moscou, ça me permet de lier mon séjour Erasmus avec mon mémoire.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour partir, en partant ou en arrivant ?

Ah les joies de l’Eramsus ! Comme Odile l’a dit la semaine dernière il faut être prêt à tout. Dans mon cas se sont ajoutées les formalités administratives liées à la Russie. En tant que Français, il nous faut un visa pour y séjourner, et pour l’obtenir il faut un voucher (une lettre d’invitation en gros). Ensuite le plus compliqué a été de trouver un logement à Moscou, car ayant refusé le dortoir de l’université, j’ai dû avec d’autres amis de ma promo trouver un appartement. Heureusement, grâce à des connaissances de connaissances, les contrats de location ont pu être signés avec des garants moscovites sans quoi nous n’aurions pas eu l’appartement ! Sur le reste, j’ai la chance d’être dans une grande métropole dans la quelle on trouve beaucoup d’endroits différents où manger (mon allégeance culinaire va à la cuisine géorgienne) et sur la langue, même si l’anglais est loin d’être le fort des Russes, on arrive quand même à se débrouiller.

Crédit photo : Aurélien Bossard

Maintenant que tu es bien réceptionné, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton quotidien ? Ton environnement ?

Ma première grande surprise ici ça a été la taille de la ville. Moscou tient son rôle de plus grande ville d’Europe et sa réputation de ville qui ne dort jamais. Il y a tout le temps quelque chose à faire ici ! Je dirais que le seul point négatif c’est la pollution, parce que la ville est traversée par de larges autoroutes urbaines. Personnellement je marche beaucoup à Moscou, c’est mon sport quotidien. J’avais la chance d’être équipé pour les températures et d’avoir déjà passé un hiver au Canada. Quand bien même le froid n’est pas très agréable, je n’ai pas été surpris. Je vais souvent me balader dans les nombreux grands parcs de la villes, pour décompresser et être (un peu) au calme. Côté alimentaire, même si le coût est bien-sûr moins élevé qu’en France, les produits ne sont pas toujours meilleurs marchés que chez nous et c’est difficile de trouver des fruits ou des légumes qui ne sont pas importés.

Pourrais-tu nous parler de la vie de la communauté d’étudiants étrangers ? Est-ce que tu rencontres régulièrement des locaux aussi ?

Pour ma part, je ne peux pas vraiment parler de parler de communauté d’étudiants étrangers dans la mesure où nous sommes assez peu nombreux dans mon université d’accueil. La plupart sont des étudiants asiatiques avec qui il est compliqué de communiquer car ils ne parlent ni anglais ni russe. On a tendance à rester entre occidentaux ou du moins entre ceux qui peuvent communiquer en russe ou en anglais. Heureusement, je connaissais un Moscovite qui est venu à Paris le semestre dernier. Il m’a fait découvrir la ville et présenté à ses amis. Ce qui m’a permis de découvrir un peu plus la culture locale. Je pense que le mythe Erasmus existe mais qu’il dépend surtout de la destination !

Penses-tu pouvoir faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et russe ? Éventuellement des sociétés française et russe ?

Je t’avoue que c’est assez compliqué de faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et russes. Je pense que c’est assez similaire sur de nombreux aspects, sur la structure des cours ou sur la manière d’enseigner. Les études à l’université sont payantes pour certaines filières mais il y a de nombreux concours d’organisés dans plusieurs domaines comme les mathématiques ou les langues ce qui permet aux étudiants bien classés d’obtenir des bourses. C’est assez amusant de voir que comme à Paris, de nombreux étudiants viennent de villes de province pour étudier à Moscou. Sur les différences des sociétés, nous avons beaucoup en commun je crois mais les aléas de la politique internationale font que nous (en tant qu’occidentaux décadents) avons à faire nos preuves ici. Mais une fois que les masques tombent, on découvre des gens drôles, sympathiques et très généreux !

Qu’est-ce qui te plaît le plus en Russie ? Que faut-il absolument vivre et découvrir lorsqu’on s’y rend ?

A Moscou il faut creuser un peu pour découvrir les beaux endroits, ils se méritent ! La ville est tellement riche de son patrimoine, c’est le paradis des amateurs d’architecture ! Néoclassique, baroque, constructivisme soviétique c’est un joyeux bazar ! Aussi, on ne peut pas découvrir la Russie sans vodka accompagnée de zakouski (amuse-gueule), c’est un incontournable. Quant à ce qu’il faut voir en dehors de la capitale, je pense à Saint-Pétersbourg qui mérite vraiment son titre de « Venise du nord » avec ses palais et ses canaux. Il y a bien-sûr les grandes steppes et les vastes étendues à l’est. J’envisage aussi de profiter de ce semestre pour partir en vadrouille sur le transsibérien et découvrir le Lac Baïkal et l’extrême orient russe, qui je pense valent vraiment le détour.

Crédit Photo : Aurélien Bossard

Est-ce que tu t’imagines vivre à l’étranger plus tard (quand tu seras grand) ? (si oui, merci de laisser une adresse à jour !)

Totalement ! J’aimerais vraiment ça, sans s’enfermer dans le cliché de l’expatrié, je crois que c’est important de sortir de sa zone de confort et d’aller au delà des représentations ou des clichés qu’on peut avoir sur tel ou tel pays. J’ai la bougitude comme tu le dis !

Merci à toi et à très bientôt:)

Merci à toi ! A très vite Julia !

La semaine prochaine, direction Ottawa, au Canada, on se trouve Maïlys !

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Les copains en Erasmus : direction Lisbonne !

Posté par Ju le Zébu 25 mars 2018 0 commentaire

Erasmus, ce vaillant programme d’une trentaine d’années, a permis et permet à des milliers d’étudiants européens de partir et découvrir les autres visages de l’Europe et maintenant du monde. C’est peut-être l’une des plus belles réussites de la communauté européenne. En tous les cas, celle qui fonctionne le mieux et la plus populaire. Opportunité unique pour voyager et sympathiser avec une communauté étudiante multiculturelle, les programmes d’échanges entre universités forment maintenant un grand réseau dont presque chacun peut profiter. Bien sûr, il y a des aspects moins reluisants, mais pour des raisons de bonne ambiance nous ne nous appesantirons pas dessus.

Mes copains ont la bougitude. Ils profitent de ce grand réseau/Netzwerk/network pour partir et ils ont bien raison. Pour boire un café c’est parfois un peu compliqué mais ils découvrent de nouveaux horizons et moi avec. Allons donc les titiller un peu pour voir où ils sont et comment ils s’en sortent. Aujourd’hui, direction Lisbonne où se trouve Odile.

Odile au soleil, crédit photo : Claire Bottalico

Salut Odile ! Comment ça va ? Alors, explique un peu à nos lecteurs Berthine ce que tu fais ?

Salut Julia ! Tout va très bien pour moi, le soleil vient de revenir à Lisbonne et il a amené le printemps avec lui, ça fait du bien ! C’est d’autant plus agréable que mes cours à l’Université Nouvelle de Lisbonne (NOVA) me laissent beaucoup de temps libre, alors j’en profite pour me promener dans la ville sous le soleil. En France, j’étudie les Relations Internationales. Ici, j’ai pu choisir mes cours, alors j’en ai choisi un sur les « démographies des migrations », un autre sur les « femmes et droits humains » et un dernier sur les « découvertes et mondialisation ». En général, on est une dizaine d’étudiant.es par classe, donc on est encouragé.es à participer, ça me plaît bien !

Donc en ce moment tu es à Lisbonne, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu es partie là-bas ? Depuis quand y es-tu ?

Je suis arrivée à Lisbonne depuis la fin du mois de janvier, donc je suis là depuis environ deux mois et j’y reste jusqu’à la fin du mois de juin. Je suis partie à Lisbonne parce que partir en Eramus fait partie de ma formation. Comme je parle déjà portugais (du fait d’une année d’échange à Sao Paulo en 2012-2013) et qu’il est nécessaire de parler un minimum la langue du pays d’accueil, aller au Portugal me semblait aller de soi. De plus, le coût de la vie y est plus bas qu’à Paris, donc c’était un argument supplémentaire pour partir.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés  pour y aller, en partant ou en arrivant ?

Je commencerais par dire que partir en Erasmus n’arrive pas par hasard ni sans volonté affirmée de partir. En effet, nombreux, très nombreux, sont les dossiers à remplir, les papiers à déposer dans tel bureau, les démarches à accomplir avant telle échéance, etc. Donc il faut quand même en vouloir, et ne pas avoir de phobie administrative !

Bon, une fois que les papiers sont remplis, le plus dur est peut-être fait. Mais il faut quand même trouver un endroit où loger, n’est-ce pas ? Contrairement à ce que je pensais, ça s’est avéré plus difficile que prévu à Lisbonne. La capitale lisboète est maintenant à la mode, attirant toujours plus de touristes, d’étudiant.es étranger.es et d’expatrié.es, ce qui contribue à l’augmentation des loyers et moins d’offres de logement. [Hmm, le fait de dire que ma copine voulait me rejoindre pour quelques mois ne m’a certainement pas aidée, et on m’a d’ailleurs ouvertement refusé une chambre à cause de ça, mais bon, on n’est pas obligé d’en parler].

En ce qui concerne le portugais, j’avais un peu peur de ne pas comprendre l’accent portugais, bien différent du brésilien. Effectivement, ça ne va pas de soi. Mais je comprends quand même bien les gens quand ils me parlent. En revanche, il semblerait que les Portugais soient assez réservés, et pas forcément très enclins à converser avec des inconnus. Donc la barrière de la langue n’en est pas forcément une, mais la barrière culturelle est bien là. C’est dommage, les Parisiens sont en comparaison plus simples d’accès.

Crédit photo : Odile Romelot

Maintenant que tu es « implantée », est-ce que tu peux nous parler un peu de ton quotidien ?

J’adore le rythme de ma vie à Lisbonne, rien à voir avec la course perpétuelle que je menais contre le temps à Paris. Ici, je prends le temps de dormir (et moi qui pensais que dormir sept heures par nuit me suffisait, je redécouvre la joie de dormir entre neuf et dix heures par nuit, ça fait un bien fou), je cuisine tous les jours (les fruits et les légumes sont bien meilleur marché qu’à Paris, et de bonne qualité, c’est un plaisir de les transformer en bons petits plats), je participe à de nombreux événements (premier festival féministe de la Lisbonne, Silly Dance – danser avec une centaine de personnes dans les rues de Lisbonne, un casque sur les oreilles, et une même playlist pour tout le monde -, cours de lindy hop, conférences à l’Institut français, etc.), je me balade dans Lisbonne, je discute avec des petites mamies portugaises, j’admire les couchers de soleil depuis les nombreux miradouros, je profite de la vie quoi !

Pourrais-tu nous parler de la vie de la communauté d’étudiants étrangers ? Grand mythe Erasmus ou réalité ? Est-ce que tu rencontres régulièrement des locaux aussi ?

Alors alors … Je dois admettre que mon but en venant à Lisbonne, ça n’était pas du tout de participer aux grandes soirées Erasmus où il s’agit de boire le plus possible en un minimum de temps. Pas du tout mon style. Donc je fais certes partie des groupes d’étudiant.es Eramus à Lisbonne, mais il est très rare que je participe aux activités organisées. De plus, il faut souvent acheter une carte d’adhérent de 10/15€ pour avoir des tarifs réduits ou simplement participer aux activités, et je ne veux pas contribuer à ce petit marché organisé sur le dos des étudiant.es Eramus. En revanche, je me suis quand même fait quelques ami.es Eramus que je vois de temps en temps.

En ce qui concerne les locaux, je ne me suis pas encore liée d’amitié avec mes coloc portugais. Sont-ils timides et réservés ? Je ne sais pas. J’ai néanmoins quelques connaissances portugaises, qui deviendront certainement des ami.es avec le temps !

Penses-tu pouvoir faire une comparaison entre les systèmes universitaires français et portugais ?

A la Sorbonne, le moins qu’on puisse dire, c’est que les cours étaient donnés de forme très classique, autour d’une problématique annoncée, un plan en deux ou trois parties, calibré pour tenir les deux heures du cours magistral. Ici, c’est un peu différent. Comme je le disais plus haut, les étudiant.es sont encouragé.es à discuter, à partager leur point de vue, à éventuellement contredire l’enseignant.e ou les autres étudiant.es. On est beaucoup moins passif ! En revanche, ça peut parfois sembler un peu décousu, si l’enseignant.e se laisse porter par ses idées sans ordre vraiment établi. Et je crois qu’il me manque un peu de contenu théorique.

Qu’est-ce qui te plaît le plus au Portugal ? Que faut-il absolument vivre et découvrir lorsqu’on s’y rend ?

Le beau temps, les azulejos, les pasteis de nata, le café, les fruits et légumes, les couchers de soleil, la mer, les immeubles colorés ! Éviter les lieux les plus touristiques, c’est déprimant. Mais se promener au hasard, ne pas hésiter à pousser la porte d’un petit café ou restaurant, se poser en terrasse au soleil, ou sur le bord du fleuve, essayer toujours plus d’entamer une conversation avec des locaux (les mamies portugaises sont les plus sociables et les moins réservées, d’après mon expérience).

Crédit photo : Odile Romelot

Est-ce que tu t’imagines vivre à l’étranger plus tard (quand tu seras grande) ? (si oui, il faudra dématérialiser le café, merci de prévenir)

Quand je serai grande (pas en taille, mais en âge n’est-ce pas?), j’aimerais effectivement vivre à l’étranger, mais je ne sais pas encore où. Cela dit, étant originaire du centre de la France (Bourges!), Paris semble déjà être un autre monde où il me reste beaucoup à découvrir. En tout cas, oui, je ne prévois pas de rester plus de deux/trois ans au même endroit, il sera donc nécessaire de sans cesse dématérialiser le café chère Julia !

Merci à toi et à très bientôt:)

A bientôt à Lisbonne Julia ! Les restaurants végétariens n’attendent que toi !

Retrouvez dans les semaines qui viennent, avec quelques degrés celsius en moins : Maïlys à Ottawa et Aurélien à Moscou ! 🙂

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Écoles alternatives : mon expérience Steiner

Posté par Ju le Zébu 17 mars 2018 0 commentaire

Les pédagogies alternatives ont le vent en poupe. De la crèche au baccalauréat, on cherche à innover l’éducation classique qui montre ses failles. On lui reproche entre-autre de ne pas assez prendre en compte l’individu qu’est l’élève, de faire du global lorsqu’il faudrait du singulier.

Le phénomène Montessori est le plus notable. Il s’agit généralement d’écoles hors-contrat et donc payantes. Sortir du système scolaire classique est un certain luxe. Cependant, on observe également que de plus en plus d’enseignants suivent de leur propre initiative des formations Montessori qu’ils mettront ensuite en place par touche.

S’agit-il là d’une véritable évolution du système pédagogique ou d’une mode passagère ? Dans tous les cas, les écoles alternatives proposent depuis longtemps déjà d’autres modèles pédagogiques, bien que sévèrement critiqués il y a une quinzaine d’années encore.

De mes 3 ans à mes 6 ans, j’ai été scolarisée dans une école d’inspiration Steiner-Waldorf. Jusqu’à présent, cela ne m’avait pas trop posé question. J’en garde de très bons souvenirs et j’ignorais qui était ce Mr Steiner.

Je suis toujours un peu embêtée lorsqu’il faut expliquer ce dont il s’agit. Mais pour vous, chers lecteurs Berthine, curieux de savoir ce que cela change dans une vie, je vais essayer de faire le point entre mes souvenirs d’enfance, ce que j’ai tiré de cet enseignement et ce que l’on pourrait lui reprocher.

En 1998, mes parents m’inscrivent dans une école maternelle alternative, Le Petit Porteau. Pourquoi ? D’abord, ma mère, néerlandaise, est horrifiée par le système scolaire français qui met à l’école les enfants dès 2 ou 3 ans (aux Pays-Bas la scolarisation commence à partir de 4ans) pour leur apprendre la discipline, compter et bientôt écrire. Les groupes sont souvent trop grands et mes parents jugent qu’un enfant n’a pas besoin de savoir compter jusqu’à cent mais plutôt de trouver à son rythme sa place dans la société, comprendre qui il est et qui sont les autres.

L’aspect ésotérique de Steiner a de quoi effrayer mais dans la culture nordique, les écoles alternatives sont bien intégrées dans le paysage scolaire. Elles favorisent l’intégration de l’enfant dans le groupe, développent son potentiel artistique et de nombreux autres savoirs-faire, principalement basé sur l’intelligence manuelle. Le Petit Porteau accueillait chaque année scolaire des stagiaires, allemand.e.s généralement. Et ma meilleure amie était danoise (ses parents étaient expatriés pour une année).

Nous avions à l’époque la chance d’habiter à proximité d’une école Steiner dont le cadre a immédiatement séduit mes parents : petite structure aux dimensions adaptées aux enfants, dans une belle maison rénovée, entourée d’un superbe jardin, d’une forêt alentour… Et l’autre grand point positif était l’institutrice, Christine. Elle n’avait rien de New Age ou de sectaire. Elle faisait preuve, comme elle le disait elle-même, de bon sens. De sagesse.

Comme l’école était complètement indépendante, en plus d’être payante, les parents s’investissaient beaucoup dans le projet : ils faisaient du ménage, préparaient à tour de rôle les repas du midi, menaient les travaux nécessaires…

Pour ma part, je me souviens du cadre (tout en bois et pierre), de l’émerveillement des lieux et de la gentillesse de Christine. J’étais timide mais je ne me souviens jamais d’avoir été seule contre mon gré.

La particularité du système Steiner réside, entre-autre, dans l’importance des rythmes : rythme de l’enfant, de la journée, de la semaine, des saisons… De nombreux petits rituels viennent marquer le temps qui passe et ses étapes. On ne pousse pas l’enfant à atteindre des objectifs selon son âge ou d’après les autres. Je me souviens avoir eu des problèmes avec la sieste par exemple (j’étais un peu insomniaque). Christine ne m’obligeait pas à rester tourner dans mon lit, elle me jouait parfois un petit air de harpe en plus, en me prenant dans ses bras (et oui, petits veinards que nous étions, on nous berçait sur des airs de harpes pour la sieste). Pareil avec l’écriture et les nombres : seulement, à la toute fin quand nous étions prêts. Ce « retard » par rapport aux élèves ayant fréquenté l’éducation nationale ne m’a pas pénalisé lorsque j’ai intégré une école primaire classique et j’ai toujours été plutôt bonne élève par la suite.

La journée, était elle aussi marquée de petits rituels, comme une chanson pour commencer la journée et se dire bonjour, une activité manuelle, le goûter (des fruits secs généralement, servis dans une coupelle en coquillage), des jeux à l’extérieur. Je me souviens avoir été beaucoup dehors. C’est certainement la raison pour laquelle aujourd’hui encore je trouve cela si important, et que n’importe quelle journée un peu dégagée sans mettre le nez dehors me semble un peu perdue.

Les jours de la semaine avaient chacun leurs particularités (et chacun leur couleur si je me souviens bien) : un jour pour faire le pain, un autre pour la peinture, un pour le dessin… Le travail des mains était central. Par ce biais nous apprenions à maîtriser nos mains mais aussi la patience, le respect, etc. Aujourd’hui encore je présente, comme ma sœur ou mon frère qui ont eux aussi fréquenté l’école, une certaine habileté manuelle qui n’est pas un simple petit plus mais une manière pour concevoir le monde et maîtriser son environnement proche.

L’année était centrée sur le passage des saisons. Nous avions une table sur laquelle était dressé un paysage symbolisant la saison en cours. Le passage d’une saison à l’autre était un moment important. Il y avait un changement sur la table, comme un petit spectacle mené par Christine. Le bruit de la pluie joué avec un bambou me reviens. Le brillant de l’étoffe qu’on soulève doucement. Ces rites, qui me laissent de si tendres souvenirs, ont aussi fait de mon enfance un passage empli de poésie.

A la fin de l’hiver, nous allions réveiller le printemps à l’aide de clochette lors d’une promenade. En été, nous faisions la sieste à l’ombre d’arbres sur des nattes. Durant la fête de la Saint Jean, les parents préparaient un grand feu. Toute la symbolique qui entoure ces événements permet d’appréhender les changements comme une bonne chose. Une chose normale.

Tout cela, de l’extérieur, doit vous paraître un peu païen. C’est peut-être le cas ! Mais ce qui est sûr, c’est que cela permettait de faire de ces petits choses des moments importants. Donner un rythme, des rythmes, permet de rassurer, de prendre son temps et surtout d’évoluer. Et nous avions la chance d’évoluer en plus de cela dans un bel univers.

Il n’y avait pas de sections par âge. Nous étions un groupe d’une vingtaine d’enfants entre 3 et 6 ans. S’il n’y avait pas de sections pour nous séparer, il y avait cependant des différences dans certaines activités. Par exemple, lorsque l’on approchait du moment de quitter la petite école, « les grands » commençaient à fabriquer un nichoir à oiseaux en autonomie (sous la surveillance de Christine bien sûr). Nous manipulions clous et marteaux seuls. Un sacré rite initiatique ! Mon nichoir est encore dans le jardin, un peu couvert de mousse maintenant.

Les années 2000 ont été celles de grands scandales concernant principalement les écoles Steiner : dérives sectaires, épidémies de rougeoles (parce que les parents refusaient les vaccinations)…

On ne peut pas les nier mais je ne saurais vous en parler car je ne les ai pas vécu. Rien ne nous était imposé. Il y avait un esprit d’entraide et parfois communautaire mais jamais sectaire. Je n’ai pas non plus le sentiment d’avoir grandi « en-dehors du monde ».  Mes parents nous emmenaient à Mc’do, je possédais à coté de mes jouets en bois des Barbies. Bien sûr, lorsque ma mère venait préparer exceptionnellement des frites pour le déjeuner à l’école, certains parents grinçaient des dents mais tous les enfants étaient contents. Il y avait un air de fête qui n’était en rien contradictoire avec l’esprit de l’école.

Tout cet état d’esprit est lié à une culture alter-mondialiste, biologique, écologique, etc. Mais libre à chacun d’y trouver son équilibre. La plupart des thématiques développées à l’époque sont aujourd’hui normalisées : on trouve des rayons bio dans les grandes surfaces, l’écologie est enfin un sujet critique… Et l’éducation s’inspire maintenant de principes pédagogiques alternatifs !

Jeune adulte, je ressens encore les bénéfices de ces trois années qui ont été décisives.

Premier jour d’école, septembre 1998.

FoodRecettesVéganisme

Un dernier pain d’épices ?

Posté par Ju le Zébu 10 mars 2018 0 commentaire

Avant que les bourgeons ne bourgeonnent et que le vert ne reverdisse, profitons de la fin du froid pour faire un bon pain d’épices aux saveurs chaleureuses. C’est un gâteau très facile à réaliser et végétalien dans cette variante 🙂

Ingrédients :

180g de farine de blé

70g de farine de seigle (vous pouvez ajustez les proportions des deux farines à votre goût)

50g de sucre de canne

1 sachet de sucre vanillé

1 demi sachet de levure

2 c. à soupe du mélange d’épices ( cannelle, clous de girofle moulus, muscade, coriandre, poivre et éventuellement une pointe de piment de Cayenne)

1 c. à café de bicarbonate de soude

200ml de lait de soja nature

130ml de sirop d’agave

1 c. à soupe de mélasse (allez-y mollo sur la mélasse, c’est très fort en goût) ou de sirop d’érable

Bonus : zestes de citron et très petits morceaux de gingembre

Préparation :

  1. Dans un saladier mélangez ensemble les ingrédients secs.
  2. Dans un autre récipient, versez les liquides et remuez (si vous avez choisi la mélasse, elle restera un peu coller au fond; il suffit de gratter un peu).
  3. Incorporez lentement les liquides et mélangez jusqu’à obtenir une préparation homogène assez épaisse.
  4. Versez la pâte dans un moule graissé et enfournez dans un four préchauffé à 180°C pendant 30 à 40 minutes.
  5. Lorsqu’il est prêt (belle croûte brillante, cœur bien cuit), laissez le refroidir un petit peu avant de le déguster !

Bonus : en cas de crise de gourmandise, tartinez votre tranche de pain d’épices d’un peu de margarine  ou de confiture d’orange !

CultureSérie

Dirk Gently, détective holistique

Posté par Ju le Zébu 2 mars 2018 1 Commentaire

Le terme de « détective » est assez parlant : une personne menant des enquêtes, résolvant des énigmes. Mais vous avez dit « holistique » ? Nom d’un chien, qu’est-ce que cela signifie ?

Dirk Gently est détective et son but est de résoudre des affaires. La manière dont elles se présentent à lui et dont il les mène est cependant peu commune : notre détective croit en effet à une philosophie, en apparence un peu mystique, selon laquelle tout, absolument tout est lié dans l’univers. Les enquêtes se présentent donc naturellement à lui (sans que personne ne le mandate expressément). Il se laisse ensuite guider par son flair (un peu désopilant) et tous les événements (rencontres, accidents…) ou éléments (accessoires, signes…), d’une manière ou d’une autre sont liés à l’enquête et son dénouement. Les aventures de Dirk Gently ont dans un premier temps l’air tout à fait absurde et sont donc bien poilantes. Cependant, à la fin, tous les éléments trouvent une place logique.

La série réalisée par Max Landis (diffusée pour la première fois en 2016 aux États-Unis) est inspirée des romans de Douglas Adams. Chaque saison met en scène une seule et unique enquête. La technique holistique prend un peu plus de temps à décrire, et heureusement, car cela fait encore plus de Dirk Gently ! Ce format me semble plus intéressant aussi parce qu’il permet de mieux cerner les personnalités des personnages, d’apprécier l’ampleur de l’énigme et de garder un œil sur ce qui semble être des détails, souvent décisifs par la suite.

Dans la première saison, quelque part aux États-Unis, Todd (Elijah Wood), jeune homme que l’on pourrait aisément qualifié de looser, travaille comme groom dans un hôtel. Il est le premier témoin d’une scène de crime monstrueuse et étrange. Il panique et devient le suspect n°1. C’est alors qu’il rencontre Dirk Gently (Samuel Barnett), un excentrique Anglais aux vestes de cuir colorées, qui s’incruste littéralement dans son morne quotidien. Dépendant de lui pour prouver son innocence, d’abord sceptique, il va être initié aux pouvoirs de l’holistique et devenir, le temps de cette enquête, l’assistant de ce détective déganté.

Avis aux amateurs d’absurde, de mystique et d’énigme ! Voici une série complètement folle mais tellement bien ficelée qu’on rentre tout entier dedans. Savant mélange de fantastique, d’action et d’humour.

Entre nous, on finit (pour ma part en tout cas) à voir un peu d’holistique dans notre quotidien et c’est assez rassurant de se dire que tout, absolument tout, trouve une place 😉

Saison 1 et 2 disponibles sur Netflix

Société

Vie de chien

Posté par Ju le Zébu 22 février 2018 0 commentaire

Vous pensez être quelqu’un de plutôt bien et vous avez sûrement raison.

En rentrant chez vous, un jour d’été ou d’hiver, sur une route de campagne ou en marchant en ville, vous apercevez au loin un chien qui, visiblement, erre. Plusieurs indices vous poussent à croire qu’il est abandonné : cotes saillantes, regard craintif, odeur forte (même pour un chien), pas de collier ou autre signe d’appartenance et pourtant il ne part pas en courant, il s’approche même un peu de vous. Il n’a pas peur de l’Homme.

Vous décidez de l’emmener avec vous. En voiture, à pieds. Il vous suit. Vous allez essayer de retrouver son maître. Ou au moins lui trouver une situation plus confortable et certaine que la rue.

Première chose à faire : aller chez un véto. Ce dernier pourra vous dire si l’animal est pucé et donc éventuellement prendre contact avec son maître. Cependant, si le jour est déjà sur le déclin, vous allez devoir attendre le lendemain matin. Cela signifie héberger l’animal, soit le mettre à l’abri, le nourrir, le tenir un peu à l’œil et s’il le veut bien lui témoigner un peu d’affection. Selon votre situation cela sera plus ou moins évident. Les réticences des gens avec qui vous vivez seront certainement le plus grand obstacle. Il se peut aussi que de jeunes enfants (ou adultes sympathiques) se prennent tellement d’affection pour lui, qu’ils ne voudront plus le laisser partir ! Situation moins critique que la première mais qui peut occasionner une certaine gêne. Vous n’avez pas de nourriture « pour chien » et lui préparez quelque chose de consistant (une plâtrée de féculent, un peu de viande si vous en avez) et de l’eau. Le chien se gave littéralement, il y a des chances pour qu’il ne se soit pas vraiment nourri depuis longtemps (vous faites attention à ne pas trop lui donner de nourriture d’un coup pour éviter ballonnements et autres désagréments digestifs pour lui).

Lorsque vous vous rendez chez le vétérinaire du coin avec l’animal passablement repu, vous découvrez si ce dernier est pucé ou tatoué. Si l’animal est bien répertorié, on contactera le propriétaire. Option 1 : le maître éploré vous remercie et vient chercher son chien adoré. Happy End. Option 2 : la personne au bout du fil nie avoir un chien et n’en veut pas. Que se passe-t-il alors ?

C’est le même cas de figure que dans la situation où le chien n’est pas répertorié : fourrière ou accueil provisoire chez un particulier (vous généralement). Les chiens errants sont la responsabilité de la municipalité qui a donc à sa disposition un ou plusieurs chenils. Vous n’êtes pas naïf et avez une idée plus ou moins précise de l’insalubrité de ces lieux. Parfois, les chiens y sont à moitié abandonnés, sous-alimentés, maltraités. Heureusement, dans certains cas se sont des passionnés et amoureux des chiens qui s’en occupent (ne soulagez cependant pas trop vite votre conscience en considérant cette possibilité).

Le chien devra obligatoirement y passer huit jours. Ce laps de temps est prévu par la loi pour que le propriétaire le réclame. Huit longues journées très incertaines après lesquelles d’après la loi 99-5 (relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux) : « […] si l’animal n’a pas été réclamé par son propriétaire, il est considéré comme abandonné et devient la propriété du gestionnaire de la fourrière[…] ».

Si vous en avez la possibilité, vous accueillez l’animal chez vous plutôt que de l’envoyer à la fourrière. Les huit jours s’appliquent également. Même si vous vous attachez à l’animal au point de vouloir le garder son propriétaire peut le réclamer pendant cette période.

Dix jours sont passés et personne n’est venu récupérer ou réclamer le chien. Son destin est soit entre vos mains, soit entre celles du propriétaire du chenil, sachant que jusqu’à présent c’est la commune ou communauté de communes qui paye le séjour de ce compagnon à quatre pattes. Le tarif d’une semaine en chenil varie d’un lieu à un autre. Dans la ville de Bressuire à titre d’exemple (Nord Deux-Sèvres, Poitou-Charentes), la semaine s’élève à 140€ par chien. Tous ne sont pas des amis des bêtes ; le calcul peut être vite et la solution facile : l’euthanasie.

Au chenil de Bressuire (cf LNR), un chien sur cinq seulement est récupéré par ses maîtres. Le propriétaire doit alors régler les frais de garde et l’identification de son compagnon (le faire pucer, d’après la loi de 1999 toujours). L’aspect financier de ses retrouvailles (140€ environ + puçage entre 50 et 100€) est la raison principale pour laquelle les propriétaires ne viennent jamais chercher leur compagnon poilu.

Une perspective plus réjouissante est l’adoption. Une association (SPA, 30 millions d’amis mais aussi plusieurs plus petites organisations locales et réseaux sociaux), le propriétaire du chenil, le véto du coin, vous-même, travaillez à lui trouver une famille digne de confiance. C’est une épreuve fastidieuse avec souvent un sentiment d’urgence. Il est tellement plus simple d’adopter un chiot à l’histoire vierge plutôt qu’un toutou adulte, parfois moche bien que gentil. Cependant, il y aura, espérons-le, toujours quelqu’un pour vouloir de lui.

Vous êtes quelqu’un de bien. Ce chien aussi. Mais de A à Z dans sa vie, tous les changements, bons ou mauvais, auront été déterminés par les hommes. C’est le propre de la domesticité. Entre vos mains, entre nos mains, il va souffrir ou prendre plaisir, vivre ou mourir. Parfois, vous n’aurez pas le choix et c’est la loi qui prendra le pas. Mais ce n’est pas la loi du chien, c’est encore la nôtre. Il n’y a pas à dire, c’est une vie de chien. En France, ce sont près de 100 000 animaux domestiques (chiens et chats) qui sont abandonnés chaque année. 60 000 l’été. Un crime ordinaire, d’ampleur nationale.

 

Bien-êtreFéminismePersoSociété

Lettre au(x) poil(s)

Posté par Ju le Zébu 17 février 2018 0 commentaire

Chers vous tous,

Je suis impressionnée de voir tous les horizons dont vous venez : jambes, pubis, les quelques isolés du nombril, aisselles, bras, tête ! Vous êtes tous très différents : longs et épais, courts et transparents, fins et bruns… Et pourtant, vous avez tous ce corps en commun, le mien.

Je profite de la trêve hivernale (du rasoir) pour faire un petit point avec vous et poser cette inquiétante question : que vais-je faire de vous lorsque les beaux jours reviendront ?

Cela fait maintenant trois mois que je n’ai pas rasé mes aisselles. Les jambes y sont passées de temps en temps mais pas le pubis. J’ai continué à arracher à la pince à épiler les récalcitrants du nombril et des sourcils. Dans l’ensemble, c’est quand même un peu la fête du poil. Il faut dire que vous êtes passés de l’étiquette « tabou » à « on en parle » à la télé (émission Poilorama sur Arte), sur l’internet avec les vidéos de Loupche par exemple et que j’ai pu observer, certes peu, quelques poils fleurirent sur une jambe là et sous une aisselle par ici chez d’autres femmes qui n’avaient pas l’air gênées, sales ou viriles. Juste naturellement poilues. Je ne vais pas vous cacher qu’au début je trouvais cela un peu repoussant. Il a fallu du temps et pas mal de déconstruction.

Comme la plupart des filles qui s’épilent ou se rasent, j’ai commencé au collège. Comme les boutons sur le nez, les poils c’était moche. Il fallait s’en débarrasser. Je pense que je n’avais alors qu’une amie qui vous laissait en paix parce qu’elle pensait que vous couper ne ferait qu’empirer la situation. Je ne sais pas si elle avait raison mais j’aurais peut-être dû faire pareil. A ce moment là je n’avais ni la maturité, ni le courage de remettre ce baptême du rasoir en question. Je ne me suis pas épilée parce que ma mère ne le faisait pas et de toute façon j’étais assez douillette (j’ai au moins respecté cette sensibilité). La majorité de mes copines avaient des épilateurs, ce qui me mettait un peu la pression et me donnait l’impression de m’occuper de mes poils n’importe comment. Mais après tout, je m’en fichais un peu et surtout j’avais la flemme de m’imposer ce rituel arracheur. C’était déjà assez emmerdant, disons-le, de se raser régulièrement. Quand on y pense, ma flemme et mon goût pour le naturel (pas trop de maquillage, pas de coloration, etc) me préposaient déjà à vouloir vous laissez libres de pousser.

Je dois cependant vous montrer mes faiblesses. Pour cause de manque de temps, cela fait environ trois mois que je ne suis pas aller à la piscine. Mais c’est aussi à cause de … vous. Je n’assumerais pas de laisser des poils dépasser de mon maillot de bain… et puis mes aisselles … Cela me fendrait un peu le cœur de vous couper maintenant que vous avez bien poussé (voilà que je me prends pour un jardinier!). Je me suis bien habituée à vous, sous mes aisselles, et je vous trouve plutôt harmonieux… Vous allez me dire : « Qu’est-ce que tu attends pour sauter dans le grand bassin alors ? ». Je ne suis pas tout à fait prête dans ma tête. J’imagine les doigts pointés des mémés, les ados qui pouffent dans mon dos, le regard interloqué du maître nageur, etc. J’ai déjà un peu de mal à me balader en débardeur chez mes parents… Alors la piscine, haut lieu d’exhibition des corps ! Et puis, dans mon microcosme, ça passe, mais les réactions sont dans l’ensemble assez virulentes encore !

En fait, il n’y a que seule chez moi ou avec mon copain que je ne pose pas de question. C’est déjà bien. Vous allez rigoler, mais je pense qu’il vous aimait bien avant moi! Il faut dire qu’il est plutôt du genre poilu donc ce serait malvenu de sa part, comme de tout homme, de m’imposer une stricte épilation. Ou quoi que ce soit d’ailleurs. C’est tout de même poilant que la chasse aux poils soit plus ou moins imposée à la moitié de la population qui en a, généralement, le moins. L’inverse ferait trop mal aux mâles !

Je vous propose ce deal  : pour le moment, on reste comme on est, velue, et pour la piscine on ira par étape. Pas de précipitation et pas d’épilation. Quand je me sentirais assez forte j’irai toute seule à la piscine. Avec vous.

Bisettes,

Ju.

Un peu plus de poils :

Poilorama : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014204/poilorama/

Loupche :  https://www.youtube.com/watch?v=eIrWmP2O9DI

et https://www.youtube.com/watch?v=5_rUdcHw4rU

 

 

BuzzSociété

Comment ne pas fêter la Saint Valentin

Posté par Ju le Zébu 14 février 2018 0 commentaire

(sauf si vous vous appelez Valentin.e)

Aujourd’hui nous fêtons les Valentin.e.s, à savoir les bienheureux portants ce joli prénom mais aussi un certain nombre de saints chrétiens comprenant quelques martyrs du IIIeme siècle, plusieurs prêtres, diacres, mais surtout le Saint Patron des amoureux, Valentin de Terni. Ce dernier aurait vécu au cours du IIIeme siècle. L’empereur Claude II le Gothique fait alors interdire les mariages chrétiens (afin d’envoyer plus d’hommes au front). Cependant, Valentin poursuit clandestinement d’unir les couples. Il est alors emprisonné puis exécuté. C’est au Veme siècle que le 14 février est choisi par l’empereur Gélase Ier pour célébrer les Valentins et surtout remplacer une fête païenne romaine qui avait encore un peu lieu entre le 13 et le 15 février, les Lupercales. La Saint Valentin ne prend une tournure galante qu’au XVeme siècle en Grande-Bretagne. L’événement garde aujourd’hui encore son importance dans les pays anglo-saxons et s’est évidemment répandu dans le monde entier.

On peut cependant ne pas être sensible aux nombreux télé-films diffusés sur nos petits écrans et trouver ridicules les pâtisseries en forme de cœur et trop sucrées vendu par deux. En fait, on peut raisonnablement penser que tout ce mercantilisme cliché ne va pas attiser la passion ou renforcer la tendresse des couples. On peut également souligner que tout ceci aurait tendance à cultiver une certaine pression sociale qui voudrait que l’idéal de vie soit un horizon à deux. Qu’être « seul.e » ou plus de deux n’est pas bien. Fêter l’amour est une belle chose mais elle ne s’achète pas et la célébrer une fois et puis l’oublier dès le 15 est sacrément hypocrite. Cela donne à ce sentiment universel si puissant un aspect bien volatile.

Pour toutes ces raisons et celles que nous n’avons pas évoquer on peut vouloir ne pas fêter cette journée. Voici une petite liste (non exhaustive) de choses pour le faire :

1. Levez-vous normalement le matin, de bonne ou mauvaise humeur, buvez une boisson chaude, partez travailler/étudier/glander.

2. Ne mettez pas de lingerie super sexy (sauf si c’est votre habitude) ou de parfum particulièrement aguichant (sauf si c’est votre habitude). Un slip propre n’est pas réservé au jour de fête, n’hésitez pas à changer vos chaussettes également.

3. Si par mégarde vous dessinez quantité de cœur dans vos marges, transformez-les en trèfles à trois ou quatre feuilles (en ajoutant quelques cœurs en plus !)

4. Offrez, le jour de votre choix, une rose à votre voisin/ami/compagnon parce que vous l’aimez bien/beaucoup et une bonne bouteille de rouge à votre voisine/amie/compagne (histoire d’inverser un peu le sexisme dans les cadeaux).

5. N’écoutez pas en boucle « Tea for two and two for tea » et « I will always love you » ou « Can’t stop loving you ».

6. Finissez votre journée en vous couchant satisfait.e de vous (sauf si vous avez fait n’importe quoi au travail/à l’école ou autre raison non professionnelle et que cela vous pèse).

Bonus : Dîtes-vous que vous êtes décidément quelqu’un de bien ! Presque un.e saint.e…

En fait, passez une bonne journée comme les autres et si elle ne l’est pas, faîtes en sorte que ce ne soit pas à cause de ce cher Valentin.

Bien évidemment, si vous aimez les petits cœurs rouges et les cupidons voltigeurs, ne vous privez pas de la Saint-Valentin. Faîtes votre vie !

Kiss, kiss, love <3