Coups de gueuleFéminisme

Arrêtons de se faire « la bise » !

Posté par Gomasio 11 octobre 2018 0 commentaire
Bon les français.e.s, il faut qu’on parle, j’ai passé la journée dans le noir… Mel je le s.. Ouh la je m’emballe. Ça tombe bien puisque nous allons parler muqueuses et plus précisément nous allons aborder une coutume peu étudiée et pourtant beaucoup trop pratiquée, j’ai nommé : la bise.

Commençons par un rapide historique : la bise comme salutation est mentionnée depuis l’Antiquité notamment en Grèce ou en Inde où le Kâma-Sûtra répertorie près de 30 baisers différents.  Comme chaque pratique, elle a évolué au fil du temps ; elle fut totalement bannie en public au XIXè siècle pour revenir en force à partir de mai 68, se voulant être un signe d’égalité et de respect.

La bise est très française, symbole d’une société où le contact est extrêmement présent. Plus largement, elle semble être un héritage romain. Si vous voyagez en Chine, en Allemagne ou aux États-Unis vous ne verrez personne offrir un tel spectacle.

 

 

Je propose de dresser quelques (très) bonnes raisons d’arrêter cette pratique dégoûtante et d’innover notre façon de nous saluer.

 

La question du consentement

“Fais un bisou à la dame”

Qui n’a pas le souvenir d’avoir été contraint.e, plus jeune d’offrir sa joue à un vieil oncle ou une collègue de nos parents que nous n’avions jamais vue simplement parce que nos génit.eur.rice.s voulaient à tout prix démontrer à quel point iels nous avaient bien éduqué.e.s ? Nous entrons dans une ère nouvelle où la question du consentement devient centrale dans nos rapports humains, et tant mieux ! Alors mettons-le en application, soyons cohérent.e.s et arrêtons de forcer des enfants à se faire toucher par des adultes s’iels ne le souhaitent pas !

 


 

Une  proximité plus que gênante

Réalisons ensemble l’absurdité de la proximité des contacts physiques que nous échangeons avec… des inconnu.e.s.

Le premier baiser échangé entre deux personnes est un moment souvent intime, rares sont les fois où cela se déroule en public. Prenons la bise maintenant ; quand nous rencontrons de nouvelles personnes, si nous sommes une fille (et nous reviendrons plus tard sur le sexisme imposé par cette pratique), nous nous retrouvons impérativement la joue collée à celle d’un.e inconnu.e.

Nos visages sont quasiment aussi proches que deux amoureu.x.se.s alors qu’il s’agit d’anonymes !

Bien heureusement, cette pratique tend à se cantonner à des rencontres dans le cadre amical ou familial (on ne fait pas la bise à son médecin), cependant il arrive fréquemment qu’elle s’élargisse au cadre du travail et cela devient plus que problématique, surtout quand des hommes profitent de cette proximité pour asseoir leur domination.

 

 

Un sexisme prononcé (et une homophobie dissimulée)

C’est peut-être le point le plus dérangeant dans “l’art de la bise” (sic), les codes sont très clairs : les bises se font entre homme et femme et entre femme et femme. Vous ne verrez jamais deux hommes se faire la bise (sauf s’ils sont très amis). Je ne comprends pas qu’aujourd’hui alors que l’égalité hommes-femmes est brandie à toutes les sauces, on ne remette pas en question une pratique aussi discriminante quand elle est si simple à faire évoluer.

On peut ajouter à cela que recevoir une bise par un.e inconnu.e c’est être automatiquement étiquetée “tu es une fille”. Quand l’inconnu est un homme le geste peut être extrêmement intrusif.

 

 

Le deuxième point, vous l’aurez compris, c’est l’homophobie instituée par cette pratique. Les hommes ne doivent pas se faire la bise car c’est “dévirilisant”, en d’autres mots : ça fait gay et donc c’est la honte.

Un échange de microbes

Pour terminer sur une note plus légère mais ô combien importante : se faire la bise c’est 0% hygiénique. D’ailleurs se serrer la main non plus. Alors pourquoi ne pas se dire bonjour “à l’américaine” en se contentant de se faire un salut de la main.

 

Tant de bonnes raisons de cesser cet usage sexiste et dégoûtant. Et pourtant… tou.te.s celleux qui ont essayé connaissent la difficulté de désamorcer cette pratique tant elle est ancrée. Pour ma part, j’ai noté que les hommes de plus de 40 ans sont les plus réfractaires. Quand je leur tends la main, nombreux sont ceux qui sans aucun scrupule me la repoussent et m’imposent leur bise gluante avec comme seule justification “oh ben quand même ! on se fait la bise hein ?”. Certain.e.s se font un malin plaisir de discuter du “nombres de bises” qu’il faut effectuer, alors vous êtes pris.e au piège de la tradition. D’autres ne diront rien mais penseront tout bas que vous êtes un peu snob. Parfois c’est simplement l’habitude qui reprend le dessus. Mais ne vous découragez pas, l’hiver arrive et vous aurez une bonne raison de ne faire la bise à personne.

Sources utilisées :

https://lepetitjournal.com/shanghai/communaute/bise-pourquoi-france

https://www.sudouest.fr/2018/01/04/quand-les-femmes-en-ont-assez-de-faire-la-bise-au-travail-4083352-5458.php

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