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Poils et sexualité : nue et poilue !

Posté par Loupche 12 juin 2019 2 Commentaires

Cet article s’adresse principalement aux femmes hétérosexuelles (parce que c’est mon expérience), mais il peut être lu par tou•te•s, et est même fortement recommandé aux hommes cisgenres et hétérosexuels !

Comme tout être humain sur cette planète, moi et toutes les autres femmes avons des poils.

Il n’empêche qu’encore aujourd’hui la plupart des femmes s’épilent, pas par choix personnel mais à cause d’une pression sociale qui leur fait croire qu’elles seront plus aimées et moins rejetées si elles s’épilent.

Mon but aujourd’hui est de te rassurer, pas uniquement par rapport au regard des autres, mais précisément par rapport au regard des hommes hétérosexuels et à la sexualité. En soi, je veux te montrer que tu peux révéler ton corps comme il est réellement (c’est-à-dire sans épilation) tout en ayant une sexualité épanouie — par exemple, une sexualité où tu pourrais coucher avec de nouvelles personnes au détour d’une soirée, sans avoir à t’épiler.

Au début d’une relation, quand on rencontre quelqu’un, c’est très difficile de se dénuder pour la première fois et, de fait, de montrer ses poils, que ce soit au bout de plusieurs dates ou pour un coup d’un soir imprévu après une soirée sympathique. J’ai remarqué, après en avoir beaucoup discuté et après l’avoir ressenti moi-même, que ce qui motive les femmes hétérosexuelles à s’épiler avant un rapport sexuel vient de la peur du rejet de l’homme, le Mâââle. Evidemment, pour les femmes qui ne sont pas hétérosexuelles, la pression sociale de l’épilation existe également, tout comme la peur du rejet de la personne qu’elles ont en face d’elles.

Je souhaite ne plus jamais entendre la phrase tant prononcée : « de toute façon ce soir je couche avec personne parce que je suis pas épilée ». Utiliser la présence de poils comme une forme de défense face aux hommes est une pente glissante, puisque cela met le consentement au second plan. En effet, une phrase totalement légitime serait « ce soir je couche avec personne parce que j’ai pas envie ». Que l’épilation décide à notre place de si on baisera ce soir est bien embêtant : si on a envie de sexe mais qu’on n’a pas eu le temps de s’épiler, on va se priver de quelque chose (c’est quand même bien dommage). Dans l’autre sens, si un homme essaie de nous convaincre d’avoir un rapport sexuel avec lui (et ne viens pas me faire un #NotAllMen parce que toutes les femmes ont des histoires à raconter à ce sujet), on utilisera comme moyen de défense « je suis pas épilée », plutôt que d’assumer le fait qu’on n’a pas envie. Ainsi, le patriarcat se porte bien, puisque nos envies ne sont pas exprimées, et que nous avons refusé uniquement parce que nous ne sommes pas à la hauteur de l’objet sexuel lisse et doux que la femme devrait être. 

Alors, ne t’épile pas avant d’aller en boîte « parce qu’on ne sait jamais qui on va rencontrer » ! Ne t’épile pas avant un premier date « parce qu’on ne sait jamais comment ça va se terminer » ! Préparer son corps au sexe de cette façon semble très artificiel et uniquement dans le but de plaire à l’autre (enfin, de se conformer), plutôt que de se concentrer sur nos réelles envies. Pour résumer, c’est dommage de se poser la question de l’épilation plutôt que de se poser celle de l’envie.

Et que personne ne vienne me dire que c’est plus facile de faire un cunni sans poils, parce que si c’est des poils qui te freinent, ça veut dire que l’envie n’est pas vraiment là. Je peux t’assurer, d’expérience, que même avec la réplique de la forêt amazonienne dans ma culotte, on peut me faire un super cunni. Ok, c’est peut-être moins confortable pour la personne, mais ce n’est pas une excuse. Je ne vais pas te demander de t’épiler les testicules pour te faire une fellation, donc tu ne me demandes pas de m’épiler la teuch pour me faire un cunni. CQFD. 

Le corps est donc prêt à la sexualité à partir du moment où l’envie est présente, il n’a pas besoin d’être modifié, altéré pour accueillir une sexualité hétérosexuelle. Que la non-acceptation de notre corps soit un obstacle à une sexualité connectée à nos envies est problématique. 

Bon, tout ça c’est bien joli, mais comment faire pour accéder à cette acceptation de nos poils dans le cadre de notre sexualité ? Pour moi, c’est un mélange entre se convaincre soi-même, consommer du contenu body-positive et donc suivre les réseaux sociaux de femmes poilues (comme, par exemple, @loupche *clin d’oeil appuyé*), mais aussi croiser de chouettes hommes. Si tu veux que je te raconte mes expériences qui m’ont aidée à me défaire de ma croyance selon laquelle seuls les hommes déconstruits et pro-féministes m’accepteraient comme je suis, je t’invite à regarder cette vidéo que j’ai filmée il y a un moment sur le sujet (ça devient croustillant vers 4:30 *nouveau clin d’oeil appuyé*).

Pour résumer, je te souhaite de te trouver un mec qui te fera un cunni galactique avec tous tes poils. Il y en a bien plus autour de toi que tu ne le crois. <3

2 Commentaires

Delbaere 12 juin 2019 at 16 h 35 min

NON ce n’est pas pour un problème pour les lesbiennes ! Ce sont meme elles qui mènent la vie dure aux à priori ,Tout au moins les filles politisée qui ont une bonne prise de conscience.
Il suffit de fréquenter les sites féministes.
Comme nous ne nous allongeons jamais sous un bitar ,les contraintes liées à ce genre de relation ne nous concernent pas .
Vous souhaitant une prompte libération …Sororité comme on dit chez nous .

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Loupche 18 juin 2019 at 16 h 32 min

Je me suis permise de parler de femmes lesbiennes après avoir eu plusieurs conversations avec une amie qui ne supportait pas les poils sur ses copines et qui leur demandait de s’épiler. Ceci dit, je ne fais pas partie de la communauté lesbienne, tu as raison 🙂

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