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Dépolluer les océans à bord d’un trois-mâts

Posté par HeHo 26 août 2019 0 commentaire

« C’est un fameux trois-mâts, fin comme un oiseau … ». Vous connaissez la chanson ? Super. Je vous emmène à bord du Kraken, un voilier un peu particulier, propriété de l’association écologiste Wings of the Ocean. Le but de l’association est de dépolluer les océans, mers et fleuves. Son navire lui permet d’offrir une plateforme de recherche pour les scientifiques et, plus original, vous permet d’embarquer à bord en tant qu’écovolontaire.

Wings of the Ocean est une jeune association, son voilier navigue depuis l’automne 2018 de la Manche à la Méditerranée en passant par les Açores, les îles Canaries et la Corse. Ses missions de dépollution prennent différentes formes, des retraits de filets dérivants dans les océans aux nettoyages de plages. Pour ma part, j’ai rejoint le Kraken pour une semaine, au cours de l’été 2019. A cette période, le navire se situait au large des côtes françaises en Méditerranée, une proximité propice à la sensibilisation pour l’association et à la mise en place de partenariats avec d’autres associations locales œuvrant pour la protection de l’environnement. Cette proximité des côtes facilitait également l’accès au bateau. En effet, la particularité de ce projet réside principalement dans la proposition qui est faite à monsieur et madame Tout le monde de devenir écovolontaire à bord du Kraken durant une semaine, deux semaines ou un mois. L’écovolontariat est quelque chose d’assez rare dans le monde associatif où la plupart des actions impliquent une démarcation entre donateur·trice/mécène et bénévole/militant·e. Ici, en faisant un don à l’association, j’ai pu réserver du temps à bord et ainsi participer à la vie de l’équipage.

La première règle pour rejoindre le Kraken, et ensuite passer un bon moment sur le navire, c’est la souplesse. Entre la météo, les aléas de la navigation, les aspects techniques sur le bateau et la logistique liée aux missions à terre : les jours ne se ressemblent pas et le programme peut changer rapidement. Parmi les actions que l’association a déjà mises en place ou prévoit de faire dans le futur, il est certain qu’en embarquant une semaine on ne peut en avoir qu’un petit aperçu. Néanmoins, la vie au large modifie notre rapport au temps. Du point de vue des relations humaines, la vie en collectivité qu’impose l’organisation d’un bateau a tendance à accélérer les rencontres, les échanges. Au niveau des activités, il y a toujours quelque chose à faire, même à quai, pour apprendre du vocabulaire, des savoir-faire marins ou simplement faire fonctionner le navire et le garder propre. En six jours sur le bateau, nous avons navigué deux jours et j’ai eu l’impression de vivre plus de choses qu’en six jours à terre, c’est certain. Lorsque l’ancre était jetée, j’ai aidé à dépolluer une plage et à trier les déchets, à faire la cuisine et la vaisselle, j’ai appris à faire mon propre dentifrice, j’ai écouté des conférences de scientifiques, je me suis baigné dans la Méditerranée, j’ai lu, j’ai nettoyé ma cabine, j’ai discuté et appris des autres. En navigation, j’ai découvert les noms des voiles et comment les hisser, on m’a expliqué comment barrer (piloter un bateau), j’ai aidé l’équipage à réaliser les manœuvres et je suis même monter dans un mât.

90 % du plastique qui est acheminé vers les océans par les fleuves ne provient que de dix fleuves dans le monde. Ces fleuves déversent 800.000 tonnes de plastique chaque année dans les océans. Ces déchets finiront par se coincer sur les côtes, dans les profondeurs des océans ou viendront former des îles de plastique au large. Le projet de Wings of the Ocean, à termes, est de s’attaquer directement à la source du problème, en récupérant le plastique en surface à l’aide de chaluts, à l’embouchure des fleuves. Pour cela, l’association prévoit de mener des tests grandeur nature à partir de 2020.

Pour suivre l’actualité de Wings of the Ocean et, pourquoi pas, devenir écovolontaire, rendez-vous sur leur site wingsoftheocean.com

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