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Plutôt cup’ ou serviette ? Tour d’horizon des protections périodiques

Posté par Marie 26 mars 2019 0 commentaire

Comme une part conséquente de la population humaine, je vis chaque mois le fardeau des menstrues. Et, même si j’ai la chance d’être née en France et donc d’éviter un grand nombre de discriminations violentes à ce sujet, je peux dire sans trop d’hésitation que je subis mes six jours de règles par cycle.

En effet, je souffre du syndrome des ovaires polykystiques (ou SOPK). Cette affection complique mes cycles menstruels dans la mesure où elle rend mes règles très douloureuses, irrégulières et surtout excessivement abondantes. De ce fait, j’ai testé un grand nombre de protections hygiéniques différentes avant de trouver celle convenant le mieux à ma situation. Enfin, protections menstruelles ou périodiques, plutôt. Je préfère ce terme qui ne transforme pas nos règles en évènement sale et nocif pour notre hygiène.

Le choix de la protection menstruelle optimale n’est pas une mince affaire ; il dépend de nombreux facteurs, tels que le taux d’activité sportive, le mode de vie, l’abondance du flux, ou encore le budget que l’on peut se permettre de dépenser chaque mois (car, rappelons-le, les menstruations coûtent excessivement cher et il reste un long chemin à parcourir avant que les dépenses liées soient remboursées) .

Les protections menstruelles ont été sous le feu des critiques récemment car de nombreuses études (sources en fin d’article) ont enfin pointé du doigt la composition désastreuse des tampons et serviettes hygiéniques les plus fréquemment commercialisés. En outre, le risque réel de syndrome du choc toxique (SCT) a de nouveau été évoqué et il est important de rappeler que ce risque n’est pas à négliger dans le choix de vos protections hygiéniques et surtout dans votre utilisation de celles-ci.

Le SCT est une maladie infectieuse rare qui touche essentiellement les individus ayant leurs règles et qui choisissent des protections retenant le sang à l’intérieur de leur organisme. En effet, son apparition est due au passage de la toxine bactérienne TSST-1 dans la circulation sanguine. Or, la production de cette toxine est favorisée par la stagnation du sang à l’intérieur du corps engendrée par certaines protections menstruelles (cup, tampon). Ainsi, l’utilisation de protections dites « internes » doit se faire avec précaution (ne laissez ni votre tampon ni votre cup menstruelle en place toute une nuit, par exemple) de manière à se protéger contre cette maladie qui, bien qu’extrêmement rare, est potentiellement létale.

Pour vous aider à faire votre choix, voici une liste indicative des protections menstruelles disponibles sur le marché.

Le tampon périodique

Le tampon est à ce jour le type de protection le plus utilisé en France. Il est relativement économique et est disponible dans toutes les grandes surfaces.

Avantages : Le premier avantage du tampon est sa discrétion. Il est quasi invisible et se glisse dans tous les sacs, même dans votre poche. En outre, il n’émet aucune odeur puisqu’il ne laisse pas le sang à l’air libre, et convient aux utilisat·eur·rice·s  qui pratiquent une activité sportive régulière. Pour celles ou ceux qui ont un flux menstruel très abondant, le tampon offre un taux d’absorption très satisfaisant !

Inconvénients : Le tampon est la protection menstruelle dont la composition est la moins transparente. Ainsi, de manière à éviter au maximum d’introduire des produits nocifs dans votre vagin, optez si possible (car cette alternative est coûteuse) pour des marques certifiées bio (disponibles dans vos magasins bio du type Biocoop, Marché de Léopold…) plutôt que pour les grandes marques (Always, Nett et compagnie). En outre, les tampons ne se recyclent pas et les micro-plastiques que certains contiennent sont extrêmement nocifs pour les nappes phréatiques. Ainsi, si vous utilisez des tampons, ne les jetez surtout pas dans vos toilettes !

La serviette hygiénique

Après le tampon, la serviette est la deuxième protection menstruelle la plus utilisée en France. Facile d’utilisation, elle est régulièrement utilisée pour les premières années de menstruations ou par celles et ceux ne supportant pas les protections internes.

Avantages : La serviette hygiénique ne retient pas le sang à l’intérieur de l’organisme. Elle offre donc une alternative intéressante au tampon car elle limite les risques d’oxydation du sang ou de SCT. En outre, la serviette convient aux petits flux menstruels et se change très facilement. Elle est très pratique pour les nuits.

Inconvénients : Puisqu’elle s’accroche au niveau des sous-vêtements, la serviette est très rapidement désagréable à porter, notamment en cas de transpiration (chaleur, sport) ou de mode de vie actif (activité professionnelle qui nécessite d’être régulièrement debout par exemple). En outre, elle est parfois visible (ou audible ! Qui n’a jamais été gêné par le son de sa serviette en marchant ?) et peut dégager une odeur peu agréable. Enfin, tout comme pour les tampons, je vous conseille d’opter si possible pour les versions bios, à la fois pour votre santé et pour l’environnement.

La serviette lavable

La serviette réutilisable, ou serviette lavable, fait peu à peu son apparition sur le marché des protections périodiques. Fabriquées en tissu et doublées de coton, elles offrent une alternative intéressante à leur versions jetables.

Avantages : Le premier avantage de la serviette périodique lavable c’est qu’elle réduira considérablement les déchets engendrés par vos cycles menstruels ! En plus, leur composition est beaucoup plus explicite. Les serviettes lavables sont bien plus agréables à porter que les serviettes jetables, car le tissu agressera moins vos muqueuses.

Inconvénients : Cependant, bien qu’elles soient plus agréables à porter, elles ne sont pas plus pratiques, au contraire. Premièrement, leur grande épaisseur les rend très peu discrètes et donnent une sensation « d’encombrement » ! En outre, si vous devez sortir de chez vous pendant plusieurs heures, il est quasi impossible de vous changer car il faudrait stocker votre serviette en tissu remplie de sang quelque part… Enfin, le nettoyage du sang sur le tissu n’est pas sans difficultés, et les serviettes sont rapidement complètement remplies de tâches indélébiles !

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été convaincue par les serviettes lavables. Je suis très heureuse que cette alternative existe car elle peut être intéressante pour certain·e·s ; mais, dans mon cas, c’est-à-dire en exerçant une activité hors de chez moi, nécessitant un mouvement quasi constant, et ayant un flux menstruel important, elles ne sont absolument pas pratiques, d’autant plus au vu de leur prix relativement élevé !

Cependant, si vous souhaitez investir, je vous conseille cette marque qui est locale et qui propose un grand nombre de motifs pour égayer votre culotte : https://www.plim.fr/fr/

La cup menstruelle

La cup menstruelle est une grande nouveauté en France qui a fait son apparition il y a environ 5 ans et qui a conquis de nombreuses personnes. En effet, elle semble allier les avantages de plusieurs protections tout en proposant une alternative éco-responsable aux protections jetables.

Avantages : La cup est, à mon avis, la protection lavable la plus adaptée pour les flux abondants. Elle offre un taux d’absorption (même s’il s’agit d’un phénomène de rétention et non d’absorption) plus élevé que celui de toutes les autres options listées ci-dessus et rivalise de discrétion avec le tampon périodique. La cup ne produit aucun déchet et une seule cup peut s’utiliser tout au long de vos règles pendant plusieurs années avant de devoir être changée. Enfin, si elle est bien posée, elle reste complètement en place et convient donc parfaitement à tout type d’activité physique (marche, course à pied, piscine, vélo etc. )

Inconvénients :  La cup menstruelle a deux inconvénients majeurs. Premièrement, elle nécessite une certaine organisation dans son utilisation quotidienne, car il faut la vider régulièrement (ce qui implique d’avoir un lavabo à disposition dans les toilettes) et la stériliser chaque jour pour pour éviter les risques d’infection. Ensuite, il s’agit d’un corps étranger plus imposant que le tampon qui se pose dans votre vagin avec un effet de « succion » : ceci est très difficile à supporter pour certain·e·s.

Personnellement, j’utilise ma cup menstruelle depuis maintenant 3 ans et j’en suis totalement satisfaite !

Je n’ai pas encore testé les deux alternatives suivantes et je ne m’étendrai donc pas sur le sujet avant d’avoir une expérience de première main . Cependant, sachez qu’elles existent et qu’elles pourraient éventuellement être de bonnes solutions pour vous.

La culotte menstruelle

Le nom est relativement explicite. La culotte menstruelle est un sous-vêtement doublé au niveau de la vulve par une couche de coton, dans la même idée que la serviette lavable. Il paraît que cette protection est très confortable et que les fuites sont rares, j’aimerais donc essayer cette alternative un jour. Cependant, je crains que les inconvénients soient semblables à ceux évoqués précédemment pour la serviette lavable…

Le Flux Libre Instinctif

Le FLI n’est pas une protection en soi mais plutôt une connaissance de son propre corps qui permet à certain.e.s de contrôler le flux menstruel de manière à expulser le sang de manière volontaire et contrôlée en allant aux toilettes. Cette technique est très rare mais a de plus en plus d’adeptes. Ainsi, une personne pratiquant le FLI n’aurait en théorie pas besoin de protections menstruelles. Cette technique nécessite un contrôle sans faille de son propre corps, une grande rigueur et surtout beaucoup d’entraînement ! Peut-être y arriverais-je un jour, bien qu’elle soit réputée plus complexe à mettre en place en cas de flux important…

N’oublions pas que le choix de ce que vous décidez de mettre, ou non, en contact avec vos muqueuses, voire mettre dans votre corps, vous appartient et qu’il est donc nécessaire de se battre pour notre droit à connaître exactement la composition des protections hygiéniques. Aucune protection n’est meilleure qu’une autre et malgré les publicités mensongères de certaines marques (Tampax et Nette pour ne pas les citer) ou malgré certains préjugés qui ont la peau dure (non un tampon ne fait pas perdre sa virginité à une adolescente ! ), il n’y a que vous qui pouvez choisir l’option correspondant le mieux à vos envies et vos attentes.

Sources :

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