
France Télévisions vient de mettre en ligne un espace Transparence sur son site institutionnel, avec une série de données chiffrées sur ses finances, ses salaires et sa gestion au quotidien. Salaire de la présidente, budget, dotation publique : tout y passe. Une initiative qui arrive en pleine commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public.
Les chiffres sur la table
La présidente Delphine Ernotte Cunci touche 322 000 euros brut par an en part fixe, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 78 000 euros de part variable. C’est l’État qui fixe cette rémunération, et c’est désormais affiché noir sur blanc. Côté salariés, la moyenne est à 61 000 euros brut annuels en 2025, hors éléments variables, avec un salaire médian de 57 000 euros. Le groupe rappelle aussi qu’il contribue à l’effort budgétaire national, avec un budget rectificatif 2026 qui intègre 15 millions d’euros de dotation publique en moins.
Une commission d’enquête en embuscade
L’opération transparence ne tombe pas du ciel. Une commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public est en cours à l’Assemblée nationale, portée par l’UDR d’Éric Ciotti et alliée du Rassemblement national. Elle met la pression sur France Télévisions et ses dirigeants, avec des questions sur les frais de taxi, de réception et de représentation. Les travaux doivent reprendre fin mars, après les municipales. Et France Télévisions a prévu le coup : une rubrique « nos réponses à vos questions » vient désamorcer certaines accusations qui circulaient sur les réseaux sociaux.
3 euros par mois et par Français
Le groupe met en avant un chiffre : chaque Français consacre en moyenne 4,2 euros par mois au financement de l’audiovisuel public, dont 3 euros pour France Télévisions. C’est proche de la moyenne européenne, qui est à 3,6 euros. La Cour des comptes avait quand même rappelé en septembre que la situation financière du groupe s’était fortement dégradée, et demandé des réformes structurelles « sans délai ». Avec un effort global de 140 millions d’euros à absorber en 2026, dont 80 millions de baisse de dotation publique, France Télévisions joue la carte de la bonne gestion.
Publier les salaires et les frais de fonctionnement quand la pression politique monte, c’est un grand classique. Ça ne veut pas dire que c’est inutile, au contraire : on aimerait que ce genre de transparence soit la norme et pas une réaction de crise. Le timing est quand même un peu voyant, pile entre la commission d’enquête et les municipales. Bon maintenant, on espère que cette page survivra au-delà de la polémique, parce que les contribuables ont quand même le droit de savoir où part l’argent.





