
C’est le genre de symbole qui dit tout. En 2023, à partir du 6 novembre à 11h25 précisément, les femmes ont commencé à bosser « gratuitement » par rapport aux hommes. Pas littéralement, bien sûr, mais en termes de rémunération comparée : à compter de cette date, l’écart de salaire fait qu’elles ne sont plus payées pour le reste de l’année, à travail équivalent. C’est le collectif Les Glorieuses qui pousse cette opération chaque automne, avec son mot d’ordre #6novembre11h25, histoire de remettre le sujet sur la table.
Et le sujet, malgré toutes les campagnes de sensibilisation, ne bouge pas si vite que ça. Une étude d’Appinio confirme que la différence de rémunération entre femmes et hommes reste bien réelle en France. On en parle, on s’indigne une fois par an, et puis la vie reprend son cours pendant que les chiffres, eux, traînent les pieds.
Il y a quand même quelques signaux dans le bon sens. L’index de l’égalité professionnelle, cette note que les entreprises doivent calculer et publier, grimpe un peu : la moyenne déclarée passe de 86 sur 100 en 2022 à 88 sur 100 en 2023. Ça laisse penser que certaines boîtes prennent le problème à bras-le-corps et corrigent le tir sur les rémunérations. Dans le même esprit, l’écart salarial en valeur absolue recule, de 3,7 % en 2022 à 2,6 % en 2023. On note aussi un rapprochement entre l’Île-de-France et la province, les disparités régionales se tassant doucement.
Pour creuser le sujet, le livre du collectif Les Glorieuses, a l’origine de l’operation du 6 novembre.
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Sauf que voilà, il ne faut pas se réjouir trop vite. Quand on regarde l’écart global, toutes situations confondues, les femmes gagnent toujours en moyenne 15,4 % de moins que les hommes. 15,4 %, ce n’est pas un détail comptable, c’est une différence qui se ressent sur une fiche de paie, sur une carrière entière, et plus tard sur le montant des retraites. Le chemin restant à parcourir est encore long.
Ces deux lectures cohabitent : oui, les indicateurs s’améliorent à la marge, et non, on n’y est pas du tout. Le tassement des chiffres ne doit pas servir d’excuse pour relâcher l’effort. Tant qu’une date comme le 6 novembre a un sens, c’est qu’il reste du boulot. L’égalité de salaire pour un travail égal, sur le papier tout le monde est d’accord. En pratique, on en est encore à compter les jours où les femmes bossent pour rien.
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