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Patrick Melrose, mini-série immanquanble

Posté par MaryCherryTree 12 août 2018 0 commentaire

Synopsis: Coureur de jupons alcoolique et narcissique, Patrick Melrose est un pur produit de l’aristocratie britannique. Cet homme aux tendances schizophrènes et suicidaires a connu une enfance privilégiée mais profondément traumatisante, au sein d’une famille pour le moins dysfonctionnelle. Le décès de son père tyrannique va très vite faire remonter à la surface de pénibles souvenirs…

Avec : Benedict Cumberbatch, Jennifer Jason Leigh, Hugo Weaving

 

Si cette série est passée sous la majorité des radars des série-philes français, c’est parce que c’est un véritable OVNI à la fois difficile à résumer et difficile à commenter.  Et pour cause : elle soulève des problématiques très sérieuses à travers un scénario alambiqué voire extrêmement trouble.

Derrière cette écriture remarquable se cache deux plumes : la première est celle de EdwardSt Aubyn, romancier anglais ayant publié les cinq romans dont cette série est l’adaptation. Ensuite, l’immense David Nicholls (connu pour des ultra bestsellers comme One Day ou Starter For Ten – dont je vous recommande vivement la lecture) est venu adapter ces quelques 900 pages pour 5h sur le petit écran : et paf, ça fat des Chocapics ! Enfin, des Chocapics en version très élaborée tout de même, car la série ne lésine pas sur les dialogues obscurs, les retours en arrière et les ambiguïtés en tout genre !

Benedict Cumberbatch est, sans surprise, très à l’aise avec les monologues névrosés littéraires du jeune Patrick. Il virevolte, il hurle, il pleure, il déclame de longs textes avec une aisance si déconcertante qu’on en oublie souvent que Patrick Melrose n’est en fait qu’un personnage de fiction. Décidemment, Cumberbatch est un acteur d’exception : dommage que peu de scénarios lui étant proposés soient à sa hauteur. Et pourtant, il existe peu de personnages aussi complexes à jouer que Patrick Melrose ; à la fois dépressif et narcissique, sarcastique et profondément sensible, le portrait de cet homme torturé est profondément troublant.

(cette bande annonce reflète très mal l’ambiance proéminente de la série et met l’accent sur ses quelques passages humoristiques – sûrement une manière d’attirer le grad public)

Nous suivons Patrick à travers trois étapes clés de sa vie : son enfance, hantée par un père terrifiant et violent (qu’Hugo Weaving interprète à la perfection, il fait froid dans le dos !) ; sa jeunesse passée dans l’infernal tourbillon de l’héroïne et du whisky ; et enfin son âge mûr jalonné d’épisodes dépressifs et de regrets. Il s’agit d’un portrait à la fois douloureux et rempli d’espoir, si bien qu’en le visionnant on hésite constamment entre le sourire et les larmes. Mais il s’agit, avant tout, d’une réflexion d’une incroyable justesse sur l’addiction et tous les chemins pouvant y mener.

ATTENTION CEPENDANT : Il s’agit d’un drame psychologique abordant des thèmes très durs de manière frontale, dont le viol, l’addiction, le suicide et la dépression. Âmes sensibles s’abstenir !

Vous l’aurez compris : je trouve que cette série est une véritable pépite ! A la fois dérangeante, intelligente, et profondément touchante, elle m’a totalement transportée. Le format « mini-série » (cinq épisodes d’un peu plus d’une heure chacun), que j’affectionne de plus en plus, fonctionne à merveille. Et, cerise sur le gâteau, la BO est sublime ! Il s’agit, en somme, d’une belle façon d’agrémenter intelligemment une journée pluvieuse en cette fin de mois d’août.

10/10

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