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Le roman de la semaine : Lavinia

Posté par Loupche 7 octobre 2017 0 commentaire

Le roman Lavinia, écrit par Ursula K. Le Guin en 2008 et traduit en France en 2011, mérite vraiment d’être lu ! L’auteure est américaine et reconnue dans le milieu littéraire depuis les années 1960. L’histoire de son roman se passe aux alentours du douzième siècle avant notre ère et parle de Lavinia, fille de Latinus, roi des Latins, et de sa ferveur à réaliser son destin. Le roman s’inspire librement des derniers poèmes de L’Enéide de Virgile, oeuvre classique fondamentale et référence importante encore trois millénaires après son écriture. Ne sois pas découragé.e, moi non plus je n’ai pas lu L’Enéide ! Par contre, j’ai adoré Lavinia, et je te donne ici ses grands points positifs, et son petit point négatif.

Points positifs :

– Il n’est pas nécessaire de lire Virgile pour comprendre Lavinia. Très accessible, le roman rend le monde semi-mythologique de Virgile facile à décrypter pour les profanes qui n’y connaissent rien à l’histoire antique — comme moi.

– L’intention de base du roman est en soi un point positif : donner de la place à une femme de L’Enéide qui n’occupe pas beaucoup d’espace. De quelques lignes d’un vieux poète illustre, une auteure écrit sur une femme. Si c’est pas #GirlPower ça, je vois pas ce que ça peut être.

– Lavinia est quand même une sacrée badass, fille de roi puis reine puis mère de roi, liseuse d’oracles, aventurière, d’un caractère doux comme c’est attendu d’une femme de son rang, mais faussement docile. Merci à l’agréable première personne du singulier qui nous donne l’impression de l’écouter nous raconter sa vie.

– Le récit accroche, il y a du suspens, de l’intrigue, on veut savoir la suite. On décrypte avec elle les oracles, on voit avec elle une armée marcher sur la ville de son père, on la voit traverser les épreuves de son destin, etc.

– Le monde de Lavinia est semi-imaginaire et donc semi-réel. La postface détaille un peu plus les libertés que l’auteure s’est permises en s’éloignant de Virgile pour être plus en accord avec les découvertes des archéologues, et vice-versa. Donne un mélange agréable et confortable d’une intrigue à moitié mythique, dans une région de l’Italie actuelle fidèle à la description.

Point négatif :

Est-ce le fait de la traduction française ou de l’écriture de l’auteure, mais certaines envolées lyriques intégrées dans l’intrigue semblent en trop. Cela ressemble parfois à un hommage à Virgile un peu loupé, une tentative d’être un poème alors que Lavinia est un roman. Ces quelques passages ne m’ont pas empêchée d’accrocher, mais m’ont tout de même repoussée lors des premiers chapitres, où l’on ne sait pas trop ce que l’on est en train de lire et s’il y a un but dans l’écriture. Le dernier paragraphe du livre m’a un peu déçue pour ces mêmes raisons.

Note finale : 7/10. Un très bon roman qui donne envie de tourner les pages, mais dont on aperçoit malheureusement les maillages censés être invisibles après le polissage final de l’écriture. Sans vouloir être trop lyrique.

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