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Ceci est mon sang : une histoire des règles par Elise Thiébaut

Posté par Ju le Zébu 10 mai 2018 0 commentaire

Ragnagnas, ourses, les Anglais qui débarquent, periods, ses jours, coquelicots… Le champ lexical développé pour désigner ou plutôt ne pas désigner directement les menstruations féminines est riche et varié. Pourtant, les règles ne sont rien d’autre qu’un phénomène biologique quasi mensuel pour la moitié de l’humanité. Pas facile d’en parler à n’importe qui et de demander un tampon à voix haute… Elise Thiébaut, journaliste et féministe revient dans son livre Ceci est mon sang sur sa vie de femme réglée et nous présente sous toutes ses coutures l’histoire des règles aujourd’hui.

Elise Thiébaut

Le travail d’Elise Thiébaut est très bien documenté et se révèle être une mine de sources inédites pour certaines (comme le musée virtuel des menstruations) et passionnantes de manière générale.

L’ensemble du récit est assez facile à lire parce qu’il n’est pas miné de termes techniques sans pour autant être creux. L’auteure traite d’une bonne quantité d’aspects des menstruations, allant des origines du tabou qui est semble-t-il universel, en passant par le business juteux des protections hygiéniques, jusqu’au potentiel médical des règles étudié aujourd’hui (futur business juteux?), le tout démystifiant les règles. En prenant sa propre vie menstruelle comme squelette de son récit, elle revient à la fois sur les débuts de la vie réglée, l’équilibre à trouver avec la contraception, mais aussi la ménopause. Son témoignage se concentre également sur l’endométriose dont elle a souffert presque toute sa vie, l’incapacité des services médicaux à la soigner correctement dans les années 90 où la maladie ne porte pas encore vraiment de nom et les difficultés que celle-ci à engendrer pour concevoir un enfant.

La seule critique que je puisse faire à ce livre sont les références très fréquentes à la vie familiale de l’auteure, qui sans vouloir la froisser, n’est pas la raison pour laquelle j’ai acheté son travail. Cela permet sans doute de construire un cadre précis et d’apporter un peu de légèreté. Cependant, combinées aux nombreuses remarques, voire opinions politiques, la lecture devient par moment un peu lourde à mon goût, alors que cela ne me semble pas nécessaire pour traiter ce sujet qui ce suffit à lui-même.

La publication et le succès éditorial de ce livre est, je l’espère, le signe d’une amorce de changement dans l’opinion publique.

Un livre qui devrait être lu et partagé par celles qui les ont et ceux qui pensent en faire les règles.

Ceci est mon sang : petite histoire des règles de celles qui les ont et de ceux qui les font, Elise Thiébaut, La Découverte, 2017, 16€

https://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du-soir-avec-rene-frydman/les-discussions-du-soir-avec-rene-frydman-mardi

Quelques activistes du sang menstruel : https://www.bustle.com/articles/150117-7-badass-menstrual-activists-you-need-to-know-about

Musée virtuel des menstruations : http://mum.org/

Arts et LittératureBien-êtreCultureQuotidien

5 livres pour personnes anxieuses

Posté par Loupche 8 mai 2018 0 commentaire

Le soir, je suis tellement sensible que je ne peux même pas lire Harry Potter avant de me coucher si je veux réussir à m’endormir. Malgré cela, j’ai toujours eu des livres de chevet dont la lecture visait à me détendre et doucement me bercer jusqu’à l’arrivée du marchand de sable, que ce soit au début de la nuit ou pendant une insomnie.

Pour les personnes anxieuses, la tombée de la nuit est souvent un moment difficile, et la transition vers le sommeil encore plus. Le sommeil étant l’expérience la plus proche de la mort que nous ayons, les personnes sujettes à l’anxiété et l’angoisse ont tendance à avoir du mal à s’endormir. C’est mon cas ! Et c’est pour ça que je te propose ici cinq livres qui m’ont beaucoup aidée et que je garde toujours dans les tiroirs de ma table de nuit.

 

La Sérénité de l’Instant — Thich Nhat Hanh

Si tu devais ne retenir qu’un seul livre de tout cet article, ce serait celui-ci. Au-delà du fait que c’est le plus court et le moins cher, c’est aussi celui au plus grand potentiel détente. Les mots simples de Thich Nhat Hanh sont un baume au coeur. Ce livre t’aide à te reconnecter à la beauté de la vie, à ton souffle et te guide vers l’essentiel. C’est un livre d’une grande douceur qui n’a jamais déçu personne (en tout cas pas les ami.e.s à qui je l’ai recommandé) !

Le Pouvoir du Moment Présent — Eckhart Tolle

Ce livre est très connu et reconnu dans le champ du « développement personnel » (j’aime pas ce terme mais comme ça tu vois de quel genre de littérature je parle). Il nous apporte les clés d’une vie sans souffrance car entièrement connectée à l’instant présent. C’est un livre assez dense, qui peut être lu un nombre incalculable de fois. Eckhart Tolle y transmet son expérience de suicidaire qui, au moment où il était sur le point d’en finir, a été frappé d’un éclair d’illumination qui a changé sa vie à jamais. Il nous offre d’autres chemins pour y parvenir.

La Peur — Thich Nhat Hanh

Plus ciblé sur la gestion des émotions, ce livre regorge d’exercices, de textes à réciter, de méditations pour traverser la peur. Il se veut très pédagogique et nous fait nous sentir moins seul.e.s dans les moments de détresse. Entre autres, ce livre aborde des questions comme l’apprivoisement du concept de mort, l’acceptation des difficultés de la vie et le non-attachement aux émotions qui nous traversent.

La Purification des Chakras — Doreen Virtue

Comme l’indique le titre, ce livre est bien plus centré sur le nettoyage de nos chakras par la visualisation et la méditation. Excellent guide pour un.e débutant.e en la matière, ce livre nous offre une grande quantité d’images réconfortantes, avec force couleurs, anges, archanges et divinités. Il est vendu avec deux méditations audios, une à écouter le matin et une autre le soir, dont je ne me sépare plus depuis bientôt 5 ans !

L’Athérapie du Coeur — Martine Régis

Là, c’est encore un autre niveau. Le centre de ce texte est l’égo, ou plutôt comment faire pour qu’il ne contrôle plus notre vie. L’écriture en elle-même de ce livre vise à se détacher des carcans de l’égo. En effet, la forme est très libre et le rythme des phrases invite au lâcher-prise. C’est une excellente lecture pour un esprit à demi-endormi, permettant à l’inconscient de recevoir directement les enseignements.

CultureTests

Quel.le professeur.e de Poudlard êtes-vous?

Posté par MaryCherryTree 19 avril 2018 0 commentaire

Malgré les apparences, Poudlard est avant tout une école où l’éducation magique des élèves occupe une place centrale. Métamorphose, potions, botanique ou encore soin des créatures magiques sont des cours qui ont fait rêver plus d’un enfant Moldu… Mais ces enseignements sont dispensés par des enseignant.e.s aux compétences variables; certains sont des modèles de pédagogie  et d’autres transforment des élèves en belette pour les punir, voire s’amusent à en traumatiser certain.e.s. Et vous, quel.le professeure de Poudlard êtes-vous?

Votre ami.e part en vacances et vous charge d’arroser ses plantes pendant son absence ; les explications sont très longues et très complexes. Vous :
Suivez tout à la lettre, pas question de tuer ces magnifiques fougères !
A
Mettez un peu d’eau avec l’arrosoir chaque jour, mais n’appliquez pas les consignes plus complexes : c’est pas en 5 jours que vous allez les tuer
B
Passez plus de temps à prendre en photo et poster sur les réseaux sociaux cette magnifique collection botanique qu’à vous en occuper
C
Laissez totalement tomber ; si les plantes devaient survivre, elles survivront bien sans vous.
D
Au petit déjeuner vous êtes plutôt:
Pancakes et fraises
C
Pain brun et margarine
B
Tasse de thé et fruits secs
D
Graines germées et muesli
A
Votre frère, 6 ans, artiste improvisé, décide de « restaurer » votre tableau préféré mais le ruine totalement à coups de Crayola .
Vous le punissez immédiatement, il faut qu’il apprenne la conséquence de ses actions
D
Vous lui adressez un large sourire et laissez tomber la discipline ; à cet âge là c’est normal qu’il ait besoin de s’exprimer !
C
Vous lui expliquez calmement pourquoi cela vous a tant mis en colère, sans pour autant chercher à le culpabiliser.
A
Comme il fait ce genre de bêtises chaque jour, vous baillez un grand coup et passez à autre chose.
B
Votre friandise préférée, c’est :
Les Tic Tac, parce que c’est pas trop sucré !
B
Le réglisse, parce que ça a un goût fort !
D
Les Schtroumpfs, parce que c’est coloré !
C
Les bonbons artisanaux au miel, pour leur bon goût naturel !
A
Un vif débat est lancé dans votre groupe d’ami.e.s sur la date de naissance exacte de Benoît Hamon :
Vous cherchez la réponse sur internet et en profitez pour leur lire à voix haute la page Wikipédia toute entière
B
Vous demandez la réponse à vos nombreux fans sur Twitter/Snapchat/Instagram
C
Vous refusez d’admettre que vous avez tort, après tout vous avez toujours raison c’est bien connu
D
Vous ne prenez pas part au débat, et attendez patiemment que la conversation porte sur quelque chose de moins polémique.
A
Alors que vous faisiez les courses, votre petit.e ami.e glisse sur une feuille de salade et fait une chute spectaculaire.
Vous rigolez sans réussir à reprendre votre souffle : jamais vu une chute aussi ridicule !
D
Vous lisez attentivement votre contrat d’assurance de responsabilité civile il y a sûrement un chapitre sur les chutes là-dedans.
B
Vous vous penchez avec inquiétude et lui demandez comment il/elle va ; quelle frayeur !
A
Vous prenez un selfie avec votre bien aimé.e assis par terre en arrière-plan, pour faire rire vos potes sur Whatsapp
C
Si vous adoptiez un animal, ce serait :
Un poisson, ça ne fait pas de bruit et c’est facile à entretenir
B
Un petit chat, c’est tellement adorable
D
Un chien, qui vous aimerait plus que tout et serait votre meilleur ami
C
Un lapin, que vous pourrez nourrir exclusivement de crudités et câliner toute la journée
A

 

Vous avez une majorité de A : Vous êtes le professeur Chourave

Professeure de botanique à Poudlard et directrice de la maison Poufsouffle, vous êtes un parfait mélange entre bonté et fermeté de caractère ! Les élèves vous apprécient beaucoup, vos collègues également, mais c’est peut-être parce que vous ne vous faites pas trop remarquer. Enfermée dans vos serres au fin fond du parc de Poudlard, il serait peut-être temps de sortir de votre bulle et de vous confronter avec la vie du château, vous ne trouvez pas ? Alors cessez de manger des graines et essayez de vous imposer un peu plus.

Trois fois par semaine, ils étudiaient les plantes dans les
serres situées à l’arrière du château, sous la direction d’une petite sorcière joliment potelée qui s’appelait le professeur Chourave.

Vous avez une majorité de B : Vous êtes le professeur Binns

Vos cours d’histoire de la magie sont d’un ennui tellement mortel, que vous êtes vous-même décédé lors d’un d’entre eux sans même vous en rendre compte. Désormais enseignant-fantôme, vous faites subir à vos élèves des heures d’explications sur des sujets qui, soyons honnêtes, n’intéressent que Hermione Granger. Lorsqu’on vous entend parler, on a directement envie de s’endormir ; essayez de rire un peu, de parler de choses intéressantes et, qui sait, vous parviendrez peut-être à tenir vos proches éveillés !

Les cours les plus ennuyeux étaient ceux d’histoire de la magie qui était enseignée par le seul professeur fantôme du collège. Alors qu’il était déjà très vieux, le professeur Binns s’était endormi devant la cheminée et quand il s’était levé le lendemain matin pour aller faire sa classe, il avait laissé son corps derrière lui. Binns parlait sans cesse d’une voix monocorde tandis que les élèves griffonnaient des noms de sorciers célèbres en confondant Emerie le Hargneux et Ulric le Follingue.

Vous avez une majorité de C : Vous êtes le professeur Lockhart

Star dans le monde des sorciers, et surtout dans celui des sorcières, et remplaçant à Poudlard comme professeur de défense contre les forces du mal pendant une courte année, votre atout majeur est votre sourire Colgate. Mais derrière ces dents parfaites se cache un personnage superficiel, pas franchement malin, et dont le seul objectif est d’augmenter sa propre popularité. Lâchez un peu ce smartphone, arrêtez de chercher la validation d’autrui sans arrêt, car croyez-moi ça risque de mal se terminer ! (Si vous ne me croyez pas, allez faire un tour à St Mungo)

Un petit conseil, reprit Lockhart, dédicacer des photos à ce stade de ta carrière, ce n’est pas très raisonnable. On va dire que tu as la grosse tête, si tu veux mon avis. Le jour viendra peut-être où, comme moi, tu auras besoin d’avoir toujours des photos dans ta poche, mais je crois que tu n’en es pas encore là, ajouta-t-il avec un petit rire entendu.

Vous avez une majorité de D : vous êtes le professeur Ombrage

C’est facile : tout le monde vous déteste.

Avec sa silhouette trapue, sa grosse tête flasque sur un cou quasi inexistant, sa bouche large et molle, elle ressemblait à un gros crapaud blanchâtre, pensa-t-il. Ses grands yeux ronds sortaient légèrement de leurs orbites et le petit nœud de velours noir perché sur ses cheveux courts et bouclés avait l’air d’une grosse mouche qu’elle s’apprêtait à attraper d’un coup de langue visqueuse.

 

PS: Je sais que vous espériez tous secrètement obtenir le résultat « Professeur McGonagall »

Arts et LittératureCulture

« Le Sel de la vie » de Françoise Héritier, ces petits riens qui font tout

Posté par Gomasio 14 avril 2018 0 commentaire

Françoise Héritier est une éminente anthropologue, ethnologue et féministe française. Née en 1933, elle fut la deuxième femme à devenir professeur au Collège de France. En 1980 elle devint directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Son champ de recherche sociale porte notamment sur la domination masculine, les systèmes de parenté et la prohibition de l’inceste.1 Ses deux livres Masculin Féminin I, La pensée de la différence ; II, Dissoudre la hiérarchie sont très célèbres dans la littérature féministe. Françoise Héritier est morte le 15 novembre 2017, le jour de ses 84 ans.

Dans son livre Le Sel de la vie parut en 2012 chez Odile Jacob, Françoise Héritier sort du champ intellectuel pour nous offrir un témoignage sur ce qui fait pour elle le « sel de la vie » sous forme de monologue intime léger. Selon ses propres mots, elle n’a « pas eu l’intention d’écrire un livre de sagesse ni d’aphorismes ».2

Françoise Héritier nous fait part dans la présentation du livre des motifs de son écriture. Pendant l’été, elle reçoit une carte de vacances depuis l’Écosse d’un ami grand professeur, spécialiste des maladies auto-immunes, sur laquelle il est inscrit « une semaine volée ». Ce professeur de médecine, comme elle nous l’indique, passe l’écrasante majorité de son temps à travailler malgré son âge, et s’excuse de prendre du temps pour lui. C’est en lui répondant, presque agacée de la culpabilité dont il fait preuve de prendre du temps pour vivre, qu’elle rend compte phrase par phrase sur tout ce qui rend sa vie singulière. Le livre n’est ainsi composé que d’énumérations de phrases infinitives. « chuchoter au téléphone » ;« prendre des rendez-vous des années à l’avance » « admirer les belles glycines de maisons particulières à Redon »…

C’est un livre qu’il faut prendre le temps de lire car le style saccadé peut être déroutant voire lassant et pourtant chaque expression mérite que l’on s’y attarde. Certaines ne peuvent être connues que d’elle ou presque car elles font référence à son travail d’ethnologue sur le terrain « sortir sur le tarmac à la saison des pluies à la nuit à Niamey et sentir l’odeur chaude et épicée de la terre africaine », d’autres nous sont familières « humer avec bonheur l’odeur du foin fraîchement coupé », certaines sont franchement drôles « identifier des instruments dont on ignore l’usage », ou poétiques « apprécier la qualité du silence après une orgie de bruit ».

Qu’est-ce qu’avoir le goût de la vie ? C’est peut-être ce que ce livre tente de nous apprendre : repérer ces moments très fugitifs de grâce dont on se souvient et que l’on retrouve tout au long de notre existence. Le Sel de la vie est une invitation à se rendre présent à l’instant, à nous, aux autres. Une invitation à embrasser la vie, en étant à l’écoute permanente de nos sens, à l’affut de nos émotions et pourquoi pas une invitation à faire à notre tour la liste de ce qui donne cette saveur particulière, unique à notre passage sur Terre.

Si son intention première n’était pas d’écrire un livre de sagesse, c’est définitivement plus sage que nous sortons de cette lecture. À lire et à méditer.

 

 

1https://www.franceculture.fr/personne-francoise-heritier

2https://www.youtube.com/watch?v=wCOaXMNx4eg

CultureSériesTests

Test – Love ou Lovesick, quelle série choisir ?

Posté par Loupche 10 avril 2018 0 commentaire

Les deux séries Netflix ont sorti leur troisième saison début 2018. Love et Lovesick sont deux séries qui traitent du même thème (ndlr : l’amour, au cas où t’aurais pas compris), mais de deux manières complètement différentes. Tu ne connais pas ces deux séries, ton coeur balance, tu aimerais en commencer une mais tu ne sais pas laquelle ? Ce questionnaire est pour toi !

Tu penses que la vie c’est :
Une succession d’épreuves, c’est difficile, mais tout prend sens finalement.
A
Une succession de moments gênants et on essaie de se dépatouiller avec tout ça et c’est pas forcément facile.
B
Quel lieu choisir ?
Los Angeles baby, forever and always !
B
Moi c’est l’Angleterre, la verdure, les bus à étages rouges et tout le tintouin.
A
Les personnages, tu les veux :
Attachants, adorables, tu voudrais les croquer.
A
Attachiants, ils sont saoûlants mais tu adores leurs défauts.
B
Est-ce que les héro.ïne.s doivent être sexys ?
Oui, oui, oui et oui.
A
Euh c’est pas du tout important le physique, l’important c’est ce qu’il y a à l’intérieur.
B
Dans une série, tu cherches :
La définition d’une série c’est que c’est pas la vraie vie, je veux de l’édulcoré, tout se résout, la vie est belle.
A
Du réalisme, faut qu’il y ait des galères insolvables, des situations reloues du quotidien, on veut du vrai.
B
L’ambiance tu la veux :
Positive, les séries c’est pour dédramatiser, faut du peps et de la joie !
A
Comme la vie, des montagnes russes, et la niaiserie non merci.
B
3 saisons, c’est :
Grandement assez, j’ai un travail moi !
B
Pas du tout assez, plus, plus, toujours plus !
A

 

Tu as une majorité de A :

Lovesick !
Tu veux de la positive attitude, des personnages attachants et sexys, fonce regarder Lovesick ! C’est l’histoire de Dylan, britannique de la tête aux pieds, qui apprend qu’il a les chlamydiae et doit retrouver toutes les filles avec qui il a couché pour les prévenir. Dans cette aventure, il est accompagné de son meilleur ami Luke et de sa meilleure amie Evie. Plein de sentiments se mélangent à tout ça, et c’est super chouette.

Tu as une majorité de B :

Love !
Les réalisateurs eux-mêmes disent de leur série que c’est une « comédie romantique dysfonctionnelle ». Ça marche pas comme sur des roulettes, Mickey et Gus galèrent à se trouver et à s’aimer au rythme des sorties à Los Angeles et de leurs vies professionnelles particulièrement intéressantes.

 

Arts et LittératureCinémaCultureRecettes végétales

Fêter le printemps : Un livre, un film, une recette.

Posté par MaryCherryTree 6 avril 2018 0 commentaire

Les oiseaux chantent au petit matin, les jours s’allongent, les chocolats de Pâques vous font prendre quelques kilos et le pollen vous fait éternuer à longueur de journée : pas de doute possible, Dame Nature s’est réveillée et le printemps est parmi nous ! Pour fêter cette période du renouveau et des couleurs pastel, je vous propose un petit programme tout simple : Un livre, un film, et une recette.

 

 Un livre : Don Quichotte de Cervantès.

Le printemps, c’est l’âge des possibles. Avec le retour du soleil, vous faites un grand ménage et vous prenez de nombreuses résolutions : et si l’une d’elles était de vous (re-) plonger dans cet immense classique ? En près de 900 pages, ce chef d’œuvre a révolutionné la littérature européenne ; rien que ça ! Publié pour la première fois en 1605, Don Quichotte (ou L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche) est une parodie du roman chevaleresque qui était alors très à la mode, et des mœurs médiévales que transmettaient ces derniers. Le personnage principal, Alonso Quichano, est obsédé par les livres de chevalerie, qu’il collectionne de manière obsessive. Si bien que, consumé par son idéal romanesque, il s’invente une personnalité : il devient le Chevalier Don Quichotte, prend un écuyer (le paysan Sancho Panza), et sillonne les terres espagnoles sur un vieux cheval, Rossinante, qu’il prend pour un noble destrier…

Si ce roman me paraît particulièrement adapté à l’ère printanière, c’est parce qu’il offre à ses lect.eur.rice.s une belle réflexion sur l’imagination et sur les possibles. Certes, se lancer dedans n’est pas facile : mais une fois rentré dedans, vous verrez, il est difficile de s’en décrocher ! On a parfois du mal à croire que les mots ont près de 420 ans tant le propos est moderne ; et on s’attache très fortement à Don Quichotte qui représente toujours pour moi, à ce jour, un des personnages romanesques les plus fascinants du monde littéraire.

Que Dieu me protège! s’écria  Sancho, n’avais-je pas prévenu Votre Grâce de bien prendre garde? Ne l’ai-je pas avertie que c’étaient des moulins à vent et que, pour s’y tromper, il fallait en avoir d’autres dans la tête?

Sancho Panza à Don Quichotte , Livre III

 

Béni soit celui qui inventa le sommeil !

Don Quichotte, Livre II

Un film: La Vie aquatique (Wes Anderson)

Prenez des décors (trop) vifs, ajoutez une aventure rocambolesque, et une parodie de Jacques Cousteau, saupoudrez d’une bonne dose d’absurde et vous aurez La Vie aquatique, The Life aquatic with Steve Zissou en VO,  de Wes Anderson. Avec le formidable (et cultissime) Bill Murray incarnant Steve Zissou, mais aussi d’autres grands acteurs comme Cate Blanchett et Jeff Goldblum, ce film totalement décalé vous emmènera dans les tréfonds de l’univers andersonien. Steve Zissou est un océanographe tombé en désuétude, et qui décide de retrouver sa célébrité en poursuivant un requin-jaguar qui aurait dévoré son partenaire et ami Esteban de Plantier. Accompagné d’un groupe hétéroclite, il s’engage dans une folle épopée maritime. Ce n’est pas facile de trouver des mots pour qualifier ce film, parce qu’il est à la fois totalement absurde, mais il pose aussi des questions sur de réels sujets comme la famille et la célébrité, tout en dressant une satire très juste de Jacques Cousteau… Bref un OVNI cinématographique, rafraîchissant, drôle, parfait pour le printemps !

 

Le petit plus: Une BO quasi-entièrement constituée de reprises en portugais de chansons de David Bowie!

Une recette : Gnocchis aux pois gourmands et aux oignons

Alliez un grand classique de la cuisine italienne avec un légume de saison trop méconnu, pour un véritable moment de plaisir gustatif !

Ingrédients (pour 4 personnes) :

500g de gnocchis

600g de pois gourmands (une grosse poignée)

Un oignon rouge

De la sauce tomate nature

Du basilic frais

Huile, poivre, sel.

 

Préparation :

  • Préparez les pois gourmands : coupez les petites queues, enlevez les évetuenls fils sur la tranche des cosses, et lavez-les à l’eau claire. Ne les écossez pas ! L’enveloppe se mange tout à fait.
  • Faites bouillir les pois gourmands dans une large quantité d’eau, pendant 5-10 minutes.
  • Pendant que vos pois cuisent, coupez très finement l’oignon rouge et faites le revenir dans une grande poêle avec beaucoup d’huile d’olive (personnellement, je rajoute souvent un peu de sucre pour les faire caraméliser). Lorsque les pois sont cuits, rajoutez les dans la poêle, puis faites cuire à feu très doux.
  • En utilisant la même eau que pour les pois gourmands, faites bouillir vos gnocchis, entre 3 et 5 minutes. Une fois cuits et égouttés, mettez les dans la poêle avec les légumes. Recouvrez généreusement de sauce tomate, salez, poivrez, et laissez le tout cuire une dizaine de minute, pour que les gnocchis s’imprègnent de la saveur des légumes.
  • Servez dans un grand plat avec des feuilles de basilic frais. Vous pouvez rajouter un peu de parmesan, ou de l’huile d’olive, ou les deux !

Il ne vous reste plus qu’à déguster et à fêter, en famille, autour d’un bon plat chaud, l’arrivée des beaux jours.

CinémaCulture

La Mort de Staline, camarades, allez au cinéma !

Posté par La Petite Brune 4 avril 2018 0 commentaire

« Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque.Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c’est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée – comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov – la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l’URSS est à portée de main. »

C’est aujourd’hui que sort La Mort de Staline, le nouveau long métrage d’Armando Iannucci.

S’il y a bien des films à ne pas rater, La Mort de Staline en fait définitivement partie ! Pourquoi ? Parce que c’est la comédie satyrique de ce printemps. Tout est réuni, reconstitution historique au top, jeu de haut vol pour les comédiens et dialogues solides !

Armando Iannucci signe ici un film magistral. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas ce réalisateur, on doit à ce réalisateur In the Loop, sorti en 2009 et surtout la série Veep, satire politique qui suit une sénatrice devenue Vice-Présidente !

Mais ce bonbon du 7ème art ne serait pas ce qu’il est sans les comédiens, à savoir Jason Isaacs, Andrea Riseborough, Olga Kurylenko, Steve Buscemi, Rupert Friend, Jeffrey Tambor, ou Richard Brake.

Cette comédie franco-brutanique, adaptée de la BD éponyme de Fabien Nury et Thierry Robin, a tout bon du début à la fin. En effet, elle met en scène tout un esprit absent des salles obscures depuis de années. Ça ne dénonce pas salement mais touche du doigt des faits historiques avec un certain regard satyrique. Mais saviez-vous pour autant qu’à deux jours de sa sortie, le film a été interdit en Russie ? Signe d’une inspiration de faits réels bien réels !

Alors camarades, filez au cinéma (et si vous hésitez encore, allez sur notre compte Twitter, une surprise vous attend !)

Arts et LittératureCulture

Les expressions françaises [2/3]: Petit tour d’horizon de la xénophobie linguistique

Posté par MaryCherryTree 2 avril 2018 0 commentaire

Sans même que nous nous en rendions compte, nos phrases sont truffées d’expressions, et pourtant nous les utilisons souvent sans savoir d’où elles viennent ! Elles en disent long sur l’histoire de la langue française… Voici l’explication de quelques-unes d’entre elles.

La langue est un système complexe très mobile. Elle évolue chaque jour, et s’enrichit peu à peu en fonction de la société dans laquelle elle évolue. Ainsi, elle reflète nos préoccupations, notre culture, nos références… Il est passionnant de se plonger dans l’étude des expressions idiomatiques, figées par le temps, pour pouvoir lire entre les lignes et comprendre leurs racines.

Nous vivons dans une société de frontières et de nations. Les hommes ont tracé des limites à la fois fictives (les traits sur une carte ne justifient pas à eux seuls une frontière) et concrètes (barrières géographiques naturelles, écarts culturels…) et chaque pays a développé son identité propre… Par opposition avec les autres, souvent ! Ainsi, il n’est guère étonnant que, dans notre belle langue française, beaucoup d’expressions exploitent cette différence : quoi de plus simple que d’utiliser ses voisins lorsqu’on veut faire passer un message péjoratif ?

Evidemment, nos victimes favorites sont nos amis les Anglais. Aaah ces rosbifs, nos partenaires dans la plus tumultueuse danse de haine et d’amour que l’histoire n’ait jamais connue ! En 1815, les guerres napoléoniennes ravagent l’Europe toute entière ; les Anglais (qui étaient contre l’envahisseur Napoléon Bonaparte) remportèrent une victoire hautement symbolique à Austerlitz, où ils écrasèrent une bonne fois pour toutes les troupes bonapartistes. Ce souvenir cuisant d’humiliation militaire fut associé à autre chose dont notre société n’aime pas trop parler : les règles ! Ainsi, on utilise l’expressions « Avoir ses anglais » (ou « Les Anglais ont débarqué ») pour dire « avoir ses règles ». Outre l’image d’un événement dont on aime peu parler, ce rapprochement vient aussi de la couleur des uniformes britanniques, qui étaient rouge vif.

Autre expression relativement peu sympathique, « filer à l’anglaise » a une origine assez floue. Il existe trois théories distinctes expliquant sa provenance : certain.e.s affirment qu’il s’agit d’une déformation de l’ancien verbe « anglaiser », issu du français médiéval (donc avant que l’Angleterre prenne ce nom), qui signifiait « voler » ; « anglaiser » aurait subi un glissement de sens et serait devenu « anglaise » par association avec le peuple ayant pris ce nom quelques siècles plus tard. D’autres ont avancé la théorie de la vengeance linguistique : en effet, les Anglais disent souvent « to take French leave », donc pourquoi n’aurait-on pas dit la même chose d’eux ? Enfin, au XVIème siècle, les créanciers étaient souvent appelés « Les Anglais » (car la haine pour le peuple britannique et celle pour les créanciers devaient être comparables) ; « filer à l’anglaise » voudrait donc dire…. S’enfuir avant que le créancier n’arrive ! Quelle que soit son origine exacte, cette expression témoigne elle aussi du profond mépris des Français envers leurs voisins.

Bon, n’exagérons pas, les Anglais ne sont pas les seuls à avoir subi nos foudres linguistiques. Les Grecs ont eux aussi été victimes de nos idées préconçues. Pendant très longtemps, il était monnaie courante d’entendre autour de soi que les Grecs pratiquaient tou.te.s la pédophilie, que « là-bas c’est normal » (je vous rassure : c’est COMPLETEMENT faux). Cette fausse idée vient de l’Antiquité : en Grèce Antique, la pédérastie (une relation, souvent sentimentale et sexuelle, entre un jeune garçon issu d’une bonne famille et un homme plus vieux lui servant de guide et de tuteur, qui était une étape centrale dans l’évolution sociale du jeune homme) était très pratiquée. Ces relations sociales n’avaient rien à voir avec de la pédophilie. Malheureusement, les raccourcis sont très rapidement construits lorsqu’il s’agit de pointer du doigt une bizarrerie fictive chez les autres ; ainsi, lorsqu’on dit « Aller se faire voir chez les Grecs », ça veut dire aller subir une agression pédophile (sous-entendu : et nous foutre la paix). Charmant !

Parmi les très nombreuses expressions françaises se basant sur des nationalités, « Etre une tête de Turc » a une histoire qui sort du lot. A sa naissance au milieu du XIXème siècle, la fête foraine était un véritable fait social en France : elle apparaît comme le miroir des désirs et des fantasmes des français mondains, qui cherchaient à se divertir dans un monde différent du leur. L’une des attractions les plus populaires, et qui est toujours présente aujourd’hui dans nos fêtes foraines 2.0, était le dynamomètre. Mais si vous savez, cette petite machine sur laquelle on frappe avec un marteau et qui prétend mesurer notre force ! Pour conjurer un aspect plutôt mystérieux, et rappeler la mode de l’orientalisme (une fascination pour un Orient fantasmé, apparaissant notamment dans des œuvres littéraires et picturales) qui était la fureur du moment, les forains ont forgé la partie à frapper pour qu’elle représente une petite tête d’homme portant un ruban : un Turc, tel qu’on se les représentait à l’époque. Ce peuple avait, depuis les Croisades (et oui, les Français sont rancuniers !), l’image d’une nation barbare et cruelle… La « tête de Turc » est donc devenue, littéralement, la chose sur laquelle on aime frapper !

 

Chaque expression est riche de sens : « parler français comme une vache espagnole », « être bon comme la romaine », « être saoul comme un polonais » (bon ok pour celle-ci l’origine n’est pas très difficile à trouver)… Il en existe des centaines ! Si le sujet vous intéresse autant que moi, je vous invite à vous procurer le Larousse des Expressions et Locutions Françaises: c’est une véritable bible, dans laquelle j’ai tendance à me perdre pendant des heures ! Et sinon, il y a évidemment mon autre article à ce sujet que vous pouvez consulter ici.

 

CultureSéries

4 séries pour se remettre de la fin de Friends

Posté par MaryCherryTree 23 mars 2018 0 commentaire

Il y a 14 ans, l’humanité a vécu un drame terrible. Notre bien aimée Friends, vieille compagne toujours prête à améliorer votre journée avec ses 25 minutes de pur bonheur, ne fut plus des nôtres. Après 10 saisons, 240 épisodes et 5280 minutes, Ross, Rachel, Monica, Phoebe, Joey et Chandler qui étaient devenu.e.s vos meilleur.e.s ami.e.s, viennent soudainement de disparaître. Vous vous trouvez désespérément orphelin.e de série de ce format-là, et qui vous mettra un peu de baume au cœur ? Pas de panique ! Suivez-moi et tout ira bien.

 

  • La plus générationnelle : Girls

Ecrite, crée, et jouée en grande partie par la fabuleuse Lena Dunham, Girls est un portrait de notre génération. A travers 6 saisons, et seulement 64 épisodes de 20 minutes, on suit l’épopée de Anna à travers une grande épreuve : l’entrée dans l’âge adulte. Ami.e.s étudiant.e.s, jeunes adultes : cette série est pour vous ! Tout le monde entre 18 et 25 ans peut s’y reconnaître. C’est très drôle, plutôt tendre, et, petit plus,  Lena Dunham est connue pour son féminisme militant qui transparaît dans ses dialogues. L’ambiance un peu décalée ravira les cinéphiles parmi vous.

 

  • La plus décalée : Love

Envie de rire un bon coup ? De vous moquer des comédies romantiques toutes mielleuses toutes niaises ? Love est faite pour vous ! Ce petit bébé choyé de Netflix (qui a accepté de faire trois saisons alors que le taux de visionnage ne les a absolument pas rentabilisées) vient juste de se terminer. On y suit l’histoire d’amour/d’amitié plutôt bancale entre Gus et Mickey, deux trentenaires paumés à Los Angeles, qui se rencontrent par hasard un matin dans un supermarché. Leurs deux points communs ? Ils viennent de se faire larguer, et possèdent le même tapis. Je vous laisse découvrir la suite ! Avec son humour complètement décalé et ses personnages très attachants, Love a a vraiment été une de mes séries coup de cœur.

 

  • La plus culte : Freaks and Geeks

Une série que vous connaissez évidemment sur le bout des doigts car vous avez lu mon article à son sujet. Petite précision : Freaks and Geeks, Love, et Girls ont toutes les trois été co-produites par Judd Appatow ; un bon gars !

  • La plus fun: Girlboss

Basée sur le best-seller de Sophia Amoruso, Girlboss est une série parfaite pour un moment de détente intellectuelle. Pas besoin de réfléchir pour passer un bon moment devant ! Suivez les déboires de Sophia, jeune femme qui ne supporte pas de suivre les règles de la société et qui passe de job pourri en job pourri ; passionnée par les vêtements, elle décide de lancer son propre site de fripes… Et ça marche très bien. Avec son rythme effréné, ses répliques cinglantes, et sa jolie B.O, Girlboss fait beaucoup de bien au moral !

 

Evidemment, il y a aussi The Big Bang Theory et How I met Your Mother. Mais ces séries laissent à désirer, autant en terme d’originalité que de qualité… Il vaut mieux se tourner vers des créations plus authentiques et réellement drôle !

Arts et LittératureCultureFéminisme

« La femme gelée » un roman féministe

Posté par Gomasio 16 mars 2018 0 commentaire

Annie Ernaux est née le 1er septembre 1940. Professeure de lettres, son œuvre littéraire, pour l’essentiel autobiographique, entretient des liens étroits avec la sociologie.1 Publié en 1981, La femme gelée est son troisième roman.

On raconte que ce livre a été pour de nombreuses féministes « un déclic » et pour cause. Il traite du sujet de la domination masculine sous tous ses aspects et notamment l’intériorisation inévitable par les femmes de leur rôle dans la société.

Le roman, autobiographique, est écrit par une femme mariée à un cadre, mère de deux enfants, alternant entre deux métiers celui d’enseignante et celui de femme au foyer. Une femme comme la plupart en quelque sorte. Pourtant rien ne la destinait à être « comme les autres ». À moins que…

Dans sa famille, rien ne fonctionne comme on pourrait l’imaginer dans les années 40. Sa mère, épicière, travaille comme une acharnée, fait la compta, et n’a sûrement pas le temps pour s’occuper de la maison et de la cuisine. Son père, très attentionné, adore jardiner, il fait la vaisselle, la cuisine et c’est toujours lui qui attend sa fille, un peu en retrait des mères des « autres », devant la grille de l’école.

Sa mère lui donne très jeune le goût de la lecture, de l’aventure. Non, tu ne finiras pas en petite fée du logis ma fille, les études avant tout. Ça tombe bien, l’école lui réussit plutôt bien. « Naïveté de ma mère, elle croyait que le savoir et un bon métier me prémuniraient de tout, y compris le pouvoir des hommes ».

C’est aussi là, à l’école des filles, qu’elle rencontre « les autres ». Celles dont les mères passent leurs journées à récurer l’intérieur de leur foyer, à préparer à manger pour les pères qui vont rentrer du travail. C’est là qu’elle découvre le rôle qui lui est assigné par son genre « les petites filles sont des êtres doux et faibles, inférieurs aux garçons ».

Mais cette idée d’infériorité ce n’est pas son monde encore, elle ne sera pas comme ça, toute jeune déjà elle rêve des garçons de façon tendre et crue « Voyager et faire l’amour, je crois que rien ne me paraissait plus beau à 10 ans ».

La réalité la rattrape bien vite, ses amies, ses professeures lui inculquent petit à petit ce que doit être une fille : une future femme. L’adolescence la façonne peu à peu « (…) nous les filles sommes là pour sauver le monde par nos prières et notre conduite. » Une amie notamment, Brigitte, lui fait comprendre que sa mère n’est pas une « vraie mère », alors la narratrice s’acharne à corriger ce que sa mère ne lui a pas appris : cuisiner, coudre, ordonner…

Une porte de sortie : ses études. Alors que Brigitte est partie pour devenir secrétaire et quasiment mariée, la narratrice part au lycée. Elle fait face à une nouvelle violence, celle de classe. Fille de prolo, elle est l’unique de sa promo. Le reste se compose de filles des beaux quartiers. Des filles finalement pas différentes de Brigitte dans leurs aspirations (se marier) simplement avec plus de fric. Et tout ça obsède la narratrice et l’emporte dans un courant dont elle ne voit plus d’autre issue. Et si finalement, rationnellement, c’était ce qu’il fallait faire ? Un métier, d’accord, mais la fin est la même pour toutes : une bague et un landau. Tout est déjà écrit !

Alors l’angoisse : comment trouver le bon ? Vais-je le trouver ? Comment leur plaire ?

C’est en fac de lettres qu’elle aura un temps de répit, et qu’elle vivra l’illusion de ne pas avoir à répondre à ces questions. Ses 4 dernières années de liberté avant l’enfermement. « Oui, je vivais de la même manière qu’un garçon de mon âge, qui se débrouille avec l’argent de l’Etat, l’aide modeste des parents, le baby-sitting et les enquêtes, va au cinéma, lit, danse et bosse pour avoir ses examens, juge le mariage une idée bouffonne »

Raté. Elle rencontre celui qui deviendra le tyran du logis. Pourtant il est progressiste, comme elle, il défend l’idée d’égalité des hommes et des femmes. En théorie.

Ils sont jeunes, libres. Mais il faut bien que tout cela aille quelque part, clament leurs parents. Mariage. Tous les deux doivent préparer leur Capes, mais l’une doit faire la cuisine parce que l’autre ne va quand même pas éplucher les patates. Grossesse. Le Capes, ce sera pour plus tard. Patiemment, elle entretient sa prison, pensant naïvement que le calvaire n’est que temporaire, pour que monsieur puisse finir ses études. Il ne la trouve quand même pas « commode » alors qu’il la couvre de compliments, « tu sais je préfère manger à la maison plutôt qu’au restau U, c’est bien meilleur ! » Elle pourrait être redevable.

Mais quand leur enfant naît, elle comprend. Ne lui reste qu’à être la parfaite épouse, la parfaite mère, celle du célèbre manuel de l’époque J’élève mon enfant. Ne lui reste qu’à supporter les reproches de son mari quand il rentre du travail, qu’il s’installe dans son fauteuil lire Le Monde en attendant que le dîner soit près, après qu’elle ait passé la journée à s’occuper de son gosse, de la maison et à essayer tant bien que mal de réviser pour son Capes. Il se trouve qu’elle réussit cela à merveille, tant et si bien qu’elle finit par le décrocher ; prof de français la voilà. Un autre travail à ajouter à ceux qu’elle effectue déjà. De quoi devrait-elle se plaindre lui scande-t-on ? 18 heures de travail par semaine, il lui reste plein de temps pour s’occuper de la maison et de son « Bicot » comme elle le surnomme (ndlr : c’est le surnom de son enfant pas de son mari au cas où il y aurait confusion).

Son rôle de femme parfaitement intériorisé : nouvelle grossesse, volontaire. « Jouir le plus longtemps possible des derniers moments avec un seul enfant. Toute mon histoire de femme est celle d’un escalier qu’on descend en renâclant. »

Elle n’a pas encore 30 ans mais plus rien ne l’atteint, c’est une femme gelée.

C’est une (triste) merveille que signe Annie Ernaux. Son style sec, saccadé convient parfaitement au thème abordé. Ce livre fait mal, ce livre révolte, ce livre résonne. On pourrait presque croire au mauvais sort. Alors que la narratrice grandit dans une famille qui semble avoir dépassé les stéréotypes de genre, alors qu’elle évolue ensuite dans un milieu intellectuel qui lui permet de se poser des questions de fond sur sa condition en tant que femme, elle est rattrapée par un « destin maudit » : celui d’être une femme dans les années 60.

Ce roman illustre parfaitement l’ironie de l’Histoire, c’est au moment où elle pense s’émanciper que la jeune femme rencontre la servitude.

À moins que l’Histoire ait besoin de plus de temps : depuis les années 60, les choses ont-elles tant évolué ? Combien ne reconnaîtront-ils pas leur famille dans ses mots ? Combien de femmes ne se retrouveront-elles pas dans la découverte d’Annie du rôle que les hommes à travers l’histoire ont assigné à notre genre ? En lisant ce livre, presque quarante ans après sa sortie, cela m’a confirmé une chose : le combat est loin d’être terminé. À lire et à faire lire.