Culture

Philippe Besson raconte comment il est devenu écrivain dans La première phrase du premier livre, et c’est une madeleine de Proust pour toute une génération

posted by Vincent 12 octobre 2026
Couverture du roman La première phrase du premier livre de Philippe Besson (Julliard)

Vingt-cinq ans après En l’absence des hommes, son premier roman, Philippe Besson revient sur les années qui ont fait de lui un écrivain. Le livre s’appelle La première phrase du premier livre, il est paru le 3 septembre chez Julliard, 240 pages, 21 euros, et il raconte le long chemin d’un gamin de Charente jusqu’au moment où il ose enfin écrire.

On y suit un enfant plutôt heureux. Un père instituteur, une mère secrétaire chez un notaire, une enfance de province qui n’avait rien pour annoncer une carrière littéraire. Et puis le temps passe, les années 1970 glissent vers les années 1980 et 1990, le disco s’éteint, le mur de Berlin tombe, les années fric arrivent avec leur vulgarité, et le sida fauche des amis. Besson traverse tout ça et finit par comprendre que l’écriture sera son refuge et sa manière de garder les absents auprès de lui.

Ce qui frappe, c’est la tendresse. Besson a un vrai talent pour faire revenir une époque disparue sans tomber dans la carte postale nostalgique. Il y a de l’émotion, il y a des morts qu’on n’oublie pas, il y a cette phrase magnifique sur la solitude qu’il faut accepter pour se mettre à écrire. Pour qui a grandi dans ces années-là, c’est une madeleine redoutable, chaque cassette audio, chaque mobylette, chaque titre de Françoise Sagan vous ramène quelque part.

La première phrase du premier livre, Philippe Besson (Julliard)

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Alors il faut être honnête sur un point. Ceux qui ouvrent ce livre en espérant les coulisses de l’écrivain, le travail de la langue, le premier manuscrit envoyé aux éditeurs, risquent d’être un peu déçus. L’écriture proprement dite n’occupe que quelques pages, les plus belles d’ailleurs, tout à la fin. Avant ça, c’est surtout un roman de formation sentimentale, intime et introspectif. Besson explore ses mécanismes intérieurs plus qu’il ne nous livre une leçon de métier.

Du coup, le livre parlera sans doute plus fort aux lecteurs de sa génération, ceux qui partagent ses références et ses deuils. Les autres y trouveront un bel objet, sensible et bien tenu, un peu moins bouleversant peut-être.

Si vous aimez déjà Besson, foncez, c’est du grand Besson. Si vous le découvrez, c’est une porte d’entrée très douce dans une œuvre entière construite autour de la mémoire et de l’absence.

Crédit photo : Julliard

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