
Le musée Marmottan Monet vient d’ouvrir « Histoires de paysages. De Monet à Hockney », et le titre annonce déjà le grand écart. On part de 1890 pour arriver jusqu’à aujourd’hui, avec soixante-neuf artistes réunis, dont une bonne trentaine de contemporains. L’expo se tient rue Louis-Boilly, dans le seizième, jusqu’au 31 janvier 2027, avant de filer au musée de Grenoble qui coproduit l’ensemble.
Le point de départ, ce sont les Nymphéas de Monet. Et là, l’accrochage a une vraie idée derrière la tête : ces panneaux peints juste après la Première Guerre mondiale sont présentés comme un geste presque pacifiste, une manière de répondre au chaos par de l’eau, des reflets et du silence. On avait un peu oublié à quel point le paysage n’a jamais été un sujet neutre.
À partir de là, ça déroule un siècle de peinture. Bonnard, Vallotton, Munch, Georgia O’Keeffe, Nicolas de Staël, Alex Katz, et forcément David Hockney qui referme le parcours avec ses couleurs saturées et ses iPad. Peintures, mais aussi photos, dessins et gravures. Le fil rouge, c’est le paysage comme témoin des soubresauts de l’époque, des guerres jusqu’à l’inquiétude écologique d’aujourd’hui.
Pour rester du côté contemporain du parcours, ce livre suit Hockney et sa façon bien à lui de repenser le paysage.
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Ce qui est malin, c’est que le musée ne se contente pas d’aligner de jolies vues. Il raconte comment notre regard sur la nature a changé, comment on est passé du refuge à l’alerte. Du coup, une simple prairie ou un étang deviennent presque politiques, sans que ce soit jamais pesant ni donneur de leçons.
On pourra reprocher au parcours d’embrasser large, peut-être trop pour un lieu de la taille du Marmottan. Certains sauts entre époques donnent un peu le tournis, et on aimerait parfois s’attarder davantage sur une salle. Mais bon, c’est le prix d’une ambition assumée, et le plaisir de voir Monet et Hockney se répondre à un siècle de distance vaut largement ce petit vertige.
C’est une expo pour vous si la peinture vous parle un minimum, si les Nymphéas vous émeuvent encore, ou juste si vous avez envie d’une balade intelligente et colorée à l’abri du bruit. Comptez 14 euros l’entrée, 9 en tarif réduit, gratuit pour les plus petits. La nocturne du jeudi jusqu’à 21 heures est idéale pour éviter la foule. Vous avez jusqu’à fin janvier, ça laisse le temps, mais ne traînez pas trop non plus.
Crédit photo : Musée Marmottan Monet





