
Il y a des films dont on sort un peu sonné, pas sûr d’avoir tout compris, et plutôt content de ne pas avoir tout compris justement. Karma, le nouveau long-métrage de Guillaume Canet, fait partie de ceux-là.
L’histoire commence dans un village du nord de l’Espagne. Jeanne, jouée par Marion Cotillard, s’est refait une vie avec Daniel, qui ignore tout de son passé. Le genre de calme qui ne dure jamais très longtemps au cinéma.
Et en effet. Mateo, le filleul de Jeanne, six ans, disparaît sans laisser de trace. La police la soupçonne très vite, alors elle fait ce qu’elle sait faire depuis toujours : elle fuit. Direction la France, et plus précisément la communauté religieuse où elle est née, celle-là même qu’elle avait quittée des années plus tôt. Retour à la case départ, en somme, dans l’endroit qu’elle avait tout fait pour oublier.
Canet s’attaque donc à l’emprise sectaire, un sujet casse-gueule s’il en est. On aurait pu craindre le film à thèse, la dénonciation appuyée. Il préfère rester au ras de son personnage, coller à cette femme qui ne cesse de courir sans qu’on sache vraiment si c’est la justice ou son propre passé qu’elle cherche à distancer.
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Cotillard, pour le coup, est impressionnante. Elle tient le film à bout de bras pendant ses 149 minutes, et c’est long, deux heures et demie, mais on ne décroche pas. À ses côtés, Denis Ménochet et Leonardo Sbaraglia complètent un casting qui respire le sérieux. Le film a d’ailleurs été présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, en mai, avant cette sortie d’automne chez Pathé.
Alors bien sûr, le thriller psychologique à rebondissements, on connaît la musique. Certains trouveront que Karma en fait un peu trop sur la mécanique des révélations, que le scénario tire sur la corde. C’est un reproche recevable. Mais Canet a au moins le mérite de ne jamais lâcher la tension, et de faire confiance à son actrice plutôt qu’aux ficelles.
Si vous aimez les films qui vous mettent mal à l’aise sans vous prendre par la main, celui-ci est fait pour vous. Et si vous préférez les histoires qui se rangent sagement à la fin, passez peut-être votre chemin. Karma ne range rien du tout.
Crédit photo : AlloCiné





