
L’Académie Goncourt a resserré les rangs. Mardi 6 octobre, le jury a ramené sa liste à huit romans, après une première sélection de seize titres annoncée début septembre. On entre dans la phase sérieuse, celle où chaque nom qui disparaît fait grincer des dents dans les maisons d’édition.
Les huit rescapés, donc. « L’inconnue du Quai de Javel » de Philippe Jaenada, « Minotaure » de Boris Bergmann, « Le fabuleux piano » de Sonia Devillers, « Nous aussi » d’Anne Godard, « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel, « Choses que je croyais perdues » de Clémentine Mélois, « De l’autre côté du lac » de Sylvain Prudhomme et « La Guerre éternelle » d’Olivier Rolin. Du beau monde.
Le nom qui revient le plus, c’est Jaenada. Avec « L’inconnue du Quai de Javel », il renoue avec ce qui a fait sa réputation : l’enquête obsessionnelle, le fait divers oublié qu’on exhume et qu’on retourne dans tous les sens. Ceux qui ont aimé « La Serpe » ou « Au printemps des monstres » savent exactement à quoi s’attendre. C’est dense, c’est digressif, et c’est souvent brillant.
Boris Bergmann, lui, pousse « Minotaure », un roman qui s’attaque au désir d’enfant, ou plutôt à son absence. Un sujet casse-gueule, qu’il traite sans mièvrerie, et ça lui vaut d’être cité comme un sérieux outsider. À 33 ans, il a l’âge d’une révélation et le métier de quelqu’un qui écrit depuis longtemps.
Le favori de cette sélection, le récit-enquête de Philippe Jaenada, est déjà en librairie :
L’inconnue du quai de Javel – Philippe Jaenada → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Ce qui frappe dans cette sélection, c’est l’absence de favori écrasant. Pas de rouleau compresseur annoncé, pas de nom qui fait l’unanimité avant même le vote. Tant mieux. Les années où le lauréat semble désigné d’avance, on s’ennuie un peu. Là, Haenel, Prudhomme et Rolin peuvent encore tout bousculer, et ce flou-là rend la course nettement plus intéressante à suivre.
Si vous voulez mon avis, cette liste a surtout le mérite de mélanger les registres. Du récit-enquête, du roman intime, de la fresque, de l’autofiction maligne. Il y en a pour tous les lecteurs, ce qui n’est pas toujours le cas quand le jury verrouille autour d’un seul genre.
Prochaine étape le 27 octobre, avec les quatre finalistes. Le verdict, lui, tombera le 3 novembre, au premier étage de chez Drouant comme chaque automne. D’ici là, vous avez de quoi lire. Huit romans, c’est un beau programme pour attaquer l’arrière-saison.
Crédit photo : Maison Weshoot (CC BY-SA 3.0)





