
Depuis ce 21 octobre, vous pouvez voir au cinéma l’adaptation de l’un des romans les plus discutés de ces dernières années. Klara et le Soleil, c’est le livre que Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature, a publié en 2021 chez Gallimard. Taika Waititi s’en empare, et le résultat divise déjà sérieusement.
L’histoire tient en une phrase et pourtant elle vous hante. Klara est une amie artificielle, un robot alimenté à l’énergie solaire, conçu pour tenir compagnie aux adolescents. Une famille l’achète pour Josie, une jeune fille malade. Klara observe tout, apprend l’amour, la jalousie, la peur de perdre les gens, et finit par croire au Soleil comme à une divinité capable de guérir sa petite humaine.
Difficile de rêver meilleur moment pour sortir ce film. Les compagnons artificiels, les chatbots affectifs, les gens qui confient leurs états d’âme à une machine, on en parle tous les jours maintenant. Ishiguro avait tout anticipé, avec sa mélancolie habituelle et cette façon de raconter de grandes émotions par le regard d’un narrateur un peu à côté de la plaque.
Jenna Ortega campe Klara, et c’est sans doute ce que le film a de mieux. Elle joue la raideur, la candeur, les micro-décalages d’un être qui comprend le monde de travers. À ses côtés, Mia Tharia en Josie et Amy Adams en mère rongée par l’inquiétude tiennent la route. 1h56, étiqueté comédie, drame et science-fiction à la fois.
Avant ou après la séance, le roman d’Ishiguro reste la plus belle porte d’entrée dans l’histoire de Klara :
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Sauf que voilà, c’est justement la comédie qui coince. Waititi, dont on adore d’habitude l’humour foutraque, a choisi de jouer une partie du livre sur le ton de la fantaisie décalée. Et là où Ishiguro avançait à pas feutrés vers quelque chose de déchirant, le film se disperse, force le trait, désamorce sa propre gravité. La presse internationale n’a pas été tendre, certains parlant carrément d’occasion gâchée.
Faut-il y aller quand même ? Si vous aimez Ortega et que l’idée d’une intelligence artificielle qui apprend à aimer vous intrigue, oui, ça se considère. Mais mon conseil, pour une fois, serait presque de commencer par le roman. Il tient en 350 pages, il vous retourne, et il laisse au film un boulevard que celui-ci n’a pas vraiment su emprunter.
Dommage.
Crédit photo : AlloCiné





