
On n’attendait pas vraiment Taika Waititi sur ce terrain. Le réalisateur de Jojo Rabbit et des deux derniers Thor, connu pour son humour un peu barré, change complètement de registre avec Klara et le soleil. Une fable de science-fiction douce, mélancolique, qui arrive dans les salles françaises le 21 octobre chez Sony.
Le film adapte le roman que Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature 2017, avait publié en 2021. Autant dire que le matériau de départ est solide.
Jenna Ortega, que tout le monde associe encore à la Mercredi de Netflix, y tient le rôle-titre. Elle joue Klara, une « Amie Artificielle », un robot fabriqué pour tenir compagnie aux adolescents et éloigner leur solitude. On la place en vitrine de magasin, elle observe les humains à travers le verre, elle apprend leurs émotions en les regardant vivre. Puis une famille l’achète.
Cette famille, c’est Josie (Mia Tharia), une ado de santé fragile, et sa mère, incarnée par Amy Adams, avec qui la relation est compliquée. Klara et Josie se reconnaissent tout de suite. Et le petit robot, avec son émerveillement désarmant et sa loyauté sans la moindre faille, se met en tête de réparer ce qui se fissure autour de lui.
Avant de voir le film, le roman d’Ishiguro dont il est tiré vaut largement le détour :
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Vous voyez le piège qui se referme. Raconter la solitude, l’attachement et l’intelligence artificielle en 2026, c’est risquer le film thème-du-moment, celui qui coche les cases sans rien dire. Sauf qu’Ishiguro, lui, n’a jamais écrit sur les machines. Il écrit sur les gens qui aiment mal, sur ce qu’on projette sur l’autre, sur la façon dont on se raconte des histoires pour tenir debout. Le robot n’est qu’un miroir.
Reste la question qui m’intrigue vraiment : Waititi tiendra-t-il la distance émotionnelle sans basculer dans le mignon ? Le roman tirait sa force d’une retenue glaçante, racontée par une narratrice qui ne comprend pas tout à fait ce qu’elle décrit. Dur à transposer sans voix off ni gros plans larmoyants.
Côté durée, 1h57, ce qui laisse de la place pour respirer. Le casting est juste, la bande-annonce donne le ton mélancolique attendu, et la présence de Jenna Ortega devrait suffire à amener un public jeune vers une histoire qui ne lui parlera pas que de robots.
Pour qui aime la SF intimiste plutôt que spectaculaire, celle qui pose des questions au lieu d’exploser des vaisseaux, c’est clairement à surveiller.
Crédit photo : Sony Pictures





