
Il y a des films d’horreur qu’on va voir pour l’ambiance, et puis il y a ceux qui s’installent carrément dans votre cuisine. Malfaisante, sorti ce 14 octobre, est clairement du deuxième type. Rob Savage, le réalisateur qui s’était fait un nom avec Host pendant le confinement puis The Boogeyman, revient avec une histoire de maison hantée qui tient sur une idée toute simple et franchement dérangeante.
Tout se passe du point de vue de Bela, une petite fille. Dans sa maison rôde une entité qui a pris les traits de sa propre mère. Même visage, même voix, mais ce n’est plus maman. Le film adapte Incidents Around the House, le roman de Josh Malerman, celui-là même qui avait écrit Bird Box. Le gars sait comment vous retourner le ventre, visiblement.
Et au centre de tout ça, Jessica Chastain, qui joue donc un double rôle. La vraie mère et L’Autre Maman, cette chose qui emprunte son apparence. Sur l’affiche, elle vous fixe avec un sourire qui n’a rien de rassurant et une larme sur la joue. Le ton est posé. Produit par Blumhouse, avec James Wan quelque part dans les parages, écrit par Nathan Elston. Toute l’armada du cinéma de genre américain est là.
Envie de prolonger le malaise par la lecture ? Josh Malerman, l’auteur dont Malfaisante adapte un roman, a signé l’angoissant Bird Box.
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Alors, ça vaut le détour ? C’est là que ça se complique un peu. L’accueil est pour le moment très partagé. Côté américain, la presse n’a pas été tendre du tout, avec un score qui pique sur les agrégateurs. Le principal reproche, c’est l’avalanche de jumpscares. On parle d’une cinquantaine de sursauts en 1h34, soit à peu près un toutes les deux minutes. À ce rythme, le malaise sourd de la première demi-heure finit par s’épuiser en mécanique un peu répétitive.
Pour autant, tout le monde ne crache pas dessus. Plusieurs retours saluent la mise en scène de Savage, sa gestion de l’obscurité et surtout la prestation de Chastain, impressionnante dans les deux camps. Une comédienne de ce calibre dans un film d’épouvante, ça ne court pas les rues.
Mon conseil, du coup : si vous aimez vous faire secouer dans une salle obscure et que la peur un peu primaire ne vous dérange pas, foncez, c’est pile la période. Si vous cherchez l’horreur subtile qui vous hante trois jours après, vous risquez de rester un peu sur votre faim.
Crédit photo : Universal Pictures





