Le réalisateur de Bons baisers de Bruges et de Three Billboards revient ce 4 novembre dans les salles françaises, deux jours avant les États-Unis. Wild Horse Nine, c'est son premier film depuis Les Banshees d'Inisherin, et il y retrouve Sam Rockwell, qu'il avait mené jusqu'à l'Oscar du meilleur second rôle en 2018.
L'histoire se passe en 1973, quelques jours avant le coup d'État qui va renverser Salvador Allende au Chili. Deux agents de la CIA, Chris (John Malkovich) et Lee (Rockwell), sont expédiés de Santiago vers l'île de Pâques par leur patron, joué par Steve Buscemi. Officiellement, une mission de routine. En vrai, deux vieux partenaires qui traînent chacun leurs casseroles, coincés au milieu des moaï, pendant qu'une amitié naissante entre Chris et deux étudiants rebelles menace de tout faire dérailler.
On reconnaît la patte McDonagh dès les premières minutes. Des tueurs qui bavardent comme de vieux copains, des dialogues qui mordent, et cette manière bien à lui de rendre attachants des types parfaitement détestables. Le décor change tout, quand même. Ces statues géantes plantées face à l'océan donnent au film une mélancolie étrange, très seventies, qui colle au duo.
En attendant d'aller en salle, le précédent coup d'éclat de McDonagh avec Sam Rockwell se (re)découvre à la maison :
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Et quel duo. Malkovich y livre sans doute l'un de ses plus beaux rôles, tout en retenue, au point de repartir avec le prix d'interprétation à la Mostra de Venise cet été. Rockwell, lui, balance les répliques acides avec un plaisir visible. Les deux se renvoient la balle pendant presque deux heures sans qu'on décroche une seconde. La presse anglo-saxonne parle d'un tandem pour les annales, et pour une fois le superlatif n'est pas volé.
Le film n'est pas parfait pour autant. McDonagh reste un homme de mots et d'acteurs avant d'être un styliste de l'image, et sa mise en scène sert le texte plutôt qu'elle ne l'éblouit. Ceux qui attendent une claque visuelle risquent de rester un peu sur leur faim. Mais bon, on ne vient pas chez lui pour les mouvements de caméra.
Sous l'humour, le propos cogne. Une charge discrète contre les manœuvres américaines en Amérique latine, qui résonne curieusement avec notre époque. Drôle et bien plus profond qu'il n'en a l'air, Wild Horse Nine se range sans peine à côté des meilleurs McDonagh. Si vous avez aimé Bons baisers de Bruges, foncez. 1h58, et pas une minute qui traîne.
Crédit photo : Searchlight Pictures

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