
Un cinéaste mexicain quatre fois oscarisé qui dirige la plus grosse star d’action d’Hollywood dans une satire sur le climat et le pouvoir, ça ne se refuse pas. Sur le papier, Digger avait tout pour devenir l’événement de la rentrée. Sorti dans nos salles le 30 septembre, il repart surtout avec une ardoise salée et des critiques coupées en deux.
Alejandro González Iñárritu, à qui l’on doit Birdman et The Revenant, s’attaque pour la première fois à la comédie. Enfin, à la comédie grinçante. Tom Cruise y incarne l’homme le plus puissant de la planète, lancé dans une course effrénée pour prouver qu’il est le sauveur de l’humanité, juste avant que la catastrophe qu’il a lui-même déclenchée ne balaie tout. Une fable sur le climat, l’ego et notre difficulté à démêler le vrai du faux.
Autour de lui, un casting qui donne le vertige : Riz Ahmed, John Goodman, Sandra Hüller qu’on avait découverte dans Anatomie d’une chute, Michael Stuhlbarg et Jesse Plemons. Warner a posé 125 millions de dollars sur la table. Le genre de pari qui se solde rarement par une demi-mesure.
Et il ne l’a pas été. La presse salue l’audace, le geste, le culot d’un réalisateur qui n’a pas peur de se vautrer. Mais beaucoup trouvent le film trop maniéré, trop bavard dans sa mise en scène, avec des gags qui ne retombent pas toujours sur leurs pattes. Un grand numéro de funambule qui frappe juste une fois sur deux.
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Côté recettes, c’est carrément la douche froide. Les premiers chiffres annoncent une perte qui pourrait atteindre 150 millions de dollars. Voir Tom Cruise accolé à un flop pareil, ça ne nous était pas arrivé depuis un moment.
Alors, faut-il y aller ? Si vous attendez le Cruise cascadeur de Mission Impossible, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer ferme. Mais si l’idée d’un acteur qui accepte enfin de se moquer de sa propre image, porté par un cinéaste qui vise le grand n’importe quoi assumé, vous titille, alors ça se tente franchement.
Digger est bancal, inégal, parfois agaçant. Mais au moins, il ose quelque chose. Et par les temps qui courent, c’est déjà pas si mal.
Crédit photo : Warner Bros. France





