
On l’attendait, celui-là. Alejandro González Iñárritu, le réalisateur de Birdman et de The Revenant, s’offre Tom Cruise pour une comédie satirique apocalyptique, et le résultat débarque dans nos salles ce 30 septembre. Rien que l’idée donne le vertige. Le cinéaste le plus solennel d’Hollywood qui met la plus grande star d’action au service d’une farce sur la fin du monde.
Le pitch tient sur un timbre-poste. Digger Rockwell, l’homme le plus puissant de la planète, déclenche par mégarde une catastrophe qui menace de tout emporter. Et le voilà lancé dans une course effrénée pour s’ériger en sauveur de l’humanité. Deux heures et neuf minutes de fuite en avant, avec Sandra Hüller, Riz Ahmed et John Goodman autour de lui, ce dernier en président des États-Unis. Le scénario est signé Iñárritu et l’écrivaine mexicaine Sabina Berman.
Sauf que voilà, personne n’est d’accord. Aux États-Unis, où le film sort deux jours après nous, la critique s’écharpe comme rarement. Certains parlent du blockbuster le plus audacieux de l’année, d’une satire d’une colère salutaire, carrément de leur film préféré de 2026. D’autres décrivent un désastre insupportable, un truc qui ne fait jamais confiance au spectateur. Difficile de trouver terrain plus glissant.
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Un point met quand même tout le monde d’accord. Tom Cruise. On le savait cascadeur increvable, on le redécouvre acteur pour de bon. Plusieurs voix évoquent sa meilleure prestation depuis Magnolia, autant dire depuis vingt-cinq ans. Le voir lâcher l’action pure pour un rôle de bouffon mégalo, ça vaut le déplacement à soi seul.
Reste la question qui fâche. Iñárritu et la comédie, ça colle vraiment ? L’homme n’a jamais brillé par sa légèreté. Passer de la dépression existentielle de Birdman à une farce sur un milliardaire qui veut sauver la planète, c’est un grand écart casse-gueule. Et puis il snobe les festivals, comme Paul Thomas Anderson l’an dernier. Pas de tapis vénitien, on va droit en salle.
Mon conseil ? Foncez, mais sans lire une ligne de critique avant. C’est typiquement le genre de film qu’on doit se faire tout seul, quitte à ressortir furieux ou conquis. Au pire, vous aurez un sujet de dispute pour le dîner. Au mieux, le film le plus fou de la rentrée. Dans les deux cas, vous ne serez pas venu pour rien.
Crédit photo : Warner Bros.





