
On croit tous connaître Andy Warhol. La Marilyn en série, les boîtes de soupe Campbell, la Factory, les sérigraphies criardes vendues aujourd’hui à prix d’usine sidérurgique. Sauf que voilà, avant de devenir la machine à images qu’on connaît, Warhol était surtout un dessinateur. Un vrai. Et c’est exactement ce que le Musée du Luxembourg a décidé de montrer jusqu’au 10 janvier 2027 avec son exposition « Andy Warhol. La ligne et l’image ».
L’idée du commissaire Alain Cueff tient en une phrase : le dessin n’a jamais été un à-côté chez Warhol, mais son outil de prédilection, du premier jour au dernier. La preuve par les dates. On part d’un autoportrait de 1942, quand le gamin de Pittsburgh n’était encore personne, et on file jusqu’aux dessins liés à La Dernière Cène, réalisés en 1986, quelques mois avant sa mort. Entre les deux, près de 150 dessins, une dizaine de peintures, des sérigraphies sur papier, des photos et une pile d’archives, scrapbooks et vidéos comprises.
Le parcours est découpé en cinq salles thématiques, et c’est là que l’expo devient franchement intéressante. On passe de l’illustration publicitaire, ce métier alimentaire des années 50 où Warhol dessinait des chaussures pour les magazines new-yorkais, à l’écriture manuscrite, puis aux visages et aux masques, à l’iconographie gay et, pour finir, à la représentation de la mort. Autrement dit, tout ce que le mythe pop a fini par recouvrir.
Ce qui frappe, c’est la ligne elle-même. Fine, hésitante, souvent d’une élégance qui n’a plus rien à voir avec l’agressivité colorée des sérigraphies. Warhol savait dessiner, et bien. On l’avait un peu oublié.
Pour prolonger la visite et retrouver le Warhol dessinateur chez vous, ce recueil réunit des centaines de dessins de ses débuts.
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Un bémol quand même. Les textes de présentation des salles restent assez sommaires, et les cartels ne détaillent que rarement le contexte ou l’intention. Il faudra donc arriver un minimum préparé, ou prendre un audioguide, sous peine de survoler des œuvres qui méritent qu’on s’y arrête.
Côté budget, comptez 14 euros en plein tarif, 10 en réduit, et c’est gratuit pour les moins de 16 ans. Pour une fois qu’une expo grand public à Paris ne coûte pas un bras, autant en profiter.
Si vous pensiez avoir fait le tour de Warhol, celle-ci risque de vous faire changer d’avis. C’est le genre de sortie qui rend un artiste archi-connu à nouveau un peu mystérieux.
Crédit photo : Musée du Luxembourg





