Kings of Leon sort son dixième album le 6 novembre, et pour une fois les frères Followill ont décidé de tout débrancher.
O My Beloved, ce sont treize chansons que le groupe a enregistrées tout seul, sans producteur extérieur. C'est la première fois en vingt ans de carrière. Ça ressemble à un détail de studio, mais dans les faits ça colore tout le disque.
Rappelez-vous d'où ils viennent. Les hymnes de stade, "Sex on Fire", "Use Somebody", les refrains calibrés pour faire chanter quarante mille personnes d'un coup. Puis Can We Please Have Fun en 2024, déjà un peu plus relâché. Et là, ils poussent le curseur encore plus loin vers l'intime.
Le premier single, "My Whole World", donne le ton. Une guitare acoustique, un tempo qui prend son temps, une mélancolie de dimanche matin qui finit par s'éclairer. Caleb Followill y chante les gens qui comptent, la famille, le chemin parcouru. Rien de spectaculaire, et c'est tout l'intérêt. On est loin du rock bodybuildé qui les a rendus énormes.
En attendant O My Beloved, l'album qui les a propulses dans les stades reste la meilleure porte d'entree dans leur catalogue.
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Alors oui, le risque est connu. Un groupe de rock qui se calme, qui range les gros riffs et parle de ses proches, ça peut vite virer à l'album de la maturité un peu mou, celui qu'on salue poliment avant de ne jamais le réécouter. La frontière entre dépouillé et paresseux est mince.
Mais à les entendre, ce retour à Nashville et à l'esprit brut des débuts ressemble moins à une retraite qu'à un ménage. Vingt ans qu'ils empilaient les couches de production pour remplir des festivals. Les enlever demande peut-être plus de cran que d'en rajouter.
Si vous voulez mon avis, c'est le genre de disque qui se jugera à l'usage, pas au premier écoute. Les albums nus de groupes habitués au gigantisme sont souvent ceux qui vieillissent le mieux, une fois passée la déception de ne pas y trouver le tube évident.
Pour qui, du coup ? Pour ceux qui ont grandi avec eux au milieu des années 2000 et qui acceptent de vieillir à leur rythme. Pour les autres, les amateurs du Kings of Leon qui fait trembler les enceintes, ça risque de piquer un peu. On le saura vraiment le 6 novembre.
Crédit photo : Love Tap Records




