Éric Judor remet sa casquette de réalisateur et nous emmène dans un endroit qu'on voit rarement au cinéma : le jeu de rôle grandeur nature, le fameux GN. Vous voyez le genre, ces gens qui enfilent une cotte de mailles un samedi matin, se fabriquent des épées en mousse et passent le week-end à incarner un elfe ou un barbare au fond d'une forêt. C'est tout un monde, et il méritait bien son film.
L'histoire tient en deux lignes. Alexandre, un type cynique et un peu paumé, s'infiltre dans une bande de bras cassés pour éloigner sa fille de cette passion qu'il juge ridicule. Mais à force de jouer les gros durs en armure, il se laisse doucement happer par le délire collectif. Au casting, Judor s'entoure d'Alexandra Lamy, de Marc Labrèche et d'Hafid F. Benamar, pour 1h28 de comédie.
Sur le papier, l'idée est vraiment bonne. Le GN, c'est un terrain parfait pour la rigolade : des costumes improbables, des règles absurdes prises très au sérieux, et derrière tout ça, des gens qui fuient leur quotidien le temps d'un week-end. Il y a de la matière, et quand le film prend le temps de regarder ces marginaux avec un peu de tendresse, ça fonctionne.
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Le problème, c'est que ces moments restent rares. La critique a été dure, et pas totalement injuste. Le scénario ressemble surtout à une suite de sketchs reliés à la va-vite, le personnage principal n'évolue jamais vraiment, et le cynisme finit par tout écraser. Écran Large parle carrément d'échec, en reprochant à Judor de mépriser la communauté qu'il filme au lieu de chercher à la comprendre. C'est un peu le cœur du souci : on rit parfois des rôlistes, rarement avec eux.
Reste que le duo Judor-Lamy a du métier, l'univers visuel est soigné, et l'humour absurde fait mouche par intermittence. Si vous êtes bon public pour les comédies françaises du samedi soir, vous passerez un moment correct, sans plus.
Pour les autres, ça risque d'être plus compliqué. Le Roi du Game donne surtout l'impression d'un film qui tenait un sujet en or et qui n'a pas trop su quoi en faire. Dommage, parce que le GN, le vrai, aurait mérité un regard un peu moins moqueur. On attendra donc le prochain Judor en croisant les doigts.
Crédit photo : Gaumont / UGC



