Culture

Eric Judor infiltre un jeu de rôle grandeur nature dans Le Roi du Game, et sa comédie de père largué vaut mieux que son accueil presse

posted by Vincent 22 octobre 2026
Affiche officielle du film Le Roi du Game d'Eric Judor, avec Alexandra Lamy et Marc Labreche en costumes de jeu de role medieval-fantastique

Eric Judor est de retour, devant et derrière la caméra. Cette fois il se glisse dans un univers que le cinéma français n’avait jamais vraiment osé filmer : le jeu de rôle grandeur nature. Vous voyez, ces batailles médiévales-fantastiques jouées pour de vrai dans les sous-bois, armures en mousse et épées amorties.

Le Roi du Game, sorti mercredi 21 octobre, raconte Alexandre, un père un peu largué, prêt à tout pour renouer avec sa fille adolescente. Elle, elle préfère régner sur un clan dans un immense GN plutôt que de préparer son entretien pour une grande école. Du coup, il infiltre une équipe de bras cassés pour la récupérer, et finit par retrouver, au passage, ses propres rêves rangés depuis longtemps dans un carton.

À ses côtés, Alexandra Lamy et le Québécois Marc Labrèche, qui apporte sa dégaine bien à lui. On retrouve la patte Judor façon Platane : l’absurde qui monte doucement, les silences qui s’étirent, les personnages sincèrement bêtes mais jamais méchants.

La presse a fait la moue, 2,8 sur 5 de moyenne, en reprochant une mise en scène pauvre et un concept pas assez exploité. Les spectateurs, eux, sont nettement plus tendres, autour de 3,5, et parlent d’un bon moment qui fait beaucoup rire. Ce décalage dit quelque chose. On est pile dans la comédie populaire française qui ne cherche pas à impressionner la critique, juste à vous offrir un bon dimanche.

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Et c’est là que le film touche juste. Derrière les blagues de donjon et les costumes ridicules, il y a une vraie histoire de transmission ratée entre un père qui n’a pas grandi et une gamine qui, elle, a déjà compris la vie. Le GN devient le terrain neutre où ces deux-là peuvent enfin se parler. Rien de révolutionnaire, mais c’est traité avec tendresse.

Faut-il courir le voir ? Si vous cherchez un film malin et retors, passez votre chemin. Si vous voulez rire en famille devant une bande de grands enfants déguisés en chevaliers, avec Judor qui fait du Judor, c’est exactement ça qu’il vous faut. Les ados accrocheront au décor, les parents reconnaîtront la panique du dialogue impossible.

Ça ne restera pas dans les annales du cinéma français. Mais pour une sortie d’automne sans prétention, on a vu bien pire.

Crédit photo : Gaumont

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