On n'attendait pas forcément Johnny Depp sous un haut-de-forme couvert de neige, le regard noir, pour un énième Chant de Noël. Et pourtant. Ebenezer : A Christmas Carol débarque dans nos salles le 13 novembre, distribué par Paramount, et ce n'est pas la version guimauve que vous connaissez par cœur.
Parce que derrière la caméra, il y a Ti West. Si le nom ne vous dit rien, sachez qu'on parle de l'homme qui a signé Pearl et MaXXXine, un réalisateur d'horreur plutôt doué pour faire monter le malaise sans en rajouter des tonnes. Le mariage est inattendu : prendre le conte le plus réconfortant de Dickens et le passer à la moulinette du film de fantômes gothique. Le scénario, écrit par Nathaniel Halpern, suit toujours ce vieil avare visité par les spectres de son passé, de son présent et de son avenir. Sauf que voilà, ici les fantômes font vraiment peur.
Depp, lui, joue la carte de la métamorphose. Sur la première affiche, on ne voit que ses yeux sous le bord enneigé du chapeau, et l'accroche annonce la couleur : avant d'être un Scrooge, il était Ebenezer. L'acteur dit avoir cherché une autre porte d'entrée que le simple vieux grigou radin, et c'est tout l'enjeu du film. On sent qu'il a envie de prouver quelque chose, après des années compliquées.
Avant d'aller voir le film, (re)plonger dans la nouvelle de Dickens qui a tout lancé, c'est le plaisir de saison :
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Le casting autour de lui a de quoi rassurer. Ian McKellen, Rupert Grint, Andrea Riseborough, Tramell Tillman, Daisy Ridley : du beau monde pour peupler ce Londres victorien hanté. Deux bandes-annonces ont circulé cet été, et l'ambiance y est franchement réussie, toute en brouillard, en bougies et en apparitions qui glacent.
Reste la grande question, celle que personne ne peut trancher avant la projection : est-ce que l'idée tient la distance ? Un Christmas Carol qui vire au cauchemar, ça peut virer au génie comme au grand n'importe quoi. Depp a parfois tendance à surcharger ses personnages, et le risque d'un Scrooge qui cabotine existe bel et bien.
Mais bon, l'idée est suffisamment culottée pour donner envie d'y aller. Si vous aimez les Noëls un peu de travers, ceux où la neige cache des ombres, c'est clairement pour vous. Les amateurs de la version Disney, eux, risquent d'être pris à contre-pied.
Crédit photo : Paramount Pictures




