
Les Irlandais de Fontaines D.C. sortent Dopamine Chamber ce 16 octobre chez XL Recordings, et autant le dire tout de suite, ce n’est pas du tout le disque qu’on attendait après Romance. Le groupe qui avait bâti sa réputation sur des murs de guitares post-punk décide ici de les ranger au placard. À la place, des synthés épais, des cordes, des boîtes à rythmes et une ambiance new wave très sombre qui lorgne franchement du côté de Depeche Mode.
James Ford, déjà aux manettes de Romance en 2024, reprend la production et pousse le curseur encore plus loin dans l’électronique. Sur plusieurs morceaux, la guitare disparaît carrément. Grian Chatten a écrit les textes entre Vienne et Venise, et ça s’entend : il y a quelque chose de nocturne, d’un peu halluciné, dans sa manière de chanter notre époque.
Car c’est bien de nous qu’il s’agit. L’album parle d’intelligence artificielle, d’effondrement écologique et de violence politique, le tout avalé par les mêmes algorithmes que les mèmes et les potins de stars. On vit en spectateurs, derrière nos écrans, et Chatten en fait un disque entier, avec le charisme de prêcheur de l’apocalypse qu’on lui connaît.
Si le disque vous accroche, il existe aussi en version physique :
Fontaines D.C. – Dopamine Chamber → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Onze titres, trois quarts d’heure à peine. Les singles donnent le ton : Marianne séduit et menace en même temps, Tongue tape dans le dur, et Where Is Gone? invite Rosalía pour un duo bizarrement glacial. Au milieu du disque, One Man offre un vrai moment de grâce, presque majestueux. Japan aussi vaut le détour.
Par contre, il faut être prévenu. Dopamine Chamber sert le poison avant le bonbon. Pas de grand hymne de festival ici, pas de refrain qui vous saute dessus au premier écoute. Le duo avec Rosalía, justement, laisse un peu sur sa faim tant il est sec. C’est un album qui se mérite, qui demande plusieurs tours avant de livrer ses trésors. La presse anglo-saxonne salue l’audace tout en pointant cette austérité.
Pour qui, alors ? Pour ceux qui aiment quand un groupe refuse de se répéter et prend le risque de décevoir ses fans de la première heure. Si vous cherchez le Fontaines énervé de Dogrel, passez votre chemin. Si vous avez envie d’un disque de nuit, exigeant et magnifiquement produit, foncez. Moi je valide le courage, en tous cas.
Crédit photo : Fontaines D.C. / XL Recordings





