
Mercredi 28 octobre, Alexandre Castagnetti sort au cinéma sa relecture du Fantôme de l’Opéra, le vieux feuilleton de Gaston Leroux publié en 1910. Et il prend un risque que personne n’attendait : au lieu de nous replonger dans le Paris des lustres à bougies et des crinolines, il plante toute l’histoire dans le Paris d’aujourd’hui.
Anastasia, jeune danseuse incarnée par Deva Cassel, intègre l’Opéra de Paris. Elle répète Orpheus, une partition réputée maudite qu’on attribue au fameux Fantôme, et tombe amoureuse d’un pianiste aussi séduisant qu’énigmatique. Pendant que la première approche, les incidents se multiplient dans les coulisses. Julien De Saint-Jean joue le Fantôme, et Romain Duris vient compléter ce trio en metteur en scène ambigu.
Le vrai atout du film, c’est le décor. Castagnetti a tourné dans le vrai Palais Garnier, pas dans une reconstitution en carton-pâte, et ça change tout. Les escaliers de marbre, la salle rouge et or, les combles où rôde la légende : on y est. Le réalisateur a aussi fait composer une musique inspirée de l’opéra romantique de la fin du XIXe siècle et un ballet contemporain écrit pour l’occasion. Rien que pour cette dernière scène d’opéra, plusieurs critiques parlent d’un moment tout simplement sublime.
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Pour le reste, on sent que le pari ne fait pas l’unanimité. Transposer un conte gothique dans le présent, c’est casser une partie du charme désuet qui faisait tout le sel du roman et de la vieille comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber. Certains auraient préféré qu’on garde la poussière et les fantômes à l’ancienne. D’autres comparent l’ensemble à Black Swan, forcément à son désavantage, et trouvent le jeu de Deva Cassel un peu court pour tenir deux heures et quart sur ses épaules.
Reconnaissons quand même une chose : voir un classique populaire porté par une distribution jeune et un écrin pareil, ça donne envie d’y aller, ne serait-ce que pour trancher soi-même. Le film ne révolutionne rien et ne prétend pas le faire. C’est un grand mélodrame fantastique, assumé, qui mise sur la beauté des images et sur une héroïne que la caméra ne lâche jamais.
Si vous aimez les histoires de passion contrariée, les lieux chargés et les premières d’opéra qui tournent mal, ce Fantôme devrait vous occuper une soirée. Les puristes de Leroux, eux, risquent de grincer un peu.
Crédit photo : Pathé / SND





