Culture

Camille revient après son Oscar avec The Sound of Milk, un album-fleuve de quinze ans où elle a mis ses enfants en musique

posted by Vincent 17 octobre 2026
Pochette de l'album The Sound of Milk de Camille

On avait laissé Camille au sommet, statuette en main. L’an dernier, elle décrochait l’Oscar de la meilleure chanson originale pour El Mal, dans Emilia Pérez, plus un César et un Golden Globe au passage. De quoi partir à Los Angeles pour de bon. Elle a fait l’inverse.

The Sound of Milk, sorti le 18 septembre, est l’album le plus intime qu’elle ait jamais signé. Et le plus long à fabriquer : quinze ans de travail, entre 2010 et 2025. Pas un disque qu’on torche entre deux tournées, donc.

L’idée tient en une phrase, et c’est ce qui la rend un peu vertigineuse. Camille a enregistré sa vie de mère au fil des années, chez elle, dans sa maison de Gascogne, avec ses deux enfants qui grandissaient à côté du micro. Le résultat se découpe en trois mouvements : Naissance, Enfance, Adolescence. Un triptyque qui suit vraiment le temps qui passe.

Et ça s’entend. La première partie est à nu, presque chuchotée, voix et souffle. La deuxième laisse entrer un chœur familial qui serre un peu la gorge. La troisième s’ouvre, devient plus pop, plus franche, comme un gamin qui claque la porte de sa chambre. Le disque vieillit en même temps que les voix d’enfants qu’on y entend.

The Sound of Milk (Intégral)

Si l’aventure vous tente, l’album existe en coffret trois disques :

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Camille n’a jamais eu peur de l’étrange, et on la retrouve là, entière. Des titres comme La Terre, Belles ou Monsieur Garçon jouent sur les polyphonies, les bruits de bouche, les trouvailles bizarres qui ont fait sa marque depuis Le Fil. Sauf que cette fois, le concept ne reste pas une coquetterie de laboratoire. Il raconte quelque chose de simple et d’universel : transmettre, et regarder le vivant faire son boulot.

Alors oui, ça demande un peu d’attention. Ce n’est pas un album qu’on met en fond pendant la vaisselle, et le côté expérimental pourra en refroidir certains. Mais si vous acceptez de vous asseoir avec, l’émotion est là, sans mièvrerie, et ça tient du début à la fin.

Pour qui aime les disques qui prennent un risque et les artistes qui parlent de leur vie sans se mettre en scène, c’est une belle réussite. Camille aurait pu capitaliser sur son Oscar. Elle a préféré nous ouvrir la porte de sa cuisine. On signe.

Crédit photo : Camille / Because Music

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