Culture

Un premier roman sur l’exil rafle le Prix du Roman Fnac et il mérite vraiment le détour

posted by Vincent 7 octobre 2026
Couverture du roman C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien, Prix du Roman Fnac 2026, éditions Grasset

Thélyson Orélien a trente-quatre ans, il est né en Haïti, et il vient de rafler le Prix du Roman Fnac 2026 avec son tout premier livre. Pas un recueil confidentiel tiré à mille exemplaires. Un phénomène. « C’était ça ou mourir », paru chez Grasset le 19 août, est déjà en cours de traduction dans plus de vingt langues, et le bouquin accumule les récompenses à une vitesse assez folle : Première Plume, prix Méduse, prix de Strasbourg. Il figure aussi dans les sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina et du Médicis. Pour un inconnu il y a six mois, ça fait beaucoup.

Alors de quoi ça parle. De Jonas Dorléon, un prof d’histoire qui fuit Port-au-Prince après l’incendie de son quartier. Il part avec presque rien : un diplôme qui ne lui servira plus à grand-chose, un carnet de poésie, et une photo de sa mère. Direction le nord, vers le Québec, mais le trajet passe par la République dominicaine, le Brésil, le Mexique, et toute cette traversée qui finit face aux gardes-frontières américains.

Le sujet pourrait être plombant, et pourtant Orélien ne tombe jamais dans le reportage misérabiliste. Il raconte la faim, les blessures, les passeurs, la peur permanente, mais il le fait avec une langue qui garde de la poésie même quand tout s’effondre autour de son personnage. C’est là que le livre tient debout. On sent le prof d’histoire derrière le migrant, celui qui essaie de comprendre et de nommer ce qui lui arrive, plutôt que de seulement le subir.

C'était ça ou mourir (Grasset)

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Ce qui frappe, c’est la justesse. L’exil n’est pas un décor exotique ni une leçon de morale assénée au lecteur. C’est une expérience concrète, physique, avec ses humiliations et ses petits moments de dignité volés au chaos. Et l’écriture reste tenue d’un bout à l’autre, sans effet de manche.

On comprend l’emballement des jurés. Un premier roman qui tient cette distance, qui parle d’une actualité brûlante sans jamais la réduire à un slogan, ça ne court pas les rues. Vous pouvez y aller les yeux fermés, surtout si les récits d’exil vous touchent et que vous aimez les livres qui laissent une trace. Les 21,50 euros sont largement justifiés, et quelque chose me dit qu’on reparlera de cet auteur début novembre, quand les grands prix tomberont.

Crédit photo : Grasset

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