Culture

Thélyson Orélien raconte un exil haïtien dans C’était ça ou mourir, et son premier roman rafle à peu près tous les prix de l’automne

posted by Vincent 14 octobre 2026
Couverture du roman C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien, éditions Grasset

On parle souvent de phénomène littéraire sans trop y croire. Cette fois, le mot colle. C’était ça ou mourir, premier roman de Thélyson Orélien, a décroché le Prix du Roman Fnac 2026, après le Méduse, la Première Plume et le prix Les Échos Week-End. Et il figure encore dans les sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina et du Médicis. Pour un coup d’essai, c’est assez vertigineux.

Le livre suit Jonas Dorléon, professeur d’histoire à Port-au-Prince. Quand la violence des gangs atteint son quartier de Carrefour-Feuilles, il part. Dans son sac, presque rien : un diplôme, un cahier de poèmes, une photo de sa mère. Commence alors une traversée qui l’emmène en République dominicaine, au Brésil, au Mexique, jusqu’aux portes des États-Unis, avec le Canada comme ligne de fuite.

Ce qui frappe, c’est le refus du misérabilisme. Orélien aurait pu écrire un récit de martyre, larmoyant et prévisible. Il fait l’inverse. Son Jonas rit, blague, encaisse, et ce rire n’est pas une coquetterie de style : c’est, comme le dit joliment un libraire de la Fnac, une façon de vérifier qu’il est encore vivant. La poésie affleure partout, sans jamais alourdir le périple.

C'était ça ou mourir (Grasset)

Le roman dont on parle, à lire sans tarder :

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L’auteur sait de quoi il parle. Né aux Gonaïves en 1988, poète et chroniqueur installé au Québec, il a construit son texte sur une matière brûlante, l’exil et la chasse aux migrants, sans tomber dans le pamphlet. Le roman était d’abord paru au Boréal en mars, avant que Grasset ne le publie en France le 19 août. Gaël Faye le résume d’une phrase, en quatrième de couverture : un texte lu d’une traite, hors d’haleine, un baume autant qu’une claque.

Les chiffres suivent, ce qui n’est pas si fréquent pour un primo-romancier : plus de 30 000 exemplaires écoulés début octobre, des droits déjà cédés dans une vingtaine de pays. On tient là un de ces livres qui débordent le cercle habituel des lecteurs de rentrée.

Faut-il le lire ? Oui, franchement. Pas par devoir citoyen envers un sujet d’actualité, mais parce que c’est un vrai roman, tenu, vivant, qui donne envie de tourner les pages. À 21,50 euros chez Grasset, c’est le genre de pari qui ne se discute pas trop.

Crédit photo : Grasset

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