
Street Fighter est de retour en salles depuis le 14 octobre, et autant vous prévenir tout de suite : ce n’est pas un film sérieux. C’est même tout le contraire, et c’est sans doute ce qui le sauve.
Le réalisateur Kitao Sakurai reprend le jeu de combat de Capcom là où tout le monde l’attend, c’est-à-dire en 1993, en plein World Warrior Tour. Ryu et Ken, deux combattants autrefois inséparables, se retrouvent embarqués par la mystérieuse Chun-Li dans un tournoi qui cache une sale affaire. Scénario de borne d’arcade, assumé jusqu’au bout.
Ce qui change, c’est le casting, franchement improbable. Andrew Koji joue Ryu, Noah Centineo campe Ken, Callina Liang hérite de Chun-Li. Et derrière, ça devient n’importe quoi, dans le bon sens : Jason Momoa en Blanka, la créature verte électrique, David Dastmalchian en M. Bison, le catcheur Cody Rhodes en Guile, 50 Cent en Balrog, et même Eric André quelque part dans le lot. On dirait une liste tirée au sort, sauf que ça fonctionne.
Parce que le pari du film, c’est de ne jamais avoir honte. Les coupes de cheveux impossibles, les costumes criards, les grognements, les boules de feu : tout est joué au premier degré. Là où les adaptations de jeux vidéo passent leur temps à s’excuser d’exister, celle-ci fonce tête baissée dans le kitsch de la borne d’arcade des années 90. Et quand on a grandi une manette à la main devant Street Fighter II, ça fait quelque chose.
Et si le film vous donne envie de reprendre la manette, le jeu qui a tout relancé est toujours là :
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Alors non, ce n’est pas du grand cinéma. Les combats sont chorégraphiés avec sérieux mais le reste tient sur un fil, et deux heures c’est peut-être un peu long pour un prétexte à castagne. Ceux qui n’ont jamais touché à une manette risquent de regarder ça avec un sourcil levé.
Mais pour les autres, ceux qui se souviennent du Hadoken hurlé dans les salles d’arcade, c’est une madeleine qui coûte le prix d’une place. Le film ne cherche pas à réinventer quoi que ce soit, il veut juste vous faire retrouver vos quinze ans le temps d’une soirée. Et ça, mine de rien, c’est déjà pas mal.
Bref, à voir comme on relance une partie : sans se poser trop de questions, et en acceptant de perdre un peu la tête.
Crédit photo : AlloCiné





