
On l’avait un peu perdue de vue côté albums, et la revoilà. Sheryl Crow a sorti Pick You Up le 9 octobre, sur son propre label, Old Green Barn Productions. Sept chansons. Vingt-cinq minutes à peine. Autant vous prévenir tout de suite : c’est court, très court, et ce sera sans doute le premier reproche qu’on lui fera.
Au départ, le projet devait même tenir en six titres, format EP. Puis ça a grossi un peu, sans jamais basculer dans le disque-fleuve. Crow a retrouvé Jeff Trott, son complice d’écriture des années 90, celui des grands tubes de l’époque, et ils ont cosigné l’ensemble ensemble. On sent cette vieille connivence dans la façon dont les mélodies s’installent, sans forcer, avec ce petit roulis americana qui lorgne du côté de Neil Young et des Eagles.
Le propos, lui, est tout sauf anodin. Pick You Up parle de l’après, de cet isolement qui nous a tous un peu abîmés depuis le Covid, des fractures politiques qui traversent l’Amérique en 2026, et surtout de ce geste minuscule qui consiste à relever quelqu’un quand il tombe. D’où le titre. C’est un disque de réconfort, écrit par une femme qui regarde le monde fatigué et se demande à quoi sert encore une chanson. Sur Freedom Bus, elle invite même le songwriter Jesse Welles, voix montante de la protest song américaine, histoire de boucler la boucle entre générations.
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Côté pochette, Crow s’est fait plaisir. Elle a choisi une toile du peintre Tyson Grumm, un éléphant qui aurait oublié l’océan, qu’elle collectionne depuis bientôt vingt ans et qu’elle a fini par racheter pour l’accrocher chez elle. Le genre de détail qui en dit long sur l’affection qu’elle porte à ce projet.
Alors oui, la critique est partagée. Certains saluent une songwriteuse chevronnée qui prend le pouls de l’époque avec justesse, d’autres trouvent le tout un peu trop lisse, trop sage, un pilote automatique confortable. Les deux ont raison, en fait. Vingt-cinq minutes, ça laisse une petite faim.
Mais bon, il y a pire défaut qu’un disque qui ne s’éternise pas. Si vous avez aimé la Sheryl Crow lumineuse et roots de Tuesday Night Music Club, celle-ci vous tendra la main sans chichis. On ne crie pas au chef-d’œuvre, mais par les temps qui courent, un album qui veut juste vous remonter le moral, ça se prend volontiers.
Crédit photo : Old Green Barn Productions





