Sheryl Crow a toujours eu ce talent un peu agaçant de rendre les choses simples. Une guitare, une mélodie qui vous reste en tête au deuxième refrain, et une voix qui n'a jamais eu besoin d'en faire des tonnes. Son treizième album studio, Pick You Up, sorti le 9 octobre, prolonge exactement ça, mais en version concentrée.
Vingt-cinq minutes, sept chansons. C'est court, très court. L'album avait d'ailleurs commencé sa vie comme un simple EP de six titres avant de gagner une chanson en route. On pourrait y voir une frustration, et c'est vrai qu'on en redemande. Mais il y a aussi quelque chose d'honnête là-dedans : Crow dit ce qu'elle a à dire, et elle s'arrête.
Les sept morceaux sont co-écrits avec Jeff Trott, son complice de longue date, celui qui était déjà là sur ses plus grands succès des années 90. Ça s'entend. On retrouve ce mélange d'americana et de pop qui l'a fait connaître, mais avec un grain plus rêche, un côté folk assumé qui tire vers Neil Young ou les Eagles plutôt que vers les tubes radio d'autrefois.
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Le premier single, Freedom Bus, donne le ton. Crow y chante la liberté d'expression, les vétérans, la nécessité de se parler sans se hurler dessus, le tout en invitant le jeune Jesse Welles au micro. Elle résume elle-même le disque comme un commentaire sur le fait d'être humain et de vouloir du lien. Dit comme ça, ça pourrait sonner creux. Dans les chansons, ça tient.
L'accueil a été plutôt chaleureux. BBC Radio 2 en a fait son album de la semaine, et la presse anglo-saxonne salue une songwriter qui, à soixante ans passés, regarde le monde en face et se demande ce que la musique peut encore y faire. La réponse qu'elle propose est modeste, douce, presque apaisante par moments.
Alors oui, on peut regretter cette durée ridicule, se dire qu'un vrai album aurait mieux porté ces idées. Mais il y a pire défaut que de laisser l'auditeur sur sa faim. Pick You Up n'est pas le grand disque de la rentrée, et il ne cherche pas à l'être. C'est une parenthèse réconfortante signée par quelqu'un qui n'a plus rien à prouver. Si vous avez un faible pour l'americana sobre et bien écrite, vingt-cinq minutes, ça se trouve facilement dans une journée.
Crédit photo : Sheryl Crow (pochette, œuvre de Tyson Grumm)


