
On connaissait Romain Gavras pour ses clips survoltés et pour Athena, cette tragédie filmée comme une émeute. Le revoilà avec Sacrifice, son premier film en anglais, et le résultat est pour le moins bruyant.
L’histoire tient dans une phrase un peu folle. Une star de cinéma sur le déclin, jouée par Chris Evans, se retrouve invitée à un gala caritatif clinquant sur une île grecque. Sauf que voilà, une bande d’illuminés écolos débarque, persuadés qu’un sacrifice humain sauvera la planète d’un volcan prêt à cracher. Anya Taylor-Joy mène la troupe. Vincent Cassel joue le milliardaire cynique qu’on adore détester, et on croise aussi John Malkovich et Salma Hayek.
Le projet avait tout pour taper fort. Gavras vise la culture des célébrités qui se donnent bonne conscience à coups de grandes causes, surtout quand ça sert d’abord leur image. Le genre de satire qui pouvait vraiment faire mal.
Sauf que le film divise beaucoup. Présenté l’an dernier au festival de Toronto, il en est reparti avec des critiques plutôt tièdes, parfois franchement sévères. Du côté des agrégateurs anglo-saxons, le score reste coincé assez bas. On lui reproche de courir dans tous les sens, de confondre le vacarme et le propos, de ne jamais vraiment choisir entre la comédie noire, le thriller et le pamphlet.
Envie de (re)voir Gavras avant Sacrifice ? Son Monde est à toi, avec Vincent Cassel, est le casse de banlieue le plus solaire du cinéma français récent.
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Et pourtant. Gavras reste un metteur en scène qui sait filmer le chaos mieux que la plupart, et un casting pareil ne se refuse pas comme ça. Chris Evans qui se moque de sa propre image de héros propre sur lui, Cassel en requin de la finance, il y a de quoi passer un moment. C’est le genre d’objet bancal qui peut quand même valoir le coup d’œil, ne serait-ce que pour voir un cinéaste français prendre Hollywood à contre-pied.
Comptez un peu moins de deux heures, et prévenez les âmes sensibles: c’est classé pour un public averti, violence et langage crus compris.
Pour qui, du coup? Pas pour ceux qui cherchent un récit carré et bien sage. Plutôt pour les curieux, ceux que les films qui déraillent amusent, et les fans de Gavras prêts à lui pardonner ses excès. Sacrifice atterrit sur Netflix le 16 octobre, directement à la maison. À vous de voir si vous avez envie de monter dans le bateau.
Crédit photo : Netflix





