Du 12 au 15 novembre, le Grand Palais rouvre pour Paris Photo. Vingt-neuvième édition. Et si le mot « foire » vous fait penser à un salon commercial un peu froid, détrompez-vous : c'est devenu le rendez-vous où la photographie se regarde en grand, au sens propre, sous la plus belle verrière de Paris.
Les chiffres donnent le vertige. Plus de 220 exposants venus d'une trentaine de pays, 165 galeries dont une bonne moitié françaises, et quelque 900 artistes accrochés au même endroit. L'organisateur RX France vise 75 000 visiteurs sur quatre jours, plus un bataillon de collectionneurs lâchés dès le vernissage du 11 novembre. Autant dire que ça circule.
L'intérêt, c'est le grand écart. Vous passez d'un tirage vintage de Cartier-Bresson, hors de prix, à la série d'un photographe de trente ans que personne ne connaissait l'an dernier. Les maîtres et la relève se partagent les mêmes allées, et c'est là que se joue tout le charme de la chose : on vient autant pour vérifier une cote que pour tomber sur une image qu'on n'avait jamais vue.
Et puis Paris Photo a eu la bonne idée de ne pas se résumer aux stands. Les Conversations et les Book Talks font monter sur scène commissaires, éditeurs et artistes, et le secteur consacré aux livres de photo reste l'un des plus courus. Une édition revendique aussi une collection invitée, pensée spécialement pour l'occasion. De quoi passer trois heures à flâner sans jamais sortir le portefeuille.
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Car c'est l'autre vérité du lieu : on peut tout regarder sans rien acheter. Le marché de la photo s'est ouvert, les tirages de jeunes artistes démarrent à quelques centaines d'euros, et l'idée qu'une œuvre accrochée chez soi serait réservée aux fortunés en prend un coup. Paris Photo, c'est aussi ça, une initiation grandeur nature pour qui n'a jamais osé pousser la porte d'une galerie.
Il y a un revers, quand même. Le week-end, la foule est dense, les allées saturent vite, et les tarifs d'entrée ne sont pas donnés. Mon conseil : visez le vendredi en journée, prenez votre temps, et ne cherchez pas à tout voir. Mieux vaut cinq images qui vous restent en tête qu'un marathon dont vous ne vous souviendrez de rien.
À vous de voir, mais pour une fois qu'on peut approcher les plus grands noms de la photo sans billet d'avion, ce serait dommage de s'en priver.
Crédit photo : Grand Palais RMN




