
Dix ans. C’est le temps qu’on aura attendu depuis The Wailing, ce thriller occulte de 2016 qui vous laissait lessivé, incapable de dire si vous veniez de voir un film policier, une histoire de possession ou un cauchemar sur la foi. Na Hong-jin revient enfin, et il revient en force : Hope arrive dans les salles françaises le 28 octobre, après être passé en compétition au dernier Festival de Cannes, ce qui n’arrive quasiment jamais pour un film de genre aussi frontal.
L’histoire part d’un décor minuscule. Un village côtier qui se vide, coincé près de la zone démilitarisée, et un chef de poste de police, Bum-seok, qui enquête sur un tigre qu’on aurait aperçu dans le coin. Sauf que ce n’est pas un tigre. Ce que le film convoque, on vous laisse le découvrir, mais disons que Na Hong-jin passe du folklore chamanique de ses précédents films à quelque chose de beaucoup plus vaste, de proprement extraterrestre.
Le casting donne le vertige. On retrouve Hwang Jung-min, Zo In-sung et Hoyeon, la révélation de Squid Game, et surtout Michael Fassbender et Alicia Vikander, qui jouent les créatures en capture de mouvement et d’expression. Rien que ça. Il a fallu plus de 34 millions de dollars pour monter l’ensemble, ce qui en fait la production coréenne la plus chère de l’histoire. Et à l’écran, paraît-il, ça se voit : Le Monde parle d’une « déflagration ».
En attendant Hope, le précédent film de Na Hong-jin, The Wailing, reste le meilleur moyen de plonger dans son cinéma.
The Wailing (Blu-ray) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Deux heures trente-sept, c’est long, et c’est sûrement le principal reproche qu’on pourra faire au film, qui ne vous lâche jamais vraiment la main. Mais Na Hong-jin n’a jamais été du genre à faire court ni confortable. Ce qui frappe, c’est qu’il arrive à tenir le grand spectacle et son obsession très personnelle pour le mal, la peur et tout ce qui dépasse l’homme, sans choisir entre les deux.
Si vous aimez le cinéma de genre qui prend au sérieux ses personnages avant de lâcher les monstres, foncez. Si The Wailing vous avait marqué, vous savez déjà que vous irez. Et pour les autres, c’est l’occasion de découvrir l’un des cinéastes les plus doués de sa génération, qui a d’ailleurs déjà écrit la suite. Dix ans d’attente, et il repart aussitôt. Très logique, chez lui.
Crédit photo : Universal Pictures





