Dix ans qu'on n'avait pas vu de film de Na Hong-jin. Dix ans depuis The Wailing, ce chef-d'œuvre d'angoisse rurale qui avait installé le Coréen parmi les cinéastes de genre les plus doués de la planète. Le voilà de retour avec Hope, sorti en salles le 28 octobre, et autant le dire tout de suite, il n'a rien perdu de sa folie.
L'histoire tient sur un coin de table. Dans un petit port isolé près de la zone démilitarisée, le chef de la police Ko Beom-seok découvre qu'une créature a massacré plusieurs habitants. Pas de renforts, pas d'explication, juste une chose humanoïde apparemment indestructible qui rôde. Le flic s'allie à un chasseur et à une jeune officière, et la traque commence. Très vite, on comprend qu'il n'y a pas une créature, mais plusieurs, et qu'un vaisseau s'est écrasé dans le coin.
Oui, vous avez bien lu : des extraterrestres en Corée, le long de la frontière nord. Na Hong-jin prend ce postulat de série B et le transforme en spectacle de deux heures quarante qui ne lève quasiment jamais le pied. Courses-poursuites en voiture, à pied, à cheval, le réalisateur enchaîne les morceaux de bravoure avec une virtuosité technique assez bluffante. Détail savoureux, les créatures sont incarnées par Michael Fassbender et Alicia Vikander, histoire de brouiller encore un peu plus les cartes.
Avant Hope, Na Hong-jin avait signé ce sommet d'angoisse qu'on ne se lasse pas de revoir :
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Cannes ne s'y est pas trompé. Le film a décroché le prix de la mise en scène au dernier festival, après une ovation de six minutes, la plus longue de toute la sélection selon ceux qui y étaient. Et à l'écran, on comprend pourquoi. Hwang Jeong-min et Jo In-sung tiennent le truc à bout de bras, dans un mélange de frousse, d'action pure et d'humour noir franchement assumé.
Par contre, il faut tenir le choc. Le film est long, change de ton toutes les dix minutes, et la mythologie des aliens reste un peu floue. À un moment, on a presque envie de descendre du manège tellement ça secoue. C'est le prix à payer pour un objet aussi ambitieux, et perso, je signe sans hésiter.
Si vous aimez le cinéma de genre qui ne s'excuse jamais d'en faire trop, foncez. Les amateurs de films sages et carrés passeront leur chemin, et ils auront tort.
Crédit photo : Universal Pictures International France / Focus Features


