Culture

Michael Kiwanuka sort Fudge, un disque enregistré juste avant l’AVC qui a failli lui coûter la voix

posted by Vincent 21 octobre 2026
Pochette de l'album Fudge de Michael Kiwanuka, illustration psychédélique colorée signée Stevie Gee

Michael Kiwanuka revient le 23 octobre avec Fudge, et il faut poser le contexte d’emblée, parce qu’il change tout. Le chanteur britannique a bouclé ce disque en 2025, à peu près en même temps que Small Changes. Puis, en juillet 2025, un AVC hémorragique l’a envoyé en salle d’opération en urgence. Une tension artérielle qui n’avait jamais été diagnostiquée. Sa parole et sa voix en ont pâti.

Du coup Fudge n’est pas tout à fait l’album qu’il aurait été il y a un an. C’est le dernier enregistré par le Kiwanuka d’avant, celui qui chantait sans y penser.

Pour ceux qui l’auraient raté, on parle quand même de l’une des plus belles voix soul de sa génération. Mercury Prize en 2020 pour l’album Kiwanuka, fils d’immigrés ougandais ayant fui le régime d’Idi Amin, et surtout l’homme derrière Cold Little Heart, ce morceau de sept minutes qui ouvrait chaque épisode de Big Little Lies et qui a fait pleurer la moitié des abonnés HBO.

Fudge, ce sont douze titres. Et une première depuis Home Again en 2012 : Kiwanuka produit lui-même, dans un studio près de chez lui à Southampton, entouré de quelques fidèles. Fini le tandem Danger Mouse et Inflo qui avait sculpté sa trilogie précédente. Ici il pilote seul, et ça s’entend.

Small Changes (vinyle)

En attendant de poser Fudge sur la platine, son précédent disque Small Changes donne déjà le ton de cette soul feutrée.

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Le résultat lorgne vers une soul psychédélique vaporeuse, pleine de cordes et de synthés qui montent lentement. Sing étire son refrain dans le vide, California laisse la voix à nu, Drowning in Your Heart déploie un arrangement orchestral presque cinématographique. On est chez un type qui n’a plus rien à prouver et qui s’autorise enfin à flotter.

Est-ce que c’est son meilleur ? Non, sans doute pas, et la presse anglaise le dit à demi-mot, avec des notes qui tournent autour de 78 sur 100 plutôt que les sommets habituels. Ça patine un peu par moments, ça manque parfois de l’urgence de Love & Hate.

Mais bon, écouter Fudge en sachant ce qui a suivi, c’est forcément un autre disque. Chaque note tenue prend un poids qu’elle n’avait pas au moment où il l’a chantée.

Pour qui aime Bill Withers, Terry Callier ou simplement les voix qui vous serrent la gorge sans jamais crier, c’est un rendez-vous à ne pas manquer. Et une excellente raison de souhaiter à Kiwanuka de revenir vite derrière un micro.

Crédit photo : Polydor / Universal Music

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