
Anthony Gonzalez a sorti le 25 septembre son dixième album sous le nom M83, et il s’appelle I Wrote You A Letter. Neuf morceaux, quarante minutes. Après le foisonnant Fantasy de 2023, on pouvait s’attendre à une nouvelle fresque pop monumentale. C’est presque l’inverse.
L’idée, ici, c’est le retour en arrière. Gonzalez explique avoir voulu retrouver l’immédiateté de ses débuts, quand M83 se bricolait dans une chambre au début des années 2000, avec ses imperfections et une vraie liberté. Du coup, exit en grande partie les refrains chantés : l’album est largement instrumental. On y entend surtout ces fameux murs de son saturés et ces crescendos qui montent, montent, jusqu’à déborder. Du shoegaze, de l’indietronica, la matière première du tout premier M83.
Ne vous attendez donc pas à un deuxième Midnight City. Ceux qui connaissent le groupe par ce tube de 2011, ou par la bande-son d’Oblivion, risquent d’être un peu déroutés. Il n’y a pas vraiment de single taillé pour les radios. Blister Sunrise, sorti début septembre avec la voix de Kaela Sinclair, s’en approche le plus, et Anna Maehl pose quelques lignes sur Opera, mais l’ensemble se vit comme un seul long paysage sonore plutôt que comme une collection de chansons.
Si l’album vous tente, il existe aussi en vinyle :
M83 – I Wrote You A Letter (vinyle) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Techniquement, c’est bichonné. Gonzalez a coproduit avec Benoît de Villeneuve, enregistré entre Los Angeles, Paris et Copenhague, épaulé par Clément Libes à la basse, aux guitares et même au violon. Ça s’entend : il y a une vraie clarté dans ce chaos organisé, chaque vague de son garde sa place.
Alors, est-ce que ça vaut le détour ? Si vous cherchez l’euphorie des stades et les mélodies qui restent en tête, honnêtement, passez votre chemin ou revenez à Hurry Up, We’re Dreaming. Mais si vous aimez les disques qui s’écoutent les yeux fermés, un casque sur les oreilles, en se laissant porter, celui-là a quelque chose de franchement réparateur. C’est de la musique d’état d’âme, écrite à partir des années compliquées que Gonzalez venait de traverser, et ça se sent.
Les critiques sont partagées, certains trouvant que ces compositions manquent du souffle dramatique de ses meilleurs moments. Possible. N’empêche, il y a une sincérité dans ce repli sur soi qui touche. M83 avait grossi jusqu’à devenir une machine à émotions XXL. Le revoilà qui chuchote. Et parfois, ça fait du bien.
Crédit photo : M83 / Other Suns





