Vingt ans déjà. Le Labyrinthe de Pan revient dans les salles françaises le 13 novembre, dans une version restaurée en 4K supervisée par Guillermo del Toro lui-même, avec en prime une conversion 3D tirée des bobines 35 mm d'origine. La copie a été montrée à Cannes Classics au printemps, et c'est maintenant notre tour.

Pour celles et ceux qui ont raté le film en 2006, un rapide rappel. On est en Espagne, en 1944, juste après la guerre civile. Ofelia, une petite fille, débarque avec sa mère enceinte dans la caserne isolée de son beau-père, un capitaine franquiste d'une cruauté glaçante joué par Sergi López. Pour fuir cette réalité, la gamine s'invente, ou pas, un royaume souterrain gardé par un faune inquiétant qui lui confie trois épreuves.

Et c'est là que del Toro fait le grand écart qui a fait sa réputation. D'un côté la violence sèche et bien réelle de la répression, de l'autre un conte peuplé de créatures cauchemardesques, dont ce fameux Homme pâle aux yeux posés dans les paumes. Les deux mondes ne s'opposent pas, ils se répondent. Le vrai monstre n'est jamais celui qu'on croit.

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Le film avait raflé trois Oscars à l'époque, pour la photo, les décors et le maquillage, et on comprend tout de suite pourquoi en revoyant ces images. Chaque plan est pensé, la lumière passe du bleu nocturne à l'or des souterrains, et le travail sur les créatures tient encore la route face à n'importe quelle production actuelle bourrée d'effets numériques. La restauration 4K donne une profondeur nouvelle aux textures, à la boue, aux costumes, aux insectes. Bref, c'est beau à pleurer.

Un mot quand même pour prévenir. Ce n'est pas un film pour les enfants, malgré sa petite héroïne et son allure de conte. Certaines scènes sont dures, la cruauté y est frontale, et l'interdiction aux moins de douze ans n'est pas là pour décorer. Si vous cherchez de la féérie douce, passez votre chemin.

Pour tous les autres, c'est une occasion rare de revoir un des plus beaux films fantastiques des vingt dernières années comme il mérite de l'être, sur grand écran et dans le noir. La 3D, elle, me laisse plus sceptique, le film se suffisait largement à lui-même. Mais revoir Ofelia descendre dans son labyrinthe, là, tout de suite, ça ne se refuse pas.

Crédit photo : Studiocanal