Culture

Brian Duffield enferme un plongeur dans le ventre d’un cachalot avec Englouti, et le huis clos sous-marin vous tient en apnée jusqu’au dernier tiers

posted by Vincent 16 octobre 2026
Affiche officielle du film Englouti : un plongeur face a la gueule d'un cachalot dans les profondeurs

Un homme plonge seul au large de la Californie pour retrouver les restes de son père disparu. Un cachalot l’avale. Il lui reste une heure d’oxygène pour s’extraire de l’estomac de la bête. Voilà le pitch d’Englouti, sorti mercredi 14 octobre dans les salles françaises, et sur le papier, c’est le genre d’idée tellement absurde qu’on se demande si ça peut vraiment tenir un long-métrage.

Eh bien ça tient, et plutôt bien. Le film adapte le roman de Daniel Kraus, « Whalefall », que l’auteur a lui-même co-écrit pour l’écran. Derrière la caméra, Brian Duffield, un metteur en scène qui aime les concepts qui partent en vrille. Austin Abrams porte quasiment tout le film à lui seul, coincé dans sa combinaison, avec Josh Brolin et Elisabeth Shue qui n’apparaissent qu’en flashbacks, dans les souvenirs d’une relation père-fils cabossée.

Ce qui frappe d’abord, c’est le travail technique. Matérialiser l’intérieur d’un cachalot, personne n’avait vraiment osé le faire, et le résultat est franchement impressionnant. Le son fait énormément : chaque respiration, chaque gargouillis de l’estomac, chaque jauge d’oxygène qui descend vous colle une vraie angoisse. On suffoque un peu avec lui, et c’est tout l’intérêt. Austin Abrams, de son côté, tient la distance : il faut du métier pour rendre crédible un type seul qui parle à son détendeur pendant une heure et demie.

Whalefall, le roman de Daniel Kraus

Le film adapte un roman tout aussi oppressant : pour prolonger l’apnée sur le papier, la version française vient de paraître.

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Alors où est le problème ? Il arrive dans le dernier tiers. Le thriller nerveux, tendu, qui jouait la carte de la survie pure, se transforme peu à peu en drame sentimental sur le deuil et le pardon. Le film devient bavard. Il explique au dialogue ce qu’il suggérait très bien en silence, et la tension se dégonfle au moment où elle devrait exploser. Du coup, on sort un peu frustré, avec l’impression d’un film qui a eu peur de son propre concept.

La critique est d’ailleurs assez partagée là-dessus, et je comprends les deux camps. Reste un objet de cinéma singulier, techniquement bluffant, qui vaut le coup pour ses deux premiers actes et pour cette sensation d’enfermement qu’on n’oublie pas de sitôt. Si vous aimez les survivals claustrophobes et que les grands fonds ne vous terrorisent pas trop, foncez. Les autres resteront bien au sec.

Crédit photo : AlloCiné

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