
Quatre ans après Aile-P, Zazie sort ce 2 octobre son douzième album, Volatil. Treize chansons, quarante-sept minutes, et une impression tenace dès la première écoute : on retrouve la Zazie qu’on aimait, celle qui glisse des idées sérieuses sous des mélodies qui restent collées en tête toute la journée.
Le disque s’ouvre sur Peu importe, le premier single, une chanson qui trie ce qui compte et ce qui peut lâcher. C’est un peu le programme de l’album. À soixante ans passés, Zazie ne cherche plus les certitudes, elle préfère rester curieuse, légère, un peu volatile justement. Elle le dit joliment d’ailleurs : elle aime autant sa vie rêvée que sa vie vécue.
Sur le fond, elle n’a rien perdu de sa plume. Zazie.A s’attaque à l’intelligence artificielle et au faux qui s’installe partout, sans jamais tomber dans le cours de morale. Y’a plus d’saisons parle d’écologie et de violences faites aux femmes dans la même chanson, et ça passe, parce que l’écriture reste maligne plutôt que donneuse de leçons. Et puis il y a La nostalgie, hommage à sa mère, qui serre un peu la gorge sans forcer sur le trait.
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Le moment qu’on retient, c’est La Pompadour, en duo avec Christophe Willem. Une histoire d’amour qu’on a ratée, deux voix qui se répondent très bien, et une des plus jolies réussites du disque. Quand on connaît les deux timbres, on se demande même pourquoi ils ne l’avaient pas fait plus tôt.
Musicalement, Volatil tire vers une electro-pop lumineuse, soignée, jamais tape-à-l’oeil. Les arrangements laissent de la place à sa voix, qui reste cet instrument un peu à part, capable de passer du murmure au cri en une mesure. Rien de révolutionnaire pour qui suit Zazie depuis Made in Love ou Totem, mais une vraie constance dans la qualité, et c’est déjà beaucoup. Quelques titres restent un cran en dessous, Nature ou Tête en l’air s’écoutent sans marquer autant que le trio de tête. Rien de grave, aucun album de treize morceaux n’échappe à ça.
Au bout du compte, c’est un disque qui respire, intime sans être nombriliste, lucide sans être plombant. Si vous aviez un peu décroché ces dernières années, c’est franchement le bon moment pour remonter dans le train. Et si vous ne l’aviez jamais quittée, vous allez vous sentir chez vous.
Crédit photo : Zazie / 6&7




