Culture

Ycare passe Brel au rock avec Obispo, et le pari tient debout

posted by Vincent 3 octobre 2026
Pochette de l'album Brel d'Ycare, en noir et blanc avec le titre en rouge

Reprendre Brel, c’est le genre d’idée qui sent le piège à plein nez. Tout le monde s’y est frotté, souvent mal, et le répertoire est tellement sacré qu’on attend le dérapage dès le premier couplet. Ycare s’y colle quand même, avec un album sobrement intitulé « Brel », sorti le 2 octobre chez Play Two.

Dix titres, et pas les plus faciles. On y trouve « Ne me quitte pas », « Amsterdam », « La chanson des vieux amants », « Vesoul », « Mathilde », « Ces gens-là », « La quête », « Jojo », « L’ivrogne » et « Quand on n’a que l’amour ». Autant dire les cathédrales. Celles qu’on touche d’habitude avec des gants.

Le choix fort, c’est le rock. Les arrangements, signés Ycare et Pascal Obispo, tirent ces chansons vers les guitares électriques plutôt que vers le piano-voix de rigueur. Les deux hommes se connaissent bien, ils avaient déjà chanté ensemble sur le duo « Viens », et ça s’entend. Il y a une vraie direction, pas juste un hommage poli posé sur des cordes.

Est-ce que ça marche ? Pas toujours de la même façon. Sur les morceaux les plus nerveux, la greffe prend, et l’électricité réveille des textes qu’on croyait connaître par cœur. Sur « Ne me quitte pas », par contre, la pudeur de l’original résiste un peu à la grosse caisse, et c’est là qu’on se demande si tout devait vraiment passer à la distorsion. Mais bon, c’est le risque assumé du projet.

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Ce qui sauve l’ensemble, c’est qu’Ycare ne joue pas la carte du copiste. On sent une histoire derrière. Il a découvert Brel enfant, au Sénégal, et il raconte volontiers que ces chansons lui ont donné envie d’apprendre le français, d’écrire, puis de rêver un jour de l’Olympia. Du coup l’album ne sonne pas comme un exercice marketing, mais comme une dette qu’on rembourse.

Et la boucle se referme pour de bon en 2027 : deux Olympia prévus, et une tournée annoncée à une cinquantaine de dates un peu partout en France. Le môme qui écoutait Brel à Dakar va donc chanter Brel sur la scène dont il rêvait.

Alors oui, les puristes grinceront, comme toujours. Mais si vous aimez Brel sans le vénérer au point de refuser qu’on y touche, cet album vaut largement l’écoute. C’est sincère, c’est habité, et par moments c’est franchement beau.

Crédit photo : Play Two

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