
On connaît Guédiguian pour ses quartiers populaires de Marseille, ses docks, sa bande fidèle. Avec Une femme aujourd’hui, en salles ce 21 octobre, le cinéaste quitte tout ça. Direction les bureaux feutrés de la finance, les appartements lumineux, les voyages et les histoires qui ne durent pas.
L’héroïne s’appelle Juliette. Trente ans, un poste en vue, de l’argent, une vie qui file. Et puis un soir, un collègue l’agresse. Tout se fissure. Le film raconte l’après, cette femme qui cherche à recoller les morceaux et finit par donner un autre sens à son existence.
Première surprise, et pas des moindres : Guédiguian ne confie pas le rôle à Ariane Ascaride, sa muse de toujours. Le premier rôle revient à Marilou Aussilloux, visage plus jeune, moins attendu. Ascaride, Darroussin, Meylan sont bien là, mais en retrait. Une façon pour le réalisateur de dire qu’on ne parle plus de sa génération militante des années 70, mais de celles qui n’ont pas connu ces combats-là.
L’idée part d’un carnet manuscrit, trouvé par hasard dans un carton abandonné sur un trottoir par Serge Valletti, coscénariste et vieil ami. Ce point de départ un peu romanesque dit bien l’intention : écouter une parole de femme qu’on n’avait pas prévu d’entendre.
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Le film a été présenté à Venise, et la presse française se montre partagée. Note moyenne autour de 3,1 sur 5, ce qui veut tout dire : ni rejet, ni enthousiasme. Ce qui fait l’unanimité, c’est le jeu. Aussilloux porte le film avec une justesse qui n’appelle pas les effets, et l’émotion semble toujours venir de l’intérieur plutôt que d’être réclamée au spectateur.
Les réserves portent ailleurs. Plusieurs critiques trouvent que l’agression sert surtout de déclic scénaristique, un ressort qui transforme un peu trop vite l’héroïne en femme engagée et généreuse. Le reproche n’est pas idiot. Guédiguian a toujours aimé ses personnages jusqu’à la tendresse, quitte à leur offrir des trajectoires très droites.
Pour qui c’est, alors ? Pour celles et ceux qui aiment ce cinéma humaniste, sincère, parfois appuyé, qui préfère la chaleur à la froideur analytique. Si vous attendez un thriller tendu sur le monde du travail, passez votre chemin. Si vous acceptez un portrait sensible, porté par une comédienne à suivre de près, ça vaut le déplacement.
Crédit photo : Diaphana Distribution / AlloCiné





