
Trois semaines après la première partie parue le 22 septembre, Marc Levy pose aujourd’hui la seconde moitié de son nouveau roman, Les Évadées, chez Robert Laffont. Partie 2, 368 pages, 21,90 euros. Et si vous avez laissé Cécile et Olivia en plein suspens à la fin du premier tome, voilà la suite tant attendue.
L’histoire, pour celles et ceux qui arrivent après, tient en une image. Deux sœurs jumelles séparées dans l’enfance, qui s’ignorent pendant des années et finissent par converger sans le savoir. Cécile est policière à Interpol, basée à Lyon, et remonte la piste de jeunes diplômés en informatique kidnappés puis forcés de bosser pour des réseaux de cybercriminalité en Asie du Sud. Olivia, elle, est chercheuse à Boston et rejoint un réseau de résistance face à un pouvoir qui veut faire taire la science. Deux combats séparés par des milliers de kilomètres, Lyon, Paris, Boston, Singapour, et pourtant la même colère au fond.
Ce qui frappe ici, c’est le virage. Levy a toujours été le roi du feel-good et de l’émotion grand public, celui qu’on dévore dans un train sans voir le temps passer. Sauf que voilà, Les Évadées, c’est autre chose. Un thriller international qui ne cache pas son propos. L’auteur ne fait d’ailleurs aucun mystère de ses références, le roman regarde sans détour du côté du mouvement MAGA américain et de cette tentation de museler les scientifiques. « La grande résistance, c’est avant tout une résistance individuelle », résume-t-il. Pour un romancier qu’on range d’habitude au rayon des best-sellers consensuels, c’est un pari.
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Et franchement, il tient la route. Le contraste entre les deux sœurs fonctionne très bien, l’une dans l’action pure, l’autre dans le combat des idées, et le découpage en diptyque donne au récit une ampleur que Levy s’autorise rarement. La mécanique du page-turner est toujours là, efficace, rythmée, mais elle sert désormais quelque chose de plus engagé.
Un conseil tout bête quand même : lisez les deux parties à la suite. La continuité narrative est telle que démarrer par ce second tome n’aurait aucun sens, et attendre six mois entre les deux vous ferait perdre le fil.
Pour qui, du coup ? Pour les fidèles de Levy prêts à le suivre sur un terrain moins douillet, et pour tous ceux qui aiment les thrillers qui racontent aussi le monde d’aujourd’hui. C’est peut-être le livre où il a le plus à dire.
Crédit photo : Robert Laffont / Versilio





