
Si vous avez entre 35 et 45 ans, il y a de grandes chances que Lou ait traîné dans votre chambre d’ado. La gamine rêveuse accoudée à sa fenêtre, sa mère écrivaine un peu paumée, le chat, les premières amours maladroites. Tout ça est né en 2004 dans le magazine Tchô!, a décroché le prix Jeunesse à Angoulême dès 2005, et a fini par devenir un petit monument de la BD française.
Le 7 octobre, Julien Neel a publié chez Glénat Lou! Sonata tome 3, sous-titré Cartes sur table. Et c’est la fin. Pas une pause, pas un spin-off : la vraie fin, celle qui clôt la trilogie adulte entamée en 2020.
L’histoire ? Lou fête ses 22 ans dans un festival de musique quand son père, absent depuis toujours, débarque sans prévenir avec une demi-sœur qu’elle ne connaissait pas, Jeanne. De quoi faire vaciller l’équilibre fragile d’une jeune femme qui n’est plus tout à fait la petite rêveuse qu’on a connue, mais pas encore l’adulte qui sait où elle va. Au milieu de ce chamboulement, un jeu de cartes divinatoires offert par Paul devient le miroir trouble de ses questions.
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Ce qui frappe, c’est le chemin parcouru. On avait laissé une enfant qui regardait les étoiles, on retrouve une adulte qui encaisse les absences, les familles recomposées et les lendemains incertains. Neel ne triche pas avec le temps qui passe, et son dessin a mûri avec son personnage, plus posé, plus lumineux. L’émotion affleure sans jamais verser dans le pathos, avec cet humour tendre qui a toujours fait la patte de la série.
Petit bémol quand même : 18 euros pour 136 pages, et un univers qui se décline désormais en vinyle (une bande-son signée Krystal Zealot) et même en jeu de 64 cartes, ça sent un peu l’opération marketing autour d’un objet qui se suffisait à lui-même. Mais bon, difficile d’en vouloir à un auteur qui soigne autant sa sortie.
Pour qui c’est ? Pour les fidèles, évidemment, qui méritent une conclusion digne de ce nom. Mais aussi pour quiconque a envie d’une histoire de passage à l’âge adulte, vraie et sans fioritures. On referme le bouquin un peu triste de dire au revoir à Lou. C’est plutôt bon signe.
Crédit photo : Glénat





